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Hannibal le lecteur

Je mourrai pas gibier / Guillaume Guéraud

28 Décembre 2008 , Rédigé par Hannibal Publié dans #Polar jeunesse

Je mourrai pas gibier est un roman noir "pour la jeunesse" signé Guillaume Guéraud.


Résumé

Mortagne n'est pas un patelin tranquille. Ceux qui travaillent le bois ne peuvent pas encadrer les vignerons et inversement. La haine fouette les murs. Les coups tordus pleuvent sans prévenir. Martial préfère apprendre la mécanique le plus loin possible. Pour fuir la scierie. Éviter les incidents. Et échapper à la phrase que répètent aussi bien les scieurs que les gars de la vigne " Je suis né chasseur ! je mourrai pas gibier ! " Parce que la chasse, ici, tout le monde pratique. Sauf Terence. Il a la tronche en, biais. Il ne sait ni travailler ni chasser. C'est pour ça que Martial l'aime bien. Et qu'il ne supporte pas qu'on se défoule sur lui.


Mon avis

Guillaume Guéraud, fidèle des Editions du Rouergue, est un auteur que j’ai beaucoup lu étant plus jeune et dont j’aime beaucoup le travail. Il me reste d’excellents souvenirs de Coup de sabre, Cité Nique-le-Ciel ou encore Les chiens écrasés.
Je crois que même pour ceux qui ne connaîtraient pas cet auteur les titres se passent presque de commentaire : Guéraud c'est généralement du noir et du "social".

Rouergue (puisque c’est comme çà qu’il faut désormais appeler ce très bon éditeur) a demandé à Guillaume Guéraud de signer le premier titre d’une nouvelle collection : « doAdo Noir » (il signait auparavant dans la collection "doAdo", ce qui ne l'empêchait pas d'écrire des textes sombres).
C’est ce qu’il a fait avec Je mourrai pas gibier, publié en 2006.

Ce roman « pour la jeunesse » m’a procuré une belle claque, et je pense que s’il sciera les ados, il fera également beaucoup d’effet aux adultes, et même aux habitués du polar.

Le style Guéraud, déjà remarquable dans certains romans cités ci-dessus atteint ici un degré d’efficacité rarement atteint dans le roman jeunesse selon moi. Jugez plutôt.

« J’ai aligné les cartouches à mes pieds. Dix-huit cartouches. Deux par deux. […]
Le soleil étincelait sur la tête en cuivre des cartouches.
J’ai voulu vérifier quelque chose. Je me suis collé le canon du fusil dans le visage en glissant un doigt dans la gâchette pour voir si je pouvais me tirer dessus tout seul. Je pouvais.
Alors j’ai repris l’arme normalement.
J’ai enclenché deux cartouches.
J’ai refermé le fût.
Et j’ai ouvert la fenêtre. »


Guéraud a osé aborder dans Je mourrai pas gibier le difficile sujet de ces jeunes tueurs dits « fous ».
Avec ce roman, pure fiction, on en arrive à comprendre le geste irraisonné de ce jeune homme, apparemment sain d’esprit par ailleurs, geste déclenché par une accumulation d’évènements particuliers.
Le roman, très bien construit, s’ouvre d’ailleurs sur la « fin » de l’histoire, avant de nous en expliquer les causes dans un très long flash-back.

Avec Je mourrai pas gibier, Guillaume Guéraud nous offre un magnifique roman noir, que je ne peux que vous conseiller vivement.

A noter : la sortie imminente (7 janvier) d'une bande dessinée adaptée de ce roman chez Delcourt, revisité par Alfred.



Je mourrai pas gibier, Guillaume Guéraud, Editions du Rouergue (2006), 75 pages.

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