RésuméLe personnage principal de ce roman, dont on ne connaît jamais l’identité, décide un jour de tuer son père « comme on respire ». Ceci fait, il appelle la police et attend calmement qu’on vienne l’arrêter.
Il entreprend alors de raconter son histoire à sa psychiatre. Comme elle, le lecteur essaie alors de comprendre ce qui a pu pousser cet homme au parricide.
Mon avis
Ce premier roman m’a permis d’inaugurer la littérature noire d’un nouveau pays : le Brésil.
Il faut sans doute tout d’abord insister sur la forme vraiment particulière de ce roman. Il s’agit pour ainsi dire d’un monologue, puisque le lecteur ne connaît du meurtrier que ce qu’il veut bien confier à sa psychiatre. Les quelques autres personnages évoqués le sont uniquement par le narrateur et non identifiés autrement que par rapport à lui : sa femme, son père, sa mère. Seule exception à ce cadre : le roman inachevé qu’il a écrit avant de passer à l’acte et qu’il fait lire à sa thérapeute – et donc à nous. Celui-ci – qui scinde le livre en deux - met en scène d’autres personnages tout en faisant écho à la situation du narrateur.
« J’ai tué mon père comme on tue un insecte. Non, l’image n’est pas exacte, car, la plupart du temps, il y a irritation, sinon peur dans une action aussi banale. Excusez-moi, je divague. Il serait plus juste de dire que j’ai tué mon père comme on respire. D’une respiration régulière qui n’exige pas un grand effort pour attirer l’air jusqu’aux poumons. »
J’ai rarement vu un premier chapitre aussi incisif. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’on entre tout de suite dans le vif du sujet, dans le feu de l’action. Aussi, si l’aventure vous tente plus où moins, lisez d’abord le début du roman pour faire votre choix. Vous pouvez le faire sur cette page du site de l'éditeur, Métailié pour ne pas le nommer.
J'admets par contre que dire que la suite se poursuit sur ce rythme serait mentir.
Le jour où j’ai tué mon père se résume surtout à une introspection de ce parricide, qui aborde religion, psychologie, philosophie : on est loin donc de l’action à tout va.
Le tout est cependant extrêmement bien vu de la part de l’auteur. En effet le narrateur – et Sabino derrière lui – se joue du lecteur, tantôt dit la vérité, tantôt ment. Et bien qu’on soit loin du thriller, un certain suspense est présent puisque les rebondissements existent et que petit à petit le mobile de ce parricide se fait et se défait jusqu’à la révélation finale.
Le Brésilien Mario Sabino signe avec Le jour où j’ai tué mon père un premier roman extrêmement original et abouti.
Le jour où j’ai tué mon père, (O dia em que matei meu pai, 2004) de Mario Sabino, Métailié / Noir (2009). Traduit du portugais (Brésil) par Béatrice de Chavagnac (160 pages).

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