L’apocalypse selon Marie / Patrick Graham
L’apocalypse selon Marie est le second roman de l’auteur français Patrick Graham.
On y retrouve la profileuse Marie Parks, que le lecteur avait pu découvrir dans L’Evangile selon Satan, lequel a remporté plusieurs prix (Prix des Limbes Pourpres 2007, Prix des
maisons de la presse 2007).
Résumé
Dans sa carrière de profileuse au FBI, Marie Parks a vu beaucoup de tueurs en série, mais rarement d'aussi cruels et méthodiques que Caleb le Voyageur. Comme si, venu du fond des âges, il avait
été envoyé en mission par Satan lui-même... Ou du moins par ses adorateurs, rassemblés dans une organisation qui semble prête à tout pour retrouver un livre perdu depuis des siècles. Un livre
maudit dont le contenu pourrait renverser l'Église catholique et inaugurer un âge de ténèbres. Aidée d'un exorciste du Vatican et armée de ses propres dons de médium, Marie Parks est alors la
seule à pouvoir contrecarrer les noirs desseins des serviteurs du Très-Bas. D'elle dépend désormais l'issue de cette bataille décisive entre le Bien et le Mal...
Mon avis
Certains journalistes ont eu tôt fait de comparer Jean-Christophe Grangé à Stephen King.
Pour moi, avant d’écrire ça, ils n’avaient pas lu Grangé, pas lu King, voire peut-être même ni l’un ni l’autre.
Après la lecture de L’apocalypse selon Marie, je pense que s’il fallait vraiment à ces mêmes journalistes trouver un « King français », il est tout trouvé en la personne de
Patrick Graham.
Si la comparaison de King avec Grangé me paraît non-pertinente, ce n’est bien sûr pas tant au niveau de la qualité de leurs romans que des différences de style notables
entre ces deux auteurs.
L’œuvre de Patrick Graham, c’est-à-dire L’Evangile selon Satan et plus encore L’apocalypse selon Marie, a selon moi beaucoup plus de points communs avec
celle de Stephen King que celle de n’importe quel autre auteur français de ma connaissance, avec tout ce que cela induit, de bon comme de moins bon.
Ici, comme souvent chez King (je suis très loin d’avoir tout lu de lui), on est certes dans du thriller, ne serait-ce que parce que l’on frissonne souvent (je rappelle aux
non-anglophones que to thrill signifie frissonner ou frémir, d’où le nom donné à ce genre littéraire), mais on est surtout dans le fantastique.
En effet, excepté le tout début, il n’y a pas grand chose de très vraisemblable dans ce roman.
Catastrophe planétaire aux allures de fin du monde, mutants, super-pouvoirs en tous genre (télépathie, voyance, changements de corps, pyrurgie, etc.) : on est bien loin ici du policier
traditionnel.
Comme parfois chez King (et là je pense notamment à Dreamcatcher qui m’avait semblé interminable), il y a ici quelques longueurs, certains passages (surtout ceux
concernant le pouvoir de Gaïa) ne m’ayant pas vraiment enthousiasmé.
Il n’empêche que dans l’ensemble le suspense est là, et bien présent.
Et s’il m’a fallu, n’étant pas un grand adepte des thrillers fantastiques, une centaine de pages pour me mettre dans le bain, j’ai ensuite été happé par les centaines de pages restantes, ne
pouvant que très difficilement lâcher le roman tant il me fallait savoir ce qui allait arriver à Marie et aux autres personnages, la petite Holly en particulier.
Le final est enlevé et certaines scènes, que je m’imagine sans mal adaptées sur grand écran tant elles sont imagées, sont très réussies (je pense à celle du supermarché par exemple et plus
précisément encore au passage concernant le rayon boucherie, avec ces charcutailles en fusion).
Si L’apocalypse selon Marie se voulait un roman hommage à Stephen King – Patrick Graham ne cache pas son admiration pour cet auteur hors normes – c’est
réussi.
Je conseille aux lecteurs allergiques au fantastique de passer leur chemin. Pour les autres, cette lecture est synonyme de plusieurs heures de frisson et de suspense.
L’apocalypse selon Marie, Patrick Graham, Editions Anne Carrière (2008), 560 pages.