Présentation

Je lis

osestpointéchambremortuaire.jpg

Serial Kronik

Le réseau Serial Kronik fédère des chroniqueurs indépendants désireux d'informer avec passion mais objectivité sur le roman noir et le polar.

Les Serials Kronikeurs sévissent sur les sites suivants :

Action-Suspense
Actu du noir
Bibliomanu
Calibre 47
K-Libre
Moisson noire
Noir comme polar
Pol'Art Noir
Rayon Polar

Recherche

Syndication

  • Flux RSS des articles

Polar écossais

Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /2009 11:42
Fifty-fifty est le premier roman d’Allan Guthrie, jeune auteur écossais vivant à Edimbourg.


Résumé


Il fait très froid à Edimbourg en cette mi-janvier. Cela n’affecte en rien Pearce, qui court dans toute la ville pour recouvrir des dettes, usant de son physique avec persuasion. Cette force de la nature a bien un tendon d’Achille : il adore sa maman.
Cette dernière est employée dans un bureau de poste. Lors d’un braquage, elle est tuée d’un coup de poignard. Dommage collatéral ou boulette diront les braqueurs. Pour Pearce, c’est un monde qui s’écroule et il n’a plus qu’un mot à l’esprit : vengeance.
Les affreux jojos sont Robin, un musicien schizophrène, sa femme Carol, aussi belle que frigide, et Eddy, peut-être le moins taré des trois, qui aimerait bien ravir Carol à son collègue.
Ils ne le savent pas encore, mais avec ce braquage, leurs emmerdes ne font que commencer…


Mon avis


Lorsqu’il n’écrit pas, Allan Guthrie est aussi un agent littéraire reconnu. On lui doit notamment l’édition de certains romans de Ken Bruen. Et s’il aime à citer en interview Higson et Brookmyre comme modèles, le connaisseur retrouvera aussi l’influence de feu Donald Westlake dans ce roman.

« En Ecosse, l’hiver, il faisait bien trop froid pour se promener torse nu. C’est bien pour cette raison que Pearce portait un T-shirt. »

Comme chez Bruen, pas vraiment d’enquête dans ce roman noir. Plutôt des quêtes. Entre celui qui veut venger sa mère, celui qui cherche l’amour quitte à tromper son ami et ce dernier qui n’est pas dupe et cherche à le lui faire payer, on est plutôt servis. Surtout que les protagonistes de ce roman sont tous plus ou moins névrosés, ce qui nous apporte son lot de violence, de rebondissements, et une tension permanente.

-    « Vous ne voulez pas que je vous en dise plus sur le pistolet ?
-    Je ne connais rien aux armes à feu. Toi, si ?
-    Pas vraiment. Mais c’est pas que ça me gênerait d’en avoir une.
-    Qu’est-ce que t’en ferais d’un pistolet ?
Je descendrais des connards comme toi.
-    Ch’sais pas.
-    Alors là, c’est fascinant.
-    Greaves l’a rendu a Soutar, expliqua Kennedy. (Une pause.) C’est Soutar qui l’a maintenant. (Nouvelle pause.) Le pistolet est noir.
-    Noir. Soutar a un pistolet noir. Je dois t’avouer une chose : ça me fiche bien plus la trouille que s’il était rose. Tu n’est pas de mon avis ? »


Tout en assumant ce côté sombre, Guthrie distille avec talent son humour – comme ses compatriotes le whisky – notamment dans des dialogues efficaces, et se permet quelques clins d’œil aux grands noms du roman noir, ce genre qu’il affectionne, et qui le lui rend bien.

« Kennedy consulta sa montre et se demanda une fois encore pour quelle raison il faisait tout ça, pourquoi il avait choisi de rester planté là dans le froid pendant que ses extrémités se changeaient en glace. Il était devenu enquêteur privé pour l’excitation, l’aventure, le danger. C’était Hammett le responsable. Chandler, on pouvait lui pardonner. Mais Hammett ? Quel salopard.
Les romans de détective privé avaient saturés les années d’adolescence d’Alex Kennedy. Dès l’instant où il avait lu son tout premier Chandler, il était devenu accro. Il avait dévoré tout Chandler, puis Hammett, puis Ross Macdonald. En amassant tout ce temps dans les magasins de charité et les marchés aux puces des piles de polars des années cinquante et soixante aujourd’hui épuisés. Ses privés préférés étaient Max Thursday et Johnny Killain. Des hommes qui se nourrissaient de danger et d’excitation. Des hommes qui estimaient que deux contre un était une cote plutôt favorable. Des hommes capables de s’attaquer à un mur de briques qui, en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire, finissait toujours par crier grâce. Kennedy souffla dans ses mains en coupe. Hammett avait été détective privé dans la vie, il savait et aurait dû jouer le jeu. Il n’avait pas la moindre excuse pour avoir donné de ce boulot merdique une image aussi excitante. Il ne se passait rien. Rien de rien. Zéro. Que dalle. »


Bref, du bon roman noir, comme il est difficile de ne pas l’apprécier. Déjà primé outre-Manche pour ce premier opus, on souhaite à Allan Guthrie une aussi belle carrière qu’à ses prédécesseurs. Un auteur que je suivrais, assurément.



Fifty-fifty (Two-Way Split, 2004) d'Allan Guthrie (Editions du Masque, 2009). Traduit de l'anglais (Ecosse) par Freddy Michalski.
Par Hannibal - Publié dans : Polar écossais
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /2008 22:57

Scalpel est le dernier roman paru en France du prolifique auteur écossais qu'est Campbell Armstrong. Il s'agit de la quatrième enquête de Lou Perlman un policier juif opérant à Glasgow.

Il fait partie de la sélection automnale du Prix SNCF du Polar dans la catégorie « Polars européens ».



Résumé


En congé maladie prolongé, Lou Perlman se morfond et attend les lettres de Miriam, son inaccessible belle-sœur. Une main sectionnée (à la scie, travail propre) est découverte chez lui dans un sachet en plastique, sous une pile de journaux. Qui en veut à Lou ? Latta, le flic cinglé, sa pire Nemesis ? Désœuvré, Lou enquête sur un trafic d’organes en ayant recours à ses vieux indics, et à son inimitable méthode. Cela le mènera chez Dorcas, un ex-chirurgien cinglé, et sur les traces d’un travesti qui a besoin de fric pour parachever sa transformation… Des scènes terrifiantes dans une maison victorienne délabrée digne de “Psychose” ; d’autres montrant une bande de gamins intrépides, sans valeurs ni ligne de conduite, qui n’ont de pitié que pour leur mascotte, un furet nommé Issy : Glasgow devient un territoire lunaire de violence pure et gratuitement désespérée, où tout peut arriver.



Mon avis


Scalpel est le premier roman de Campbell Armstrong que j’ai eu l’occasion de lire.
Je ne crierai pas au génie, mais cet auteur fait désormais partie - comme tant d’autres – de la longue liste d’écrivains dont j’envisage d’approfondir la lecture de leur œuvre.

C’est un roman noir assez classique dirons-nous, avec la plupart des personnages incontournables du genre : le flic mélancolique et buveur de whisky (celui-ci a au moins une circonstance atténuante, il est Écossais !), les tarés de service, la femme fatale qui va bien, etc.
Lou Perlman, le personnage principal est particulièrement réussi et m’a fait penser à certains moments – lors de ses périodes de spleen surtout  – à l’un de mes personnages de polar préférés : Erlendur Sveinsson, le commissaire d’Indridason. Comme lui, Perlman aime prendre son temps lorsqu’il enquête pour aller rendre visite à ses tantes (juives comme lui) autour de biscuits et d'une "cup of tea" par exemple.

Du coup, pas de suspense intenable ni de scènes d’action en cascades. L’intrigue, débutant par une main mystérieuse que Perlman retrouve dans le bazar de sa propre chambre, est somme toute assez simple et l’on peut même parler par moments (assez rares certes) de longueurs. Celles-ci sont toutefois largement compensées par d’excellents passages, comme le chapitre 26, dans lequel Armstrong nous donne à voir un quartier populaire de Glasgow ainsi qu’une description, aussi belle que juste, d’une bande d’ « enfants perdus » des temps modernes. Pour dire, je l’ai même relu, chose qui ne m’arrive pas souvent.

Je n'ai pas - encore - lu les aventures de Rebus (oui, c'est un peu honteux, je sais, mais par pitié, ne me fouettez pas !) mais je pense qu'on peut dire que Campbell Armstrong est à Glasgow ce que Ian Rankin est à Édimbourg.


J’ai passé au final un bon moment de lecture avec Scalpel, ce long roman noir (420 pages) qui s'il n'est pas exceptionnel n’en demeure pas moins d’une qualité certaine.



Scalpel (Butcher, 2006) de Campbell Armstrong, Le Masque (2008), traduit de l'anglais (Écosse) par Freddy Michalski (420 pages).

Par Hannibal - Publié dans : Polar écossais
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 20 mai 2008 2 20 /05 /2008 00:23
Faites vos jeux ! est un polar du romancier écossais Christopher Brookmyre.

Ce livre fait partie de la sélection Printemps 2008 du prix du polar SNCF et à déjà été primé Outre-Manche.


Résumé

Quel lien y a-t-il entre le quotidien de Jane Fleming, maniaque du ménage, et les casinos de la Côte d'Azur? Aucun, sauf peut-être d'anciens rêves de jeune fille... Pourtant, un événement inattendu, la disparition de son fils (employé dans une société d'armement du midi de la France) va déclencher une cascade de rebondissements qui vont transformer cette grand-mère rangée en redoutable arme de combat. Prête à tout pour protéger sa famille, et surtout sa petite-fille, Jane va plonger dans un monde inconnu, dangereux et excitant, qui va bouleverser ses certitudes.


Mon avis

Faites vos jeux ! se lit très bien malgré ses presque 500 pages.

Toutefois je n’ai rien trouvé d'exceptionnel à ce roman, fortement inspiré par la série des James Bond. Christopher Brookmyre assume totalement ce choix, puisqu’il va même jusqu’à faire porter le patronyme du père de 007 (Fleming) à son personnage principal.

Comme dans les James Bond, on y trouve beaucoup d'action, quelques gadgets et un peu d'humour. Certains personnages sont réussis dont Jane Fleming, d'autres moins puisqu'un peu trop caricaturaux.
L'intrigue est assez sympa mais peu crédible comme souvent dans ce genre d'ouvrage.

Un polar plutôt moyen, à réserver aux amateurs de James Bond et aux lecteurs de romans d’espionnage.

Par Hannibal - Publié dans : Polar écossais
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 28 novembre 2007 3 28 /11 /2007 17:37

Contes barbares de l'Ecossais Craig Russell est le deuxième volet de la trilogie mettant en scène le commissaire Fabel après Rituels sanglants.
L'intrigue est construite autour des contes de Grimm, utilisés par un serial killer pour mettre en scène ses crimes.

Ce livre a terminé à la première place de la sélection "automne" du Prix Polar SNCF dans la catégorie "Polars Européens" et est donc toujours en course pour le titre final.

contesbarbares.gif Résumé

Une adolescente gît sur la plage. Serré entre ses doigts raidis, un papier jaune où figure une inscription à l'encre rouge : " J'étais sous terre, mais maintenant il est temps de revenir à la maison. " Un couple adultère est retrouvé égorgé dans le Naturpark. Cette fois, deux messages : " Hansel", et " Gretel". Puis c'est le corps nu d'une cover-girl célèbre, chevelure déployée sur l'herbe. Dans sa main, un papier jaune, et un mot : " Dornröschen " - Eglantine, alias la Belle au bois dormant. Le tueur enchaîne les mises en scène macabres, et chaque mystérieux message augmente le désarroi du commissaire Fabel. Jusqu'au jour où, entendant à la radio un écrivain déclarer : " Le conte populaire allemand est un conte de pureté et de corruption, d'innocence et de fourberie ", il décide de relire ses classiques...

Mon avis

Contes barbares est un polar très intéressant.
Le tueur, féru des contes des frères Grimm fait de chaque scène de crime une nouvelle interprétation d'un de ces nombreux contes traditionnels.
Les enquêteurs ont toujours un temps de retard et ont du mal à saisir la logique (s'il y en a une) du serial killer qu'ils essaient de confondre.
L'enquête, d'abord lente et assez traditionnelle malgré l'originalité du modus operandi, va peu à peu s'accélérer, puis connaître des rebondissements jusqu'à un final réussi.
La place de finaliste de Contes barbares pour le prix SNCF du Polar n'est pas usurpée, bien que je lui ai préféré Amitiés Mortelles ou encore Turbulences catholiques.

Par Hannibal - Publié dans : Polar écossais
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés