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Hannibal le lecteur

Le vol des 714 porcineys / Bob Garcia

29 Juillet 2009 , Rédigé par Hannibal Publié dans #Polar français

Le vol des 714 porcineys de Bob Garcia est la seconde aventure de Saint-Tin et son ami Lou, parue au Léopard démasqué.


Résumé

Jean-Luc Mélouche, dirigeant du Sidney Store des Champs-Elysées a deux problèmes. On vient de lui voler l’intégralité de son stock de porcineys, célèbres peluches pour enfants, et l’enquête est confiée au commissaire Truchot, policier pour le moins spécial. Mélouche décide donc de confier au reporter Saint-Tin la mission de retrouver les 714 porcineys, en parallèle à l’enquête officielle. Pour y parvenir, Saint-Tin, accompagné de son ami Lou – un perroquet – et du capitaine Aiglefin, vont devoir donner de leur personne.


Mon avis

« Un gros dossier. Classé secret défense. Même nous on n’a pas su de quoi il retournait. Il a filé trois types pendant des semaines jusqu’en Indonésie. Les deux premiers ont disparu. Et Truchot a perdu les pédales après la rencontre du troisième type. Il a parlé à mots couverts de soucoupes volantes, d’extraterrestres… »

Après Le crado pince fort, premier opus de la collection signé par Gordon Zola, c’est Bob Garcia qui poursuit Les aventures de Saint-Tin et son ami Lou avec ce titre déjanté.
Parodie loufoque des aventures du plus célèbre journaliste du Petit Reporter, Le vol des 714 porcineys est un concentré d’humour, de jeux de mots, de références à tout va…
Les clins d’œil sont nombreux, au cinéma comme à la littérature, comme cette mention de Tubercule Poirot, grosse légume de la police belge.

« Mélouche exigea la vidéo ad hoc sous le regard admiratif du capitaine Aiglefin. »

Si le lecteur appréciera diversement les jeux de mots, parfois bien capilotractés, Bob Garcia n’est pas tombé dans l’écueil de ce genre de romans. Il n’a pas sacrifié l’intrigue à cette recherche de l’humour et au travail efficace sur les figures de style et nous propose aussi une vraie enquête, agréable à suivre et qui connaît quelques rebondissements bien trouvés. Allez, ci-dessous, un petit passage contenant ma figure de style préférée, à savoir le zeugma.

« Saint-Tin parvint tant bien que mal à la petite boutique rue Lepic, le perroquet sur l’épaule et le capitaine sur les rotules. Les bourrasques alpines cédèrent alors la place aux effluves de poussière et de vieux papiers. Rien qu’a l’odeur on aurait pu visualiser le lieu : ça sentait l’archaïque, le caduc, l’entassé, le dépassé, mais surtout l’arnaque et le roussi ! »

Fan de Sherlock Holmes (Le Testament de Sherlock Holmes, Duel en enfer), musicien de jazz (Jazz me blues), Bob Garcia sait assurément faire partager ses passions dans ses romans. Sa tintinophilie lui permet de nous offrir avec Le vol des 714 porcineys un roman drôle et divertissant.


A savoir : Les ayants droits d’Hergé ont intenté un procès à l’éditeur de cette série et Le léopard démasqué, qui doit maintenant 40 000 e (sans parler des frais de justice) va vraisemblablement devoir mettre la clé sous la porte (voir cet article par exemple).
Vraiment aucun humour chez Moulinsart. La parodie étant une exception du droit d’auteur (c'est du moins ce que j'ai appris dans mes quelques cours de droit et ce que stipule l'article L. 122-5 4° du Code de la Propriété Intellectuelle) je ne vois pas pourquoi le juge a donné raison à ces personnes (ils avaient sûrement les moyens de s’offrir de meilleurs avocats), mais bon, je n’en dirais pas beaucoup plus (je ne tiens pas à me faire coller un procès). Personnellement, je boycotte donc désormais Tintin et continuerai à lire ces parodies, par solidarité bien sûr, mais surtout par plaisir.



Le vol des 714 porcineys de Bob Garcia, Le léopard démasqué (2009), 155 pages.

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Claude Le Nocher 30/07/2009 18:40

J'ai rebondi uniquement sur la partie "judiciaire" de ton article, je m'abstiens toujours (tu le sais bien) de m'exprimer sur les qualités (ou défauts) de livres non lus. Ces romans ne m'ont tout simplement pas attiré, avant ou hors de la polémique.
Quant au pseudo supposé humoristique, on ne va pas en faire un fromage (ah ah ah). J'ai juste exprimé l'idée que cet auteur inconnu s'est caché derrière un pseudo, sans l'excuse de vouloir faire de la vraie provoc', sans rien dénoncer de l'emprise des ayant-droits d'Hergé, en jouant un peu au martyr (le petit contre les gros)sans être réellement convaincant, sans autre but qu'une opération marketing avec le soutien de médias amis (une large place lui a été faite dans magazines et journaux). S'il avait été question d'un vrai "combat" (comme le fut celui de Jean-Jacques Reboux contre l'Opus Dei, pour Camino 999) j'aurais peut-être été de ceux qui soutenaient sa cause. C'est pourquoi il n'est pas infondé de suspecter cet auteur anononyme d'un manque de sincérité dans son initiative.

Hannibal 31/07/2009 10:54


Effectivement, si tu n'as pas lu les romans, je ne te demanderai pas de m'en parler quoique certains pensent qu'on puisse le faire sans problème (suivez mon regard). Je voulais juste savoir si c'était le cas.
Sympa ton jeu de mots : il n'est pas rapé.
D'accord avec toi pour l'affaire Opus Dei vs Après la lune. J'avais parlé du livre ici, mais
pas de l'affaire il est vrai.
Et concernant Léopard vs Moulinsart, manifestement on apprécie diversement cette situation mais ça ne fait rien. Personnellement je ne pense pas que les auteurs de cette collection manquent de
sincérité (Bob Garcia par exemple est un vrai tintinophile qui a déjà une demi douzaine de livres concernant Tintin à son actif).
A bientôt


Claude Le Nocher 30/07/2009 11:44

Ma réaction ne consistait pas à défendre les ayant-droits d'Hergé (ils sont assez armés pour ça, et bénéficient effectivement de créations qui ne sont pas les leurs), mais à rappeler que la propriété intellectuelle existe.
Je ne sais si l'éditeur en question a "parodié" d'autres personnages célèbres (jamais entendu parler de cet éditeur avant ça). Mais je ne crois pas qu'il faille rependre l'argument de Gordon Zola : "le petit contre les gros". Ce monsieur, sous pseudonyme (quel courage!), n'assume pas l'échec de ce qui n'est -au fond- qu'une opération marketing de plus. Pas beaucoup de sincérité dans son initiative, même pas de vraie provoc'. Quant à Bob Garcia, je suis réservé au sujet de son comportement (pour raisons personnelles).
Pour compléter, il faut rappeler que les ayants-droits de Jacques Brel n'autorisent aucune exploitation de son oeuvre à des fins commerciales, hormis ce que contrôle la fondation Brel. Qu'une université américaine (Columbia, je crois) n'autorise aucune exploitation de l'oeuvre du regretté Cornell Woolrich (William Irish) sans son autorisation. Que Mme Yoko Ono n'autorise aucune utilisation de l'image du défunt John Lennon, sans son accord. Idem pour Simenon, Chaplin, et ainsi de suite... Puisque la majorité de la population veut un monde dominé par l'argent, voilà le résultat !

Hannibal 30/07/2009 14:31


J'avais bien compris, si ça peut te rassurer.

Et effectivement, comme leur nom l'indique, les ayant droit ont les droits et le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils en profitent bien. Comme tu dis, c'est un peu le système qui veut ça.
Sur ça je suis entièrement d'accord. Et c'est vrai que la propriété (intellectuelle ou pas) existe jusqu'à preuve du contraire. Il fut un temps ou certains osaient dire qu'elle était du vol, mais
je ne m'étendrai pas sur les questions d'idéologie et de politique ici.

Quant au pseudo, ça ne t'aura pas échappé, c'est un pseudo humoristique qu'il utilise pour signer ses livres humoristiques. Il ne cache pas sa vraie identité, la preuve, en deux clics et à peines
dix secondes, il n'est pas difficile de savoir qu'il s'appelle Eric Mogis. Sans vouloir t'offenser cet argument me paraît assez bas et totalement infondé.

Et tu n'as pas répondu à ma question, quid des livres ? Parce qu'à la base c'est de ça que parlais cet article.


Jean-Marc Laherrère 30/07/2009 10:38

Pour ma part, et hors toute considération juridique (je ne connais rien au droit), je trouve que que les véritables parasites sont tous ces héritiers qui n'ont jamais rien fait, jamais rien inventé, et étant juste les descendants d'un "génie" sous prétexte de défendre l'image, la pensée, ou tout autre considération hypocrite et fumeuse, défendent en fait, d'une façon bien mesquine, un pognon qu'ils ont gagné sans jamais rien faire.
Abolissons l'héritage ! Et que les créateurs de tous poils pastichent qui ils veulent !!

Hannibal 30/07/2009 11:07


Voila exactement ce que je pense mais que je n'ai pas osé écrire.
Merci de l'avoir dit à ma place Jean-Marc, ça soulage.
Les ayants-droit n'ont (souvent, ne faisons pas de généralités) aucun mérite et je ne comprends pas qu'ils puissent avoir tous les droits sur une oeuvre qu'ils n'ont en rien contribué à créer et
qui souvent ne représente pour eux rien de plus qu'une vache à lait. Ca me dépasse.
Et vive le pastiche, 51 ou pas.


TRAVIS 30/07/2009 09:09

Ahahah, humour et pognon ça fait pas bon ménage. Je jetterais un oeil à ce détournement. De toute façon Tintin c'est un peu chiant.

Hannibal 30/07/2009 10:56


C'est sûr.
Jette toujours un oeil sur un de ces titres. Tu verra si ça te convient.


Claude LE NOCHER 30/07/2009 08:09

Dans cette affaire, il est bon de rappeler la décision de justice : L'éditeur français Arconsil, qui publie les aventures de "Saint-Tin" a été condamné à verser 40.000 euros aux ayants-droit d'Hergé en réparation du préjudice économique pour parasitisme. Le tribunal de grande instance d'Evry, près de Paris, a en revanche débouté la société Moulinsart, et Fanny Rodwell, héritière d'Hergé, des poursuites pour "contrefaçon" contre l'éditeur.
En aucune manière, la Justice ne s'est prononcée sur la qualité de ces livres, ni sur le plagiat éventuel (mais a refusé l'accusation de contrefaçon), ni sur leur volonté parodique. Le parasitisme économique est, en somme, une atteinte à l'image du produit "Tintin". Or, il s'agissait bien pour Gordon Zola de "faire un coup médiatique" en se servant de cette image. Donc, la décision judicaire ne paraît pas si anormale.
Bien sûr, les ayants-droits d'Hergé disposent sans doute d'une défense efficace. Mais, à une époque où tout créateur artistique réclame à juste titre la protection des droits d'auteur (disques, romans, cinéma, etc.), pourquoi utiliserait-on impunément l'icône Tintin ou tout autre personnage "vendeur"? Quelqu'un me faisait remarquer que Gordon Zola n'a pas pris le risque de "parodier" James Bond, la réplique risquant d'être encore plus sévère.
Il ne s'agit donc pas de création artistique, mais d'une affaire commerciale qui a mal tourné pour son initiateur.

Hannibal 30/07/2009 10:55


Merci Claude pour ces précisions

J'étais au courant de la décision (voir l'article que j'ai fait figurer en lien) mais je ne suis pas trop entré dans les détails (ce n'était pas tout à fait le propos de l'article).
Et si "la Justice ne s'est prononcée sur la qualité de ces livres", la défense des plaignants ne s'en sont pas privés : "l'avocate considère que les éditeurs « se sont arrogés le droit de faire
l'adaptation du maître ». Voilà qui est d'autre part « d'une prétention inouïe », qui n'aura finalement abouti qu'à « des ouvrages assez médiocres »." (trouvé dans cet article)

Cette maison d'édition a déjà beaucoup parodié (c'est une de leurs spécialités) et je ne crois pas qu'ils aient eu de problèmes avec J.K. Rowling, Dan Brown et les autres comme quoi ils auraient
"parasité" Harry Potter, le Da Vinci Code et j'en passe.

Tintin ne se vendrait-il plus assez au point qu'il faille aller chercher l'argent ailleurs ? Il semblerait que non, puisque cet article nous dit que le business est toujours bien juteux (Musée Tintin,
adaptation de Spielberg...) On peut cependant se poser la question puisque Moulinsart n'en est pas à son coup d'essai en matière de procès, loin de là (affaire Neret-Minet, et qui sait bientôt avec
Casterman avec qui ça n'a plus l'air d'aller). Et vu qu'ils ne s'attaque qu'à des petits, ils gagnent. Je trouve ça triste d'en arriver là.

Et sinon les livres, tu les as lu ? Ca ne te tente pas ?
J'ai Le crado pince fort et L'oreille qui sait en attente, que je lirais bientôt.

A bientôt