M comme menace / David Peace
Pour l'acquisition de deux Rivages/noir, les éditions Payot-Rivages offrent actuellement ce livre, qui ne peut être acheté autrement (édition hors-commerce). Pour peu que votre libraire participe à l'opération, vous pourrez alors profiter de deux nouvelles inédites de David Peace – l'auteur de la fameuse tétralogie du Yorkshire, « Red Riding Quartet ». Elles s'intitulent M comme Menace et L'année du cochon.
La première nouvelle, M comme
menace – ou plus sobrement M en version originale anglaise – met en scène, en une vingtaine de pages une histoire de disparitions d'enfants au Japon, à la fin des années
1980.
Cette nouvelle est assez déroutante dans la forme. Elle est très hachée, en petits paragraphes, donnant à voir tantôt le point de vue du criminel tantôt celui de l'inspecteur. Les personnages
sont apparemment des souris – je ne suis pas sûr d'avoir tout compris à ce niveau là, bizarre le délire, mais bon, pourquoi pas – sans que cela ne change vraiment la nature de leurs agissements,
par rapport à ce que sont capables de faire des humains j'entends. Et puis de nombreux paragraphes s'achèvent sur une équation du type M=x, x pouvant être tour à tour Mystère,
Monstre, Meurtre, Mémoire...
A cela s'ajoute un rythme parfois très saccadé, l'auteur n'hésitant pas à faire se succéder des phrases de deux-trois mots, voire parfois d'un seul, ce qui ne rend pas très facile la lecture.
La seconde nouvelle, L'année du cochon m'a paru plus abordable, et de ce fait sûrement, plus plaisante, enfin façon de parler, puisque plaisant n'est sans doute pas le
qualificatif le plus approprié. Elle s'inspire de l'histoire vraie de Kiyoshi Okubo, un Japonais condamné pour viol, et qui dès sa
sortie de prison – on est en 1971 – a fait régner la panique dans la préfecture de Gunma pendant deux mois, assassinant huit jeunes femmes et violant cinquante-huit autre.
L'histoire est raconté par un homme, dont la soeur a disparu. Il est certain qu'elle a été enlevée et mène l'enquête, dans l'espoir de la retrouver encore en vie.
Le personnage principal de la nouvelle a également existé.
A ces deux nouvelles vient s'ajouter un « catalogue raisonné » de la collection Rivages/noir. Après celui thématique consacré aux « Familles », qui se trouvait dans un autre
Rivages/noir offert, paru l'an dernier à la même époque, voici que François Guérif nous propose un classement topographique. Celui-ci s'effectue aussi bien par pays, région ou continent que par
type d'endroit (le milieu carcéral, la campagne, la route...).
Comme le précédent, qui figurait dans Mes dix règles d'écriture d'Elmore Leonard (il va falloir que je vous en parle ici aussi un de ces quatre) ce « catalogue raisonné » est très intéressant, mais surtout très frustrant. Personnellement, il me fait voir tout les bons romans noirs que je n'ai pas lus, et que je n'aurai vraisemblablement jamais le temps de lire (snif...).
Le catalogue est en ligne sur cette page du site de l'éditeur. Chaque page d'explication a en vis-à-vis une oeuvre d'art (photo, collage, dessin) ma foi très appropriée et humoristique, comme celle-ci - que je trouve très sympa - qui illustre la page consacrée au Royaume-Uni.
Ah, et certains d'entre vous se sont peut-être demandés quels romans j'avais achetés pour avoir droit à ce cadeau. Pas de cachotteries entre nous. Le choix fut cornélien mais j'ai finalement opté
pour Roseanna – il est grand temps que je découvre Sjöwall et Wahlöö, ces précurseurs du polar nordique (que j'aime tant), et leur fameux inspecteur Martin Beck
– l'autre roman étant Le quartier de la fabrique de Gianni Pirozzi, dont je n'ai lu que du bien. Comme pour tout les autres livres, reste "juste" à trouver le temps de
les lire...
M comme Menace (M, 2001) suivi de L'Année du cochon (The Year of the Pig, 2003) de David Peace, Rivages/noir (2010). Traduit de l'anglais par Jean-Paul Gratias, 62 pages + Catalogue raisonné.