Aujourd’hui paraît à la Série Noire le nouveau Ken Bruen.
Cauchemar américain, c’est son nom, est un "one shot", en ce sens qu’il ne fait pas partie des séries de l’auteur, Jack Taylor ou R&B.
Résumé
A Galway, Stephen, petit truand irlandais, déplore la perte récente de son meilleur ami Tommy, abattu lors d’un braquage par le troisième membre du trio.
Siobhan, sa petite amie, travaille dans une banque d’affaire. Elle va se charger de blanchir l’argent sur place, tandis que Stephen va l’attendre de l’autre côté de l’Atlantique, le couple ayant
prévu de se retrouver à Tucson.
Seulement sur place, rien ne se passe comme prévu. Stephen retrouve par hasard Juan, un ancien compagnon de chantier reconverti dans le banditisme local. Mais surtout, il rencontre Sherry, la
copine de ce dernier, un peu trop belle pour qu’il puisse résister.
Pour Stephen, le cauchemar américain ne fait que commencer…
Mon avis
Contrairement à certains d’entre vous, je ne connais Ken Bruen que depuis peu, l’ayant – seulement – découvert avec London Boulevard, que j’ai beaucoup apprécié.
Cauchemar américain est donc ma seconde rencontre avec ce talentueux auteur irlandais.
J’ai beaucoup aimé l’ambiance générale qui se dégage de ce roman.
On y retrouve une certaine nostalgie/tristesse apparemment typiquement irlandaise (ce fameux bronach gaélique, dont le traducteur, Thierry Marignac, nous dit qu’il signifie plus cafard
ou mal de vivre que tristesse).
Bruen, par la pensée de Stephen, personnage principal de cette histoire, nous offre de très belles réflexions sur l’amitié, sur la fidélité, ainsi que sur l’Irlande et ses habitants.
Comme toujours, il a le sens de la formule et nous assène ses petites phrases, souvent aussi justes qu’humoristiques.
La forme de l’intrigue est assez particulière et m’a plutôt déboussolé au départ.
Elle s’apparente à un road-movie, est assez décousue et comporte de nombreux flash-backs.
Bruen joue avec son lecteur : un coup en Irlande, un coup aux Etats-Unis, tantôt dans le passé, tantôt dans le présent. Une fois que l’on a intégré le principe et accepté de se faire
balader par l’auteur, l’intrigue se laisse lire avec plaisir. On en vient alors à suivre le périple de Stephen aux Etats-Unis, un parcours pour le moins semé d’embûches, son cauchemar
américain.
Au final, Cauchemar américain est un bon roman noir, qui ravira les fans de Ken Bruen mais qui pourrait s’avérer assez difficile d’accès pour ceux qui ne conaissent pas
encore cet auteur.Peut-être pas le roman le plus adapté pour découvrir son oeuvre.
Toujours emballé après deux romans, il va de soi que je continuerai à l’avenir à lire ce grand nom du roman noir irlandais.
Cauchemar américain (American Skin, 2006) de Ken Bruen, Gallimard/Série noire (2009). Traduit de l’anglais (Irlande) par Thierry Marignac (307
pages).
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