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Polar belge

Mardi 14 juillet 2009 2 14 /07 /2009 17:56
Patriot Act est le cinquième roman de Kenan Görgün, jeune écrivain belge d'origine turque. C'est aussi le premier livre à mettre en scène l’inspecteur Elvis Casanova.


Résumé

John Victor Saturne a perdu sa sœur, victime d’un meurtre. Depuis ce traumatisme, le professeur ne poursuit ses recherches sur la mémoire que dans un seul objectif : accéder aux derniers souvenirs de Diane et ainsi connaître l’identité de son assassin. Alors que ses recherches semblent sur le point d’aboutir, le scientifique est assassiné par des tueurs à gages… qu’il a lui-même embauchés !
Saturne lègue tout ce qu’il possède à l’inspecteur Elvis Casanova. Ce dernier, qui ne connaît le professeur que de nom se demande bien pourquoi il a été choisi. Pour le savoir, Elvis va devoir se lancer dans une enquête qui va vite s’avérer éprouvante.


Mon avis

Je découvre Kenan Görgün avec ce roman mettant en scène Elvis Casanova, un inspecteur de Baltimore coureur de jupons et plutôt rock’n roll, comme son nom l’indique.
Elvis mis à part, les personnages sont plutôt quelconques (ils manquent de charisme, on ne s’y attache pas) mais surtout trop nombreux.
A cela s’ajoutent des changements incessants de scènes qui confèrent certes un rythme assez intense au récit mais ont en contrepartie le don d’égarer le lecteur, qui doit régulièrement revenir sur ses pas, ne sachant plus trop qui est qui (j’ai même du m’aider d’un pense-bête pour m’y retrouver parmi les personnages, ce qui ne m’arrive quasiment jamais !).
Heureusement, certaines descriptions et quelques réflexions bien senties compensent un peu ces personnages peu réussis.

« Sous la pression du métier, certains préfèrent se détacher de leur famille pour continuer à venir ici et reprendre leurs angoisses et leurs espoirs là où ils les ont laissé la veille. Un refuge, où il devient possible de croire que le monde tient par l’ordre et la loi. Lors de son pot de départ, un inspecteur nommé Jeff Davers a dit que si un flic chérit tant sa prérogative à poser les questions, c’est surtout pour éviter qu’on ne lui en pose. La sagesse de cette déclaration a fait mouche ; l’éclat d’un insigne suffit parfois à cacher bien des tourments intérieurs. »

L’intrigue principale autour du professeur Saturne et de ses travaux sur la mémoire est assez intéressante, laissant toutefois un belle part à l’anticipation, ce qui pourrait dérouter certains lecteurs amateurs de polars plus fortement ancrés dans la réalité.
La narration est plutôt efficace et très visuelle, et pour cause puisque Görgün est aussi scénariste (on lui doit notamment le film 9mm), et les scènes d’action sont particulièrement bien rendues. L’auteur joue aussi parfois avec les mots, plutôt avec réussite d’ailleurs.

« A l’autre bout du fil, il y a une salle où, depuis des heures, on s’arrache les cheveux pour décider à qui il faut arracher les dents. Généraux, directeurs… Les hommes les plus paranos d’un système qui a la paranoïa pour matrice enragent, la bave aux canines. »

Au final, Patriot Act se révèle être un thriller peu convaincant malgré de bonnes idées et une certaine qualité dans l’écriture. Si je n’ai pas accroché, j’ose croire que certains amateurs du genre y trouveront leur bonheur.



Patriot Act de Kenan Görgün, First/Thriller (2009), 536 pages.
Par Hannibal - Publié dans : Polar belge
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Dimanche 16 novembre 2008 7 16 /11 /2008 00:08

Le carré de la vengeance est la première enquête du commissaire Van In créé par Pieter Aspe à paraître en France.

Ce livre fait partie de la sélection automnale du Prix SNCF du polar dans la catégorie « Polars européens ».


Résumé

Van In : ce flic-là, vous allez l'adorer ! Un sale caractère, aucun sens de la hiérarchie, un humour caustique... cet amateur d'art, de cigares, de bière et de jolies femmes (et plus particulièrement Hannelore Martens, substitut du procureur) n'a pas son pareil pour déjouer les affaires les plus tordues. Bruges, la mystérieuse : Bruges, c'est SA ville. Elle ne peut rien cacher à Van In.


Mon avis

Il faut avant tout savoir que si le commissaire Van In est encore quasiment inconnu dans l’hexagone, il est depuis longtemps (ce roman est sorti là-bas en 1995) une valeur sûre du polar en Belgique où chaque nouveau roman fait un tabac avant d’être adapté à la télévision.


J'ai trouvé ce bon roman policier très « décontractant ». Je m’explique.


Le carré de la vengeance est un de ces romans policiers qui se lisent très bien et avec plaisir : jusque là rien d’anormal.
Mais il s’agit surtout d’un roman policier où la violence est très peu présente et où le sang et le sexe sont aux abonnés absents, ce qui est très rare de nos jours, je peux vous l’assurer.

Se passer de ces ingrédients que trop d’auteurs croient indispensables à un « vrai » polar est déjà en soi un pari osé.
Ajoutez à cela des personnages réussis et une intrigue crédible qui tient le lecteur en haleine et on n’est pas loin du coup d’éclat.

Les personnages, qu’ils soient  principaux ou secondaires, sont tous plaisants.
Concernant les personnages principaux, j’ai trouvé intéressant de suivre l’histoire de Van In avec la procureur Martens (certes un peu trop parfaite, comme souvent les premiers rôles féminins dans le polar, pour être totalement crédible), le suspense étant total (je rigole) : osera-t-il l’aborder ?
Parmi les personnages secondaire, j’ai beaucoup aimé le petit bleu qui n’y connaît rien aux femmes et tanne constamment ses collègues avec ses questions.

L’intrigue, dont le démarrage autour d’un vrai faux cambriolage de bijouterie dans le centre de Bruges est assez originale au départ puis devient plus « classique » par la suite tout en restant agréable à suivre jusqu’au bout.

Permettez-moi de mettre un carton jaune à l’éditeur pour son « résumé » de quatrième de couverture, aussi pitoyable qu’inexact à mon goût. Un vrai résumé d’accord, mais ça : mieux vaut s’en passer. Et si on n’adore pas Van In, on peut attaquer pour publicité mensongère ?


Cette première enquête de Van In est un bon polar, qui ne heurtera personne, idéal à lire pour faire une coupure après une indigestion de polars sanglants.

Pour ceux qui ne pourraient déjà plus se passer de Van In : la seconde enquête du commissaire de Pieter Aspe, Chaos sur Bruges est déjà sortie.



Le carré de la vengeance (Het vierkant van de wraak, 1995) de Pieter Aspe, Albin Michel (2008), traduit du néerlandais (Belgique) par Emmanuèle Sandron (336 pages).
Par Hannibal - Publié dans : Polar belge
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