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Polar scandinave

Dimanche 13 septembre 2009
L'heure trouble est le premier roman du jeune écrivain suédois Johan Theorin.
Il fait partie de la sélection estivale du Prix SNCF du polar.


Résumé

Septembre 1972, Öland, île du sud de la Suède, sur la Baltique. Il prend au petit Jens, cinq ans, une subite envie de promenade alors qu’approche l’heure trouble et qu’un épais brouillard s’installe. Les habitants de l’île ont beau y mettre tout leur cœur, les recherches ne donneront rien : Jens demeure introuvable.
Vingt ans plus tard, Julia, devenue alcoolique et dépressive, ne s’est toujours pas remise de la disparition de son fils. Et voilà qu’on adresse à Gerlof – le grand-père de Jens – une sandale, qui semble en tous points identique à celle que portait l’enfant à l’époque. Qui a envoyé cette chaussure, et pourquoi ? Jens serait-il toujours en vie ? C’est ce que vont essayer de comprendre Julia et son père.


Mon avis


« Gerlof détourna les yeux vers le soleil couchant, de l’autre côté de la fenêtre. Il aurait préféré être tout petit et écouter les histoires horribles que l’on raconte à l’heure trouble du crépuscule, plutôt qu’être vieux et devoir les raconter lui-même. »

Ce que l’on retient tout d’abord de ce roman c’est son ambiance. Cette petite île, avec son village de pêcheurs, très touristique l’été, puis fantôme, dès qu’arrive l’hiver. Le froid, le brouillard sur la lande, et cette fameuse heure trouble, pendant laquelle on joue à se faire peur avec les histoires que racontent les anciens au coin du feu.
Celle que nous raconte Johan Theorin n’a rien à leur envier. Premier roman, et déjà une construction habilement travaillée avec alternance des personnages et changements d’époques à la clé. Le suspense est maintenu tout au long de cette intrigue efficace où histoires présentes et passées devront tôt ou tard se croiser, comme il est de rigueur.

« Oui, ça vaut mieux que boire du vin en prenant des cachets devant la télé à Göteborg, pensa Julia. Pendant une seconde, le poids de toutes ces années perdues lui oppressa la poitrine – ces années où le deuil de son fils disparu avait compté beaucoup plus que les souvenirs lumineux qui auraient pu la consoler : un gouffre noir de chagrin où elle s’était abîmée, ce qui la dispensait de prendre sa vie en main.
Mais à présent, elle connaissait la paix. Un peu de paix
. »

Pas de super-héros ici. Avec Julia, Gerlof et les autres, l’auteur nous brosse le portrait de gens simples, qui souffrent dignement et se serrent les coudes face à l’adversité en espérant des jours meilleurs. Difficile alors de ne pas s'attacher à eux et de ne pas leur souhaiter de s'en sortir.
Le ton un peu lourd de ce roman est égayé par quelques touches d'humour et quelques piques comme savent si bien le faire les auteurs nordiques.

« Autrefois, il y avait un petit auvent en bois pour s’asseoir à l’abri s’il pleuvait, en attendant de rentrer chez soi ou qu’un bus arrive – mais on l’avait bien entendu enlevé. On se dépêchait de supprimer tout ce qui était pratique et gratuit. »

Passé trouble, personnages tourmentés, lente progression de l’enquête, rigueurs de l’hiver : Theorin a su accommoder à sa sauce les ingrédients classiques du polar nordique et nous proposer une intrigue de qualité que ne renieraient certainement pas les Indridason et autres Mankell. Après L’heure trouble, les Suédois attendent déjà Johan Theorin au tournant, et ils ne sont pas les seuls.



L’heure trouble (Skumtimmen, 2007) de Johan Theorin, Albin Michel (2009). Traduit du suédois par Rémi Cassaigne (425 pages).
Par Hannibal
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Jeudi 5 février 2009

Hiver arctique est la nouvelle enquête du désormais célèbre commissaire Erlendur, personnage créé par le romancier islandais Arnaldur Indridason, toujours publié chez Métailié et traduit par Eric Boury.



Résumé

C’est dans le froid glacial d’un mois de janvier qu’est retrouvé le corps d’un petit garçon au pied d’un immeuble de la banlieue de Reykjavik.
Le commissaire Erlendur et ses collègues se chargent de l’enquête concernant ce crime aussi rare qu’inquiétant, d’autant plus que le frère de la victime semble avoir disparu et que les indices manquent cruellement.
En parallèle, Erlendur reçoit de mystérieux appels téléphoniques d’une femme désespérée, qui pourrait être la disparue qu’il recherche en vain.



Mon avis

C’est avec un grand plaisir que j’ai  retrouvé dans Hiver arctique les personnages récurrents d’Arnaldur Indridason, le commissaire Erlendur et ses fidèles collègues Elinborg et Sigurdur Oli, confrontés cette fois-ci au crime le plus horrible qui soit, celui d’un enfant, qui plus est sans histoires et semble-t-il apprécié de tous.

Elias, la jeune victime, et son frère Niran sont d’origine asiatique, leur mère Sunee étant venue de Thaïlande quelques années auparavant. Le crime serait-il purement raciste ? Erlendur semble en droit de se poser la question puisque l’arrivée d’étrangers en Islande ne semble pas plaire à tout le monde, y compris au sein de l’école des deux enfants.
Indridason s’attaque ici avec beaucoup de finesse et d’intelligence à la question du racisme et de l’immigration dans la société islandaise.
J’ai à ce sujet trouvé certains passages excellents, l’auteur confrontant les divers points de vue sur la question par l’intermédiaire de ses différents personnages. C’en est vraiment émouvant, mais surtout éprouvant, lorsque le racisme sort avec une certaine violence de la bouche (innocente ?) d’un enfant (de qui chacun sait, est supposée sortir la vérité).

Suivre cette intrigue, au rythme à des années-lumière de celui d’un thriller effréné, a été pour moi un bonheur de tous les instants, le talent de l’auteur résidant essentiellement dans l’excellente description de ses personnages et de la société islandaise en général.
L’écriture d’Indridason est l’une des rares à me faire ressentir à ce point les émotions que vivent les personnages.


Avec Hiver arctique, Arnaldur Indridason signe un magnifique roman noir et confirme, s’il en était encore besoin, son grand talent à embarquer le lecteur aussi bien dans une intrigue que dans une ambiance particulière, celle de son Islande.



Hiver arctique (Vetrarborgin, 2005) d'Arnaldur Indridason, Métailié/Noir (2009), traduit de l’islandais par Eric Boury (335 pages).
Par Hannibal
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Dimanche 18 janvier 2009
Le dresseur d’insectes est le second roman de l’Islandais Arni Thorarinsson, auteur dont j’ai découvert l’œuvre avec Le temps de la sorcière dont je vous avait parlé ici-même.


Résumé

Au lendemain de la grande fête des commerçants de Akureyri, la grande ville du Nord de l'Islande, on dénombre de nombreuses gueules de bois, quelques dépucelages, plusieurs agressions, plusieurs viols aussi. Mais une femme qui se présente sous le nom de Victoria demande à Einar, le correspondant local du Journal du soir, de se rendre immédiatement, avec la police, dans une "maison hantée" de la vieille ville: ils y découvrent le corps d'une jeune fille étranglée. Personne n'a signalé de disparition. Peu après, Einar apprend que son informatrice, entrée dans une clinique de désintoxication, a été assassinée. Fort de son expérience d'ancien alcoolique, il se fait interner pour mener son enquête. Résistant à la pression de son rédacteur en chef avide de sensationnel, il saura découvrir l'identité réelle des deux victimes, engluées dans des relations perverses, et impuissantes devant les puissances de la modernité qui transforment à marche forcée une société dans laquelle la famille a gardé toute son importance. L'auteur prend le temps de nous présenter ses personnages et leurs ressorts intimes, il nous embarque dans un monde qu'il construit avec beaucoup d'ironie et de tendresse et dont la bande-son très rock and blues, d'où est tiré le titre du livre, donne l'ambiance.


Mon avis

Si j’avais déjà apprécié Le temps de la sorcière dont je garde de très bons souvenirs, j’ai eu grand plaisir à retrouver dans Le dresseur d’insectes l’écriture de Thorarinsson, que j’aime beaucoup, ainsi que cette galerie de personnages avec qui je passe de bons moments.

Les personnages sont toujours aussi réussis, voire meilleurs que dans le précédent roman.
On retrouve bien sûr Einar, le « héros » et narrateur de ces romans, un journaliste un peu looser sur les bords, qui essaie tant bien que mal de rédiger des articles sur la vie d’Akureyri, la grande ville du Nord de l’Islande. Ses supérieurs de Reykjavik lui reprochent son inactivité. Le professionnalisme d’Einar n’est cependant pas forcément en cause : il ne se passe rien là-bas. A moins que…
Le personnage d’Agust Orn, sympathique stagiaire idéaliste et collègue d’Einar est assez bien trouvé.
La relation d’Einar avec son ado de fille, qu’il héberge ainsi que son petit ami, est assez amusantes à suivre et rappelle quelque peu (en plus soft) celle du commissaire Erlendur (le personnage créé par Indridason) avec la sienne.
On retrouve aussi avec plaisir des personnages secondaires excentriques comme Snaelda, la perruche faisant office de compagne à Einar, ou la mémé-indic qu’il va retrouver dans sa maison de retraite où elle lutte contre le « gang des feux de l’amour », et qui en échange d’une poignée de chocolats consent à lui lâcher quelques informations essentielles.

« J’ai trop souvent l’impression que les rédactions rappellent des usines anonymes où les gens produisent à la chaîne des colonnes de texte qui ne plaisent ou ne servent qu’à un nombre réduit de personnes inconnues d’eux qui achètent de l’espace publicitaire dans le journal. Ensuite tout ce beau monde pointe pour rentrer retrouver sa famille nucléaire après s’être offert une petite halte à la salle de gym. »

Plus encore que dans le précédent roman, la vie journalistique d’Einar au Journal du soir nous est décrite avec un grand réalisme par l’auteur (ah, cette fameuse Question du jour !). On se croirait vraiment dans cette rédaction islandaise, et pour cause, puisque Thorarinsson est lui-même un journaliste réputé en Islande.
Que ce soit pour nous parler du monde du journalisme ou d’autre chose, le ton de l’auteur (par la voix de son héros-narrateur) est toujours aussi incisif. Son ironie quasi-permanente me sied à merveille, et son humour fait souvent mouche (les blagues sont nombreuses dans ce roman).

Comme son compatriote Indridason, Thorarinsson nous donne à voir la face sombre de l’Islande (beuveries, drogue, agressions sexuelles, etc.) dans des descriptions efficaces et non dénuées d’humour, comme en témoigne cette constatation qu’assène un médecin à Einar alors qu’il s’apprête à entrer dans un centre de cure pour lutter contre son alcoolisme (lequel est simulé pour les besoins de son enquête) : « On franchit cette porte d’un pas pesant, me crie-t-il dans le dos. Mais la moitié de la nation est passée par là. Et vous en ressortirez le pied plus léger. »

Du côté de l'intrigue, rien de vraiment exceptionnel, mais j'ai envie de dire qu'on s'en moque : l'essentiel est ailleurs et on suit le roman avec grand plaisir.

Décidément, les auteurs islandais me plaisent.
Je ne remercierai jamais assez le travail conjoint de Métailié (l’éditeur) et d’Eric Boury (le traducteur) sans qui les lecteurs francophones ne passeraient pas ces agréables moments de lectures en compagnie de ces sympathiques personnages islandais.

D’ailleurs, on retrouvera avec plaisir Erlendur et son entourage dès début février avec la parution d’Hiver arctique, le nouvel Indridason. J’en frissonne d’avance.



Le dresseur d'insectes (Dauði trúðsins, 2007) d'Arni Thorarinsson, Métailié/Noir (2008), traduit de l’islandais par Eric Boury (345 pages).
Par Hannibal
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Jeudi 11 septembre 2008
On ne présente plus Millénium aux passionnés de polar. Cette célèbre trilogie du journaliste et romancier suédois Stieg Larsson comprenant Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette et La reine dans le palais des courants d'air défraie la chronique depuis deux ans et est certainement appelée pour diverses raisons (ventes exceptionnelles, mort prématurée de l’auteur, etc.) à rester dans l’histoire des littératures policières.


Résumé du premier tome

Ancien rédacteur de Millénium, revue d'investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos d'une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu'un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires. Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée. placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu'il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documents cent fois examinés, jusqu'au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier. Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers. lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l'écorchée vive vont résoudre l'affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu'il faudrait peut-être taire.


Mon avis

J’ai choisi de vous parler de Millénium en un article plutôt qu’en trois pour plusieurs raisons.
Ce choix se justifie premièrement par le fait que Millénium est une « vraie » trilogie c’est-à-dire qu’elle constitue un ensemble vraiment cohérent et que les personnages évoluent considérablement tout au long de ces trois romans.
La seconde raison découle de la première : j’ai été consterné de voir que l’éditeur lui-même révèle sur la quatrième de couverture du troisième roman des éléments importants du second, même s’il y a, je le concède, un léger avertissement. C’est donc pour éviter ces mauvaises surprises au lecteur que je ne vous propose ici que le résumé du premier roman. Je vous garantis également - comme d’habitude, puisque j’ai moi-même horreur des spoilers, ou gâcheurs pour nos amis québecois et/ou anglophobes - une critique sans révélations importantes concernant les intrigues.

Difficile de donner comme ça un avis sur ces quelques 2000 pages et de trouver des explications objectives et rationnelles quant à l’engouement phénoménal du public pour Millénium.

Je commencerai tout d’abord par dire qu’on peut - selon moi - difficilement généraliser sur l’ensemble de cette œuvre tant elle est inégale en qualité.
Je m’explique : si la fin du deuxième tome m’a emballé comme rarement un polar ne l’a fait, le début du premier tome m’est apparu laborieux, celui du troisième mou et poussif.

Le succès de cette trilogie vient selon moi en grande partie des personnages principaux, et essentiellement de deux d’entre eux, qui portent véritablement cette œuvre : le journaliste Mikael Blomkvist et, plus encore, l’atypique et charismatique Lisbeth Salander.
Le personnage de Mikael, qui n’est pas à proprement parler exceptionnel – entendez par là pas super original –  a ceci de très bien fait qu’on s’identifie rapidement et durablement à lui, et que s’il est un « héros » - courageux et intelligent - il reste très humain, avec ses faiblesses et ses défauts.
A l’opposé, le personnage de Lisbeth est très novateur. Folle à lier pour certains, brillante pour d’autres, courageuse, asociale, spéciale, … Lisbeth est un personnage fort complexe. On pourrait lister un nombre impressionnant de qualificatifs, qu’on pourrait ensuite séparer en deux catégories, les positifs et les négatifs : on en obtiendrait à peu près autant de chaque côté. Lisbeth est une héroïne vraiment spéciale et loin d’être parfaite, et c’est, je pense, ce qui fait sa particularité et son succès.
D’autres personnages, plus secondaires, sont également sympas comme Erika Berger la co-directrice de Millénium, Holger Palmgren l’ex-tuteur de Lisbeth ou encore Dragan Armanskij, son employeur chez Milton Security.

Les intrigues « policières » en elles-même sont plutôt moyennes, au niveau originalité par exemple, mais elles sont soignées et leur potentiel est exploité au maximum par Stieg Larsson. Les rapports entre les différents protagonistes sont parfois complexes également, ce qui est plutôt une richesse. Au final, c’est de bon niveau.
Le suspense annoncé comme exceptionnel en quatrième de couverture par l'éditeur (« dans cet univers à cent à l'heure » ou encore « un thriller au rythme affolant » ) est il est vrai d’un niveau plutôt élevé , mais pas à la hauteur de ce qu’on nous promet.

Après ces éléments plutôt positifs, parlons des quelques éléments qui m’ont moins plu, pour ne pas dire déplu.
Certains lecteurs ont reproché à Larsson certaines longueurs. Je ne peux que confirmer, et j’ose même parler de digressions, qui parfois n’apportent rien au récit.
Il y a aussi des lourdeurs au niveau de certains détails, qui a force de répétitions sont plutôt enquiquinants qu’autre chose, comme ce fameux café latte que commande systématiquement Mikael.
Il y a beaucoup de scènes à caractère sexuel également (trop même selon moi) et la plupart des personnages dorment nus, ce que je trouve plutôt étrange. Ca se fait peut-être pas mal en Suède, qui sait ?

Si l’on peut trouver tout au long de Millénium des « défauts », l’ensemble est de grande qualité et certains passages comme la seconde moitié de La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette sont vraiment exceptionnels et nous font regretter la mort prématurée de Stieg Larsson.
Par Hannibal
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Vendredi 2 mai 2008
L’homme du lac est la quatrième enquête du commissaire Erlendur Sveinsson écrite par le romancier islandais Arnaldur Indridason.


Résumé

En juin 2000, un tremblement de terre provoque un changement du niveau des eaux du lac de Kleifarvatn et découvre un squelette lesté par un émetteur radio portant des inscriptions en caractères cyrilliques à demi effacées. Le commissaire Erlendur et son équipe s'intéressent alors aux disparitions non élucidées dans les années 60, ce qui conduit l'enquête vers les ambassades des pays de l'ex-bloc communiste et les étudiants islandais des jeunesses socialistes boursiers en Allemagne de l'Est, pendant la guerre froide. Tous ces jeunes gens sont revenus du pays frère brisés par la découverte de l'absurdité d'un système qui, pour faire le bonheur du peuple, jugeait nécessaire de le surveiller constamment. Erlendur, séduit par un indice peu commun, une Ford Falcon des années 60, et ému par l'amour fidèle d'une crémière abandonnée, s'obstinera à remonter la piste de l'homme du lac dont il finira par découvrir le terrible secret.


Mon avis


Comme toujours lorsque je lis un Indridason, j’ai été totalement convaincu par cet excellent roman noir qu’est L’homme du lac.

Le style d’Indridason me plaît énormément. Si loin du thriller effréné, mais pourtant au moins aussi bon. Erlendur est un policier qui sait prendre son temps sur une enquête ; de la même façon, Indridason est un auteur qui sait prendre son temps pour raconter une histoire et ce sans donner au lecteur l’impression de perdre le sien. C’est quelque chose de plutôt rare dans la littérature policière actuelle où tout doit aller vite au risque de paraître mauvais, ou pire : vieillot ! C’est en partie pour cela, je pense qu’Indridason est un auteur remarquable et remarqué, qui a su conquérir un grand nombre de lecteurs avec sa touche si particulière.

L’homme du lac, comme souvent les romans d’Indridason, se situe dans deux cadres chronologiques différents : ici, les années 60, en pleine Guerre Froide, et aujourd’hui.
Evidemment, il sera impossible à Erlendur et à ses coéquipiers de résoudre l’enquête actuelle sans se replonger dans cette sombre période.

On s’attache au moins autant que d’habitude au quotidien des différents personnages, avec Elinborg qui se met à écrire des livres de cuisine à succès et le commissaire Erlendur qui a toujours des problèmes relationnels avec sa fille. L’Islande, grande héroïne des romans d’Indridason, est ce coup-ci un peu moins présente, puisque, Guerre Froide oblige, une grande partie de l’intrigue se déroule sur le continent.

Indridason est un des tous premiers auteurs que je conseille aux personnes désirant lire des romans policiers mais ne sachant pas par où commencer. Si c’est votre cas, n’hésitez pas ! J’espère que vous serez convaincus.

ATTENTION ! Bien que les enquêtes en elles-mêmes soient indépendantes, il est préférable de lire les enquêtes d’Erlendur dans l’ordre, car comme dans toute série les personnages évoluent les uns par rapport aux autres. L’homme du lac est donc le 4e roman d’Indridason après La cité des jarres, La femme en vert et La voix.
Par Hannibal
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Mercredi 9 avril 2008
L’otage est le premier roman d’Olav Hergel, journaliste reconnu et plusieurs fois récompensé dans son pays, le Danemark.

Il fait partie de la sélection Printemps 2008 du prix du polar SNCF dans la catégorie polars européens.


Résumé


 Lorsque la journaliste Rikke Lyngdal, envoyée spéciale en Irak, est enlevée par un groupe de terroristes qui exigent le retrait des troupes danoises de leur pays, le monde entier est suspendu à son sort. Toutes les chaînes de télévision retransmettent la scène au cours de laquelle l'un des ravisseurs lui sectionne une partie du petit doigt. L'émotion est à son comble. Aussi est-elle considérée comme une héroïne nationale et reçoit un accueil triomphal au Danemark, après son évasion. Pourtant, à y regarder de près, il subsiste quelques zones d'ombre dans ses déclarations... Et si elle avait menti ? Et si elle était la complice de ce jeune Irakien aux yeux bleus, identifié comme son geôlier, et désormais sur le territoire danois ?

Mon avis


Il m’est difficile de trouver comment débuter mon article sur cet extraordinaire roman noir.

Peut-être commencerais-je donc par dire qu’on se situe avec L’otage aux frontières du policier. A bien des égards il s’agit presque d’un documentaire. Ce n’en est pourtant pas un puisque tous les personnages ainsi que l’intrigue sont des évènements tout droit issus de l’imagination fertile d’Olav Hergel. Pourquoi le qualifier alors de quasi-documentaire ou de docu-fiction ? Tout d’abord parce que cette histoire, bien qu’inventée aurait pu (ou pourrait) se dérouler à tout moment au Danemark, mais surtout parce que de nombreux aspects de la société danoise nous sont exposés comme le ferait un journaliste (ce qui n’est pas un hasard puisqu’il s’agit précisément de la profession de l’auteur). Si les sujets principalement abordés sont la politique et l’immigration, d’autres le sont également.

L’Otage, c’est aussi une plongée au cœur des médias danois : presse écrite tout d’abord, puisque Rikke Lyngdal, la charmante héroïne de ce roman est journaliste dans un des plus grands quotidiens de la capitale, mais aussi la télévision.

En matière politique, Olav Hergel nous donne à voir les arguments des différentes forces en présence (en matière d’immigration mais pas seulement) et ce sans véritablement prendre parti, laissant le lecteur se forger son opinion propre.

Ce premier roman est pour moi un chef-d’œuvre (sans doute un des meilleurs livres que j’ai eu l’occasion de lire en 2008). C’est donc avec grand plaisir que je lirai le prochain roman de ce talentueux auteur danois.

Je tiens à féliciter au passage l'éditeur (Gaïa) pour sa collection (Polar), dans laquelle je n'ai  pas souvenir d'avoir trouvé un mauvais livre.
Par Hannibal
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Mercredi 13 février 2008

Le temps de la sorcière est le premier roman de l'islandais Arni Thorarinsson, journaliste de profession.

Ce livre met en scène un journaliste - tiens donc ! - parachuté, punition suprême, dans le nord de l'île, où il doit couvrir des évènements insignifiants pour son journal basé à Reykjavik, la capitale. Mais assez vite, il va se rendre compte qu'il se passe aussi des choses pas claires en province.


tempsdelasorciere.jpg Résumé

La vie est difficile quand on est alcoolique “en pause” et journaliste exilé, pour mauvais esprit, dans le nord de l’Islande. Pourtant, il se passe des choses dans ce grand nulle part bouleversé par la mondialisation et l’arrivée des émigrés. Un petit chien disparaît, une vieille dame téléphone pour dire que la mort accidentelle de sa fille arrange bien les affaires de son gendre. Des adolescents se suicident. Un reportage sur la troupe de théâtre du lycée est publié, et le jeune et talentueux acteur qui tient avec tant de conviction le rôle principal disparaît…

Pour échapper aux chiens écrasés et aux radios-trottoirs, mais surtout pour contredire l’ambitieux rédacteur en chef qui le téléguide depuis la capitale, Einar enquête sur cette microsociété gangrénée par la corruption, la drogue et la “politique des cousins”. Il étudie le théâtre classique et découvre un présent inquiétant peuplé lui aussi, si on y regarde bien, de sorcières.


Mon avis

Après le succès de son compatriote Arnaldur Indridason, c'est au tour d'Arni Thorarinsson d'être traduit en France (toujours chez Métailié noir).

Evidemment, on ne peut s'empêcher de vouloir les comparer, et à juste titre d'ailleurs, car ils ont de nombreuses caractéristiques communes.

Ces deux auteurs écrivent des romans noirs nous montrant une Islande qui contraste sérieusement avec les clichés de cartes postales. Tous les deux privilégient les descriptions à l'action. Les personnages principaux sont très similaires, entre deux âges, célibataires mal dans leur peau, et doté d'un certain sens de l'humour.

La question qui vient alors à l'esprit est la suivante : qui est le meilleur ? Personnellement, je botte en touche. Le temps de la sorcière est très bien écrit, notamment au niveau des descriptions, avec des personnages - mêmes subalternes - bien trouvés, comme la vieille dame qui s'ennuie dans sa maison de retraite. Les touches d'humour sont distillées avec talent (ah, les scènes avec la perruche !). Certains reprochent à ce livre une certaine lenteur : je ne l'ai pas ressenti. Il y a certes de nombreuses descriptions de lieux, de personnages, ... mais elles sont réussies et sont utiles au récit. On trouve quand même des rebondissements assez nombreux, et la fin est très réussie.

Par Hannibal
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Mardi 20 novembre 2007
Le mur du silence est un roman policier d'Håkan Nesser, auteur à succès en Suède mais encore méconnu dans l'hexagone. Il s'agit de la deuxième enquête du commissaire Van Veeteren que le lecteur a pu croiser dans Retour à la Grande Ombre, son premier roman paru en France.

Le livre fait partie de la sélection européenne "automne" du Prix Polar SNCF 2007.


murdusilence.jpg Résumé

L'été est très chaud et le commissaire Van Veeteren, épuisé, se réjouit de partir bientôt en Crète lorsqu'un jeune inspecteur de la ville voisine dépassé par les événements sollicite son aide. Deux appels anonymes lui ont signalé la disparition d'une adolescente séjournant dans un camp de vacances. Bientôt, un premier cadavre est retrouvé dans la forêt. En fait de camp de vacances, Van Veeteren découvre plutôt une secte rigide, La Vie Pure, dirigée par un maître qui a tout pouvoir sur ses adeptes. Van Veeteren avance à tâtons dans un monde de silence avec pour seul guide son intuition. Le sinistre gourou de la communauté a le profil du parfait assassin, mais si la vérité était ailleurs ?

Mon avis

On peut d'emblée reprocher à Nesser de n'avoir pas fait très original en s'attaquant à ce sujet éculé qu'est la secte. Il en fait pourtant le coeur de l'intrigue, mais aussi un sujet de réflexion sérieuse, avec la question sur la limite entre tolérance et intolérance par exemple.
Le personnage de l'inspecteur vieillissant voulant prendre des distances avec son boulot à l'approche de la retraite est décrit intelligemment.
Le suspense n'est pas à couper le souffle, néanmoins ce polar suédois se lit très bien.
Par Hannibal
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Lundi 30 juillet 2007
La Voix de l'auteur islandais Arnaldur Indridason est le 3e roman mettant en scène l'inspecteur Erlendur Sveinsson.

voix.jpg Résumé

Le Père Noël a été assassiné juste avant le goûter d’enfants organisé par l’hôtel de luxe envahi de touristes, alors s’il vous plaît, commissaire, pas de vagues. C’est mal connaître le commissaire Erlendur. Déprimé par les interminables fêtes de fin d’année, il s’installe à l’hôtel et mène son enquête à sa manière rude et chaotique. Les visites de sa fille, toujours tentée par la drogue, ses mauvaises fréquentations, permettent au commissaire de progresser dans sa connaissance de la prostitution de luxe, et surtout il y a cette jolie laborantine tellement troublante qu’Erlendur lui raconte ses secrets.

Mon avis

Arnaldur Indridason est toujours au sommet de son art dans ce troisième roman dans lequel j'ai retrouvé Erlendur, Sigurdur Oli, Ellinborg et Eva Lind avec grand plaisir. J'apprécie tout chez Indridason : ses personnages, si réels et attachants, son style, ses traits d'humour, son art de distiller les indices et de nous aiguiller sur de fausses pistes tout au long de ses romans.
Je ne peux que vous conseiller cet auteur, mon coup de coeur 2007, qui deviendra peut-être un référence de l'histoire du polar, qui sait ?

ATTENTION 

Bien que les enquêtes d'Erlendur ne soient pas liées entres elles, je vous conseille très fortement de lire les romans d'Indridason dans l'orde sans quoi vous découvririez des éléments importants de la vie des personnages. L'ordre est donc le suivant : La cité des jarres, La femme en vert, La Voix.
Par Hannibal
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