Versus / Antoine Chainas
Versus est le second roman d’Antoine Chainas - toujours publié par Gallimard dans sa « Série noire » - après Aime-moi, Casanova dont je vous avais déjà parlé ici-même.
Il vient d'être sélectionné dans la catégorie Polar français de la sélection été du Prix SNCF du Polar.
Résumé
Après avoir voulu faire plonger des policiers municipaux impliqués dans le meurtre d’un SDF en pleine période préélectorale, Andreotti, jeune flic idéaliste, a été cassé par sa hiérarchie. Après deux années d’arrêt maladie à moitié forcé, il est intégré à la Brigade des Mineurs, dirigée par le terrible et monstrueux major Nazutti.
Nazutti est un vieux de la vieille, un flic qui a connu les petits commissariats quasi-autonomes perdus en pleines « banlieues ». C’est un homme qui s’est affranchi de toute morale, un être furieux qui marine dans une haine absolue du genre humain. Sa mission : mettre hors d’état de nuire les pervers en tout genre, les pédophiles, les violeurs en série… La loi est le dernier des soucis de Nazutti, pour qui la fin justifie tous les moyens.
À peine le binôme improbable est-il constitué qu’il se retrouve plongé dans une affaire de tueur en série. Des cadavres de pédophiles sont retrouvés avec une balle dans la tête tirée à bout portant ; à proximité, des corps d’enfants dans des sacs en plastique ; des poèmes sont placés sur le corps des victimes… Mais le plus troublant est que ces poèmes sont étrangement proches de ceux qu’un assassin d’enfants (enfermé en prison vingt ans plus tôt suite à une enquête pour le moins musclée de Nazutti) envoie à la mère d’une de ses victimes. Très vite, l’enquête va plonger Andreotti dans le passé pour le moins violent et obscène de Nazutti.
Mon avis
Versus est un roman d’une rare noirceur qui a indéniablement marqué cette année littéraire. On peut aisément s’en apercevoir au seul nombre de pages web qui lui sont consacrées, bien souvent pour en faire l’éloge d’ailleurs.
Comme dans son premier roman, la réussite principale de l’auteur réside dans son talent à nous faire vivre son histoire par d’excellentes descriptions, particulièrement adéquates.
Les personnages sont très travaillés. Nazutti, bien sûr, mais pas seulement ; les personnages secondaires jouent chacun vraiment leur rôle et ne sont pas là pour faire de la figuration.
Il demeure malgré tout un domaine dans lequel je n’ai pas encore été totalement convaincu par Antoine Chainas : c’est au niveau de l’intrigue policière en elle-même. Bien qu’elle soit ici bien plus complexe que dans Aime-moi, Casanova, et même bien trouvée, j’ai l’impression que l’auteur ne l’exploite pas au maximum.
Un sentiment mitigé sur l’intrigue, comme si j’avais senti que l’auteur pouvait faire mieux à ce niveau-là que ce qu’il proposait.
Ce n’est pas le suspense de l’intrigue qui me donne envie de tourner les pages, mais plutôt l’envie de savoir comment vont évoluer les différents protagonistes, ce qui n’est pas en soi négatif, mais que je tenais quand-même à signaler.
Une mention pour la couverture, qui comme souvent chez la « Série noire » est très réussie.
Au final, Versus est un roman noir d’une qualité indéniable, qui devrait ravir les amateurs du genre. Nombreux sont déjà les lecteurs à attendre le prochain Chainas avec impatience.
Il vient d'être sélectionné dans la catégorie Polar français de la sélection été du Prix SNCF du Polar.
RésuméAprès avoir voulu faire plonger des policiers municipaux impliqués dans le meurtre d’un SDF en pleine période préélectorale, Andreotti, jeune flic idéaliste, a été cassé par sa hiérarchie. Après deux années d’arrêt maladie à moitié forcé, il est intégré à la Brigade des Mineurs, dirigée par le terrible et monstrueux major Nazutti.
Nazutti est un vieux de la vieille, un flic qui a connu les petits commissariats quasi-autonomes perdus en pleines « banlieues ». C’est un homme qui s’est affranchi de toute morale, un être furieux qui marine dans une haine absolue du genre humain. Sa mission : mettre hors d’état de nuire les pervers en tout genre, les pédophiles, les violeurs en série… La loi est le dernier des soucis de Nazutti, pour qui la fin justifie tous les moyens.
À peine le binôme improbable est-il constitué qu’il se retrouve plongé dans une affaire de tueur en série. Des cadavres de pédophiles sont retrouvés avec une balle dans la tête tirée à bout portant ; à proximité, des corps d’enfants dans des sacs en plastique ; des poèmes sont placés sur le corps des victimes… Mais le plus troublant est que ces poèmes sont étrangement proches de ceux qu’un assassin d’enfants (enfermé en prison vingt ans plus tôt suite à une enquête pour le moins musclée de Nazutti) envoie à la mère d’une de ses victimes. Très vite, l’enquête va plonger Andreotti dans le passé pour le moins violent et obscène de Nazutti.
Mon avis
Versus est un roman d’une rare noirceur qui a indéniablement marqué cette année littéraire. On peut aisément s’en apercevoir au seul nombre de pages web qui lui sont consacrées, bien souvent pour en faire l’éloge d’ailleurs.
Comme dans son premier roman, la réussite principale de l’auteur réside dans son talent à nous faire vivre son histoire par d’excellentes descriptions, particulièrement adéquates.
Les personnages sont très travaillés. Nazutti, bien sûr, mais pas seulement ; les personnages secondaires jouent chacun vraiment leur rôle et ne sont pas là pour faire de la figuration.
Il demeure malgré tout un domaine dans lequel je n’ai pas encore été totalement convaincu par Antoine Chainas : c’est au niveau de l’intrigue policière en elle-même. Bien qu’elle soit ici bien plus complexe que dans Aime-moi, Casanova, et même bien trouvée, j’ai l’impression que l’auteur ne l’exploite pas au maximum.
Un sentiment mitigé sur l’intrigue, comme si j’avais senti que l’auteur pouvait faire mieux à ce niveau-là que ce qu’il proposait.
Ce n’est pas le suspense de l’intrigue qui me donne envie de tourner les pages, mais plutôt l’envie de savoir comment vont évoluer les différents protagonistes, ce qui n’est pas en soi négatif, mais que je tenais quand-même à signaler.
Une mention pour la couverture, qui comme souvent chez la « Série noire » est très réussie.
Au final, Versus est un roman noir d’une qualité indéniable, qui devrait ravir les amateurs du genre. Nombreux sont déjà les lecteurs à attendre le prochain Chainas avec impatience.
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