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Polar africain

Mercredi 21 janvier 2009
Le Fou du Roi est un recueil de nouvelles policières de l'écrivain et mathématicien tunisien Jamel Ghanouchi.


Résumé

Ces douze nouvelles policières s'articulent autour d'une narration " quasi mathématique " caractéristique du personnage central du livre qui s'investit en tant que joueur d'échecs dans une trame unique révélant que ce recueil de nouvelles est construit, en fait, comme un véritable roman autobiographique. L'atmosphère créée autour du narrateur est par ailleurs vraiment étrange, les personnages et les intrigues sont presque tous décalés… Faut-il s'en étonner ? On sait qu'ici l'énigme policière, l'écriture et l'analyse psychologique sont des prétextes au jeu.


Mon avis

Il est toujours difficile de chroniquer un recueil de nouvelles, d'autant plus quant celles-ci ne sont pas toutes de qualité égale.

Celles-ci sont dans l'ensemble agréables à lire mais n'ont de manière générale pas grand chose d'exceptionnel, ceci mis à part qu'elles se situent dans le monde des échecs, bien rendu par l'auteur, que je soupçonne d'être un passionné de ce jeu.

Seules quatre d'entre elles (un tiers, c'est déjà pas mal) sortent du lot selon moi, de par le dénouement de leur intrigue essentiellement.
Il s'agit du Fou du Roi, qui ouvre le recueil et lui donne son titre, d'Un tueur dans la ville, peut-être moins originale mais non moins efficace, de Le faux et le vrai, que j'ai beaucoup aimé et enfin de Les fous des échecs, qui clot le recueil et n'est pas mal non plus.
Autre souci lié à la forme de la nouvelle, je ne peux pas risquer de vous en dire plus sur pourquoi j'ai aimé (ou non) telle ou telle nouvelle sans courir le risque de vous en dire trop, ce qui n'est pas souhaitable.

Au final, Le Fou du Roi est un sympathique recueil de nouvelles, cependant très inégales en qualité.



Le fou du Roi, Jamel Ghanouchi, L'Harmattan (2002), 152 pages.
Par Hannibal
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Samedi 16 août 2008

L’empreinte du renard est le troisième roman de la série mettant en scène le commissaire Habib (et son fidèle adjoint Sosso) créée par l’auteur malien Moussa Konaté.


Résumé

Au cœur du pays dogon, une série de morts bizarres alerte les autorités maliennes. L'affaire est délicate: les Dogons, très attachés à leurs traditions, vivent en marge de la société et sont redoutés pour la puissance de leur magie. Le vieux commissaire Habib, à la sagesse et au flair légendaires, est envoyé sur place. Mais le village entier se tait obstinément, et un étrange sorcier à tête de renard veille au respect absolu de l'omerta...


Mon avis

Je n’ai pas souvenir d’avoir lu un jour un « polar africain ». L’empreinte du renard fut donc le premier, et m’a laissé un sentiment mitigé.

J’ai beaucoup aimé l’aspect dépaysant et documentaire du livre.
Dans sa version poche, le livre est sous-titré : une enquête en pays Dogon. C’est en partie pour cette raison que je l’ai choisi d’ailleurs. L’éditeur ne ment pas, puisqu’il s’agit vraiment d’une enquête de police, se déroulant dans la brousse, loin de Bamako, la capitale, et en plein pays Dogon.
On découvre donc grâce à ce roman le peuple Dogon, encore fortement marqué par des traditions séculaires, et ce dans de nombreux domaines, y compris de la vie quotidienne. On se rend compte également un peu mieux de certaines réalités locales comme la difficulté des transports. L’aspect psychologique est assez présent et les relations entre les habitants, à base de secrets et de suspicions, sont plutôt bien rendues.

J’ai moins aimé les personnages et l’enquête policière.
Je n’ai pas accroché du tout aux personnages principaux que j’ai trouvé fades, quelconques, sans aucun charisme.
Les dialogues sont moyens et parfois lassants et répétitifs : on nous dit plusieurs fois (par l’intermédiaire de différents personnages) que les Dogons ne sont pas comme les autres Maliens et que le commissaire Habib ne pourra pas résoudre son enquête avec les manières habituelles. Une fois, oui, deux fois, passe encore, mais après c’est vraiment lourd.
L’enquête en elle-même est également très moyenne, avec peu de suspects, très peu de rebondissements, et absolument rien d’insoupçonnable. Ou bien c’est couru d’avance, ou bien c’est mal amené et ne m’a fait ni chaud ni froid.

Un cadre géographique dépaysant (les Dogons, le Mali), et un aspect documentaire bien traité par Moussa Konaté, sauve ce roman - médiocre par ailleurs - d'un naufrage total.

Par Hannibal
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