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Hannibal le lecteur

Les requins de Trieste / Veit Heinichen

30 Novembre 2008 , Rédigé par Hannibal Publié dans #Polar allemand

Les requins de Trieste est le premier roman de Veit Heinichen, journaliste et auteur allemand s’étant installé à Trieste (nord-est de l’Italie) où il situe les enquêtes du commissaire Laurenti, son personnage récurent.


Résumé

Un yacht s’échoue sur la côte Adriatique. À bord, aucune trace de son richissime propriétaire, Bruno de Kopfersberg. Le commissaire Laurenti est en terrain connu : vingt-deux ans plus tôt, il n’a pas réussi à prouver que l’homme d’affaires s’était débarrassé de sa femme en mer… Cette fois, il veut des réponses. Mais il semblerait que la Mafia soit liée à l’affaire, et que la paisible Trieste soit devenue un enjeu pour le crime organisé…


Mon avis

M’étant rendu compte que je n’avais jamais lu de polar écrit par un auteur allemand je me suis dit en voyant ce roman que je tenais là l’occasion de m’y essayer.

 

Pour ceux qui voudraient lire du polar allemand, il y sûrement mieux pour commencer.

 

Tout d’abord parce que l’action se déroule à Trieste et que, de fait, la plupart des protagonistes sont italiens, et l’atmosphère (canicule, etc.) plus méditerranéenne que rhénane.

 

Ensuite parce que Les requins de Trieste n’est pas selon moi un polar de très haut niveau.

Veit Henichen est journaliste et la quatrième de couverture (dans la version poche) nous prévient par l’intermédiaire d’une citation d’un article du Monde : « Ce livre rythmé, haut en couleur, maîtrisé, fouille les poubelles de la nouvelle Europe mieux qu’une thèse. »

 

Ce n’est pas complètement faux certes, mais de là vient le plus grand souci que j’ai eu avec ce roman.

 

Les journalistes à s’être essayé au polar sont nombreux. Le genre doit bien s’y prêter.

Parmi eux, certains connaissent la réussite (commerciale ou d’estime). Parmi mes dernières lectures je pense à Stieg Larsson, à Olav Hergel ou encore à Gene Kerrigan.

Cependant, tout bon journaliste ne devient pas un bon auteur, de polar qui plus est.

Exposer des faits, décrire un ou plusieurs « milieux », les journalistes savent le faire.

Mais écrire une intrigue qui captive le lecteur et faire vivre des personnages qui le font vibrer et auquel il s’attache leur est peut-être plus compliqué.

C’est ce que j’ai ressenti à la lecture des requins de Trieste. L’intrigue est très lente, guère passionnante et dans l’ensemble je n’ai pas accroché aux personnages, commissaire Laurenti compris, trop lisses, voire banals pour attirer l’attention.

 

Si je n’ai pas trouvé cette lecture inintéressante, puisque effectivement, elle décrit bien les différents trafics (détournements de fonds, prostitution, etc.) permis par le développement et l’élargissement de l’Union Européenne, j’ai parfois trouvé que cela tenait plus de l’exposé (ou de l’article de journal) que du roman policier.

 

Pour reprendre la citation du Monde, je dirais que certes ce livre est « maîtrisé » et « fouille les poubelles de la nouvelle Europe mieux qu’une thèse », mais pour ce qui est du « rythmé » et du « haut en couleur », il faudra selon moi repasser.




Les requins de Trieste (Gib jedem seinen eigenen Tod, 2001) de Veit Heinichen, Seuil(2006). traduit de l’allemand par par Alain Huriot (325 pages).

 

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