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Hannibal le lecteur

La fille de Carnegie / Stéphane Michaka

28 Novembre 2008 , Rédigé par Hannibal Publié dans #Polar français

Stéphane Michaka a déjà beaucoup écrit mais La fille de Carnegie est son premier roman.
En effet, ce jeune auteur écrit essentiellement pour le théâtre et ce roman n’est autre que la novélisation de sa pièce éponyme.

La fille de Carnegie fait partie des trois polars français sélectionnés cet automne pour le Prix SNCF du Polar.


Résumé

Robert Tourneur, lieutenant à la brigade des homicides de Manhattan Nord, cherche tous les prétextes pour ne pas rentrer chez lui. Cette nuit-là, il a une bonne raison de faire des heures supplémentaires : depuis 22h16, la confusion règne au Metropolitan Opera. Un homme est tombé d'une loge en pleine représentation de La flûte enchantée. Sur sa poitrine, trois trous laissés par des balles de 9 mm. Nul ne sait ce qu'il faisait dans cette loge réservée à la riche héritière Sondra Carnegie, l'une des critiques d'opéra les plus en vue du milieu. Sondra semble s'être volatilisée. En revanche, on appréhende un suspect hirsute nommé Lagana. Quand ce dernier arrive devant Tourneur pour être interrogé, le lieutenant le reconnaît aussitôt : c'est un ancien collègue qu'il a mille raisons de détester. Commence alors une longue nuit de garde à vue, qui plonge les deux hommes au cœur d'une trouble histoire de meurtre, de fantasmes, de jalousie et de manipulation.


Mon avis

Sachez pour commencer que La fille de Carnegie a une histoire pour le moins singulière.
Il s’agit tout d’abord d’une pièce de théâtre policière (si si, ça existe) écrite par Stéphane Michaka, jouée par diverses troupes et reconnue par la critique.
C’est François Guérif, directeur de "Rivages/Noir", qui repère le potentiel de cette histoire et demande à l’auteur d’en faire roman.

Il ne doit pas être évident de faire d’une pièce de théâtre d’une heure et demie et comportant en tout et pour tout trois personnages un roman dense de plus de cinq cent pages.
C’est pourtant ce que Michaka a réussi à faire avec la collaboration de Guérif.

Il y a dans ce roman, outre une grande qualité d’écriture, parfois poétique, une forte densité, qui oppresse le lecteur pour son plus grand bonheur.
Malgré sa longueur (presque 600 pages) et certaines scènes descriptives, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde, et me suis laissé totalement happer par l’intrigue.
Si le roman est dense, la pièce de théâtre, qui est sûrement sa version concentrée, doit être d’une intensité extrême.

La psychologie des personnages est très développée, et le « duel » que se livrent Tourneur (le flic accusateur) et Lagana (l’accusé, ex-flic et ex-collègue du premier cité) durant ce long interrogatoire est vraiment de haut niveau.

Belle découverte que La fille de Carnegie. A la lecture de ce roman, il me vient deux envies : voir un jour la pièce de théâtre et lire un nouveau roman de Stéphane Michaka.


La fille de Carnegie, Stéphane Michaka, Rivages/Noir (2008), 576 pages.

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