Présentation

Je lis


Serial Kronik

Le réseau Serial Kronik fédère des chroniqueurs indépendants désireux d'informer avec passion mais objectivité sur le roman noir et le polar.

Les Serials Kronikeurs sévissent sur les sites suivants :

Action-Suspense
Actu du noir
Bibliomanu
Calibre 47
K-Libre
Moisson noire
Noir comme polar
Pol'Art Noir
Rayon Polar

Recherche

Syndication

  • Flux RSS des articles

Littérature étrangère

Vendredi 24 juillet 2009
Julius Winsome est le premier roman de l’Irlandais Gerard Donovan à paraître en France.


Résumé

Julius Winsome vit depuis toujours dans son chalet, au cœur d’une forêt du Maine. Ce célibataire amoureux de la nature s’est entouré de quelque trois mille livres et son chien Hobbes lui tient compagnie. Un matin, Hobbes tarde à rentrer et Julius est pris d’un mauvais pressentiment. Il le retrouve mourant, touché par une balle de fusil. Incident de chasse ? Acte volontaire ? Toujours est-il que l’équilibre de la petite vie paisible de Julius est rompu. Ne comptant pas laisser ce crime impuni il ressort pour l’occasion le fusil de son grand-père, héros de la Première Guerre mondiale.


Mon avis

« Quelle tristesse de jeter cette première pelletée de terre sur sa tête, de voir cette découpure effectuée dans ce corps qui avait si souvent couru après des jouets que j’avais lancés ou frissonné sur le sol au cours de rêves dans lesquels il galopait en aboyant. La pelle entrait et sortait du faisceau lumineux tandis que la terre heurtait son ventre, son dos, pénétrait dans ses oreilles, dans ses yeux, et que je l’ensevelissais, ainsi que tout ce qui avait contribué à faire de lui ce qu’il était : ses promenades, ses moments de repos, ses repas quand il avait faim, les étoiles qu’il contemplait parfois, le jour où je l’avais amené à la maison, la première fois où il avait vu la neige, et chaque seconde de son amitié, tout ce qu’il avait emporté avec lui dans le silence et l’immobilité. J’ai jeté sur mon ami le monde entier à coups de pelle et en ai ressenti le poids, comme si j’étais étendu à ses côtés dans ces ténèbres. »

Comme on pourrait s’en douter d’après le titre, ce roman repose sur les épaules d’un seul personnage, mais lequel ! Gerard Donovan ayant choisi d’utiliser la première personne, on suit de l’intérieur le parcours de Julius Winsome pour démasquer l’assassin de son chien. Difficile de ne pas partager dans un premier temps sa grande douleur, son incompréhension, puis de ne pas sentir sourdre en nous une envie de justice. L'auteur fait merveilleusement passer les émotions de son personnage, et sans jamais chercher à expliquer, raconte, tout simplement.

« Novembre arrive dans le Maine du Nord porté par un vent cinglant qui souffle du Canada. Il traverse sans entrave la forêt clairsemée, drape de neige les berges des rivières et les flancs des coteaux. Le lieu est solitaire, non seulement en automne et en hiver, mais d’un bout de l’année à l’autre. Le temps est gris et rude, les espaces sont vastes et désolés, et le vent du nord balaie tout sans pitié, vous arrachant même parfois certaines syllabes de la bouche. »

A ce superbe travail sur le personnage principal et sa quête de vérité s’ajoutent de belles trouvailles, comme ces néologismes de Shakespeare que Julius retrouve, des années après les avoir appris avec son père. Et puis Donovan a beau être Irlandais, il décrit l’hiver et les forêts du Maine magnifiquement, d’une écriture que ne renieraient pas les plus grands auteurs américains du nature writing.

« La nuit m'a durci comme un bâton et m'a brandi contre le monde. J'étais un bâton menaçant l'univers. J'ai regardé ma main qui agrippait la crosse. J'étais le fusil. J'étais la balle, la cible, la signification d'un mot qui se dresse tout seul. Voilà le sens du mot "vengeance", même lorsqu'on le couche sur le papier. »

Roman noir ? Roman psychologique ? Au final, peu importe le nom qu’on lui donnera. Toujours est-il Gerard Donovan signe avec Julius Winsome un roman fort, qui marquera durablement l’esprit du lecteur. Nul doute que je guetterai avec attention les prochaines parutions de cet auteur talentueux.
A découvrir cet été !



Julius Winsome (Julius Winsome, 2006) de Gerard Donovan, Seuil (2009). Traduit de l’anglais (Irlande) par Georges-Michel Sarotte (244 pages).
Par Hannibal
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Samedi 1 novembre 2008

La voleuse de livres (ou The Book Thief, en VO) est un roman très original du jeune auteur (né en 1975) Marcus Zusak, Australien enseignant l'Anglais à Sidney.

Il a été unanimement salué par la critique tant en France que dans les pays anglo-saxons et a remporté de nombreux prix.



Résumé


Un roman où il est question : d'une fillette, de mots, d'un accordéoniste, de fanatiques, d'un boxeur juif, d'un certain nombre de vols...

C'est la Mort elle-même qui raconte cette histoire. Dotée d'un humour noir, sarcastique, mais compatissant, elle est témoin de la folie des hommes. Tout semble perdu d'avance, sauf quand se distinguent des enfants rebelles et des Allemands qui n'obéissent pas aux règles...
Quand la mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l'écouter !


Mon avis


Certaines personnes ayant déjà lu ou entendu parler de ce magnifique roman vont peut-être se demander pourquoi il ne se trouve pas en littérature jeunesse.
J’ai un moment hésité, il est vrai, quant à l’emplacement de ce roman par rapport aux différentes catégories de mon blog.
J’ai finalement opté de ne pas le mettre avec les romans pour la jeunesse et ce principalement pour deux raisons.
     1) Il existe plusieurs éditions de ce livre en France. Une édition clairement « jeunesse » certes, mais également une édition plus « adulte », comme c’est maintenant le cas de temps en temps (je pense à l’excellent Bizarre incident du chien pendant la nuit de Mark Haddon ou encore à la fameuse saga du Clan des Otori de Lian Hearn).
     2) Certains lecteurs – peut-être certains de mes visiteurs se reconnaîtront là – vont encore à reculons (ou pire, n’y vont pas du tout) vers certains romans dès lors qu’ils sont catalogués « jeunesse » et ce pour de nombreuses raisons sur lesquelles je ne vais pas m’étendre ici. Cela serait dommage de passer à côté de ce merveilleux roman parce qu’il a été écrit « pour des enfants ».

Après cette petite mise au point qui je l’espère n’a pas été trop inintéressante, parlons du principal : La voleuse de livres de Markus Zusak.

Difficile de résumer ce superbe roman, un des plus originaux que j’ai pu lire ces dernières années – d’ailleurs il n’y a qu’à voire le résumé de l’éditeur pour s’en rendre compte.

En fait il s’agit d’une grande aventure, construite autour de la vie d’une fillette allemande, Liesel Meminger, qui n’est autre que la voleuse de livres, histoire se déroulant près de Munich pendant la Seconde Guerre mondiale.
Surtout, que ceux qui n’aiment pas l’Histoire ne fuient pas, il ne s’agit absolument pas d’un énième roman historique sur cette sombre période, mais de toute autre chose.

La grande particularité du récit repose sur le choix du narrateur.
C’est la Mort elle-même qui nous raconte cette histoire (à la troisième personne), ce qui lui permet d’avoir un point de vue omniscient sur les personnages. Sur leur présent (c’est plutôt banal), mais également sur leur avenir.
Autre originalité de la narration : le texte principal est entrecoupé de petites phrases, mises en avant (en gras) pour insister sur certains points. Plutôt réticent vis-à-vis de ce procédé au départ, je me suis rendu compte à l’usage que cela permettait de changer de rythme de lecture, de faire un pause, une respiration dans le récit, ce qui est parfois bienvenu.

Amour, haine, guerre, amitié, bonheur, tristesse, … presque tous les sentiments humains sont présents dans ce roman hors normes qui tantôt nous fait sourire tantôt nous arrache une petite larme, mais qui en tous les cas ne peut laisser personne indifférent.

On y trouve également de très belles phrases, comme celle-ci, aussi vraie qu’humoristique, que prononce la Mort et que je ne peux m’empêcher de vous citer.
« Parfois, ça me tue, la façon dont les gens meurent. »

Polar mis à part, La voleuse de livres est sûrement le roman que j’ai préféré lire cette année.

Si vous étiez déjà tenté ou si je vous ai mis l’eau à la bouche, n’hésitez plus, allez-y (et repassez m’en dire deux mots) !


Par Hannibal
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 1 octobre 2008

De Niro's Game est le premier roman de Rawi Hage, mettant en scène une histoire d’amitié au Liban dans les années 1980, en pleine guerre civile. Si Rawi Hage a écrit son roman en anglais depuis le Canada où il réside aujourd’hui, il est né et a longtemps vécu à Beyrouth.
De Niro's Game a déjà reçu de nombreuses récompenses outre-atlantique et notamment le prix des libraires du Québec.


Résumé

Liban, début des années 1980. Campé dans un Beyrouth dévasté par les bombes, De Niro's Game est une odyssée chaotique, écorchée et haletante, une plongée vertigineuse au cœur de la guerre civile et de ses folies. A Beyrouth-Ouest, Bassani et Georges, deux amis d'enfance, tuent leur ennui et leur mal de vivre à coups de petits boulots minables, de maigres larcins et de soirées trop arrosées. Les jours se suivent et avec eux les alertes, les morts, les immeubles en ruine. Les filles sont inaccessibles, muselées par les traditions et les couvre-feux. Entre deux visites aux copains de lycée engagés dans la milice, les deux jeunes gens s'imaginent coulant des jours meilleurs : Bassam rêve de fuir à l'étranger, et Georges, lui, se sent de plus en plus attiré par les discours belliqueux de la milice chrétienne. Dans un ultime défi, les deux amis décident de détourner la recette de la salle de jeu où Georges travaille. Mais l'argent seul suffira-t-il à les éloigner de la guerre et à sauver leur amitié ?


Mon avis

Il est difficile, tout d’abord, de ne pas voir en Bassam – personnage principal et narrateur du roman – un reflet de l’auteur.
Si Rawi Hage n’a sûrement pas vécu toutes les aventures qu’il narre ici, il est fort probable que certains éléments soient purement autobiographiques, d’autres empruntés à des évènements dont il a entendu parler par des connaissances ou autres.

Rawi Hage excelle dans les descriptions de son pays natal. De Niro's Game est un de ces rares romans où l’auteur parvient en quelques lignes à nous faire quitter l’endroit où nous nous trouvons pour nous amener là où il veut, en l’occurrence ici dans le Beyrouth en guerre des années 1980.

Je n’ai eu aucun mal à m’identifier à Bassam, « héros » de ce livre, et pourtant garçon plutôt ordinaire, avec son petit boulot (il décharge les bateaux avec sa grue), son train-train, ses minables tentatives de drague des belles filles du coin, etc. et qui, petit à petit, par ennui et par envie de partir à l’étranger, verse dans différentes magouilles pour arriver à ses fins, avec ou sans l’aide de son ami Georges, autre personnage-clé de ce roman.

La lecture de De Niro’s Game demeure très agréable et ce malgré la présence quasi-permanente de la guerre en toile de fond. Si celle-ci occasionne inévitablement quelques scènes difficiles, ces dernières sont peu nombreuses et compensées par l’humanité des personnages.

Après la lecture de De Niro’s Game, on peut sérieusement se demander s’il s’agit-là du premier roman d’un futur grand nom de la littérature libanaise.

Par Hannibal
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 3 juillet 2008
Un acte d’amour est le dernier roman de l'écrivain écossais James Meek paru chez Métailié et salué par la critique.

Il fait partie des livres sélectionnés pour le 6e Prix des lecteurs du Télégramme.


Résumé

1919. Sibérie. Le long de la voie du Transsibérien, Jazyk occupée par une légion tchèque, attend l'offensive des rouges. La ville est dominée par une secte religieuse sous la conduite de Balashov. Arrive Samarin. Il sort de la forêt et raconte s'être évadé d'un bagne et être poursuivi par un cannibale. Anna Petrovna, une jeune veuve, s'intéresse à ce nouveau venu. Un shaman de la région est assassiné et la peur et la folie s'abattent sur la ville. Le pervers capitaine Matula rêve de fonder un royaume dans ce bout du monde glacé, nomme un tribunal pour juger Samarin et affronte Mutz, le lieutenant plein d'humanité. Dans une grange piaffe un étalon noir. Les rouges arrivent.


Mon avis

Avant de me lancer dans la lecture de ce roman j’ai été voir ce qu’on en disait à droite à gauche. Un acte d’amour fait quasiment l’unanimité.

J’ai également trouvé qu’il s’agissait d’un bon, voire très bon roman, mais je suis loin d’être d’accord avec tout ce que j’ai pu lire. Je vais par exemple partir d’une partie de la quatrième de couverture (loin d’être neutre puisque destinée à faire vendre).
« Des personnages exceptionnels d'intensité et de grandeur. » Là-dessus je suis plutôt d’accord. Un grand travail a été effectué sur les personnages et les liens qu’ils entretiennent les uns avec les autres. J’ai particulièrement aimé le personnage de Balashov et l’histoire des Anges en général (qui est inspiré par une secte ayant réellement existé).
« Et J. Meek combine avec un exceptionnel talent de conteur le charme des grands romans russes au rythme d'un thriller moderne. » James Meek a effectivement un grand talent de conteur. Je n’ai pas (encore) lu les grands romans russes et ne puis donc pas comparer. Par contre j’ai lu énormément de thrillers. Qui a écrit cette phrase ? Qu’est-ce exactement qu’un thriller moderne ? Je ne sais pas. Toujours est-il que cette personne n’a selon moi pas du lire beaucoup de thrillers, ou en tous cas pas les mêmes que moi. J’ai trouvé ce roman long à se mettre en place et très lent, mis à part à la fin (comme souvent) ou le rythme s’accélère nettement.

A noter pour les cinéphiles que ce roman sera très probablement porté à l’écran par Johnny Depp en personne.

Un acte d’amour est donc un grand roman, à l’ancienne je serai tenté de dire, mais efficace, que je conseille à ceux qui ont pas mal de temps à consacrer à la lecture.
Par Hannibal
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 14 mai 2008
Tribulations d’un précaire est le troisième roman traduit en français de Iain Levison.
Si on pouvait dire des deux premiers qu’il s’agissaient de polars, bien qu’à forte connotation sociale, celui-ci est une satyre sur la société américaine, et plus particulièrement sur la situation de l’emploi là-bas.

Tribulations d’un précaire fait partie des dix romans participant au 6e prix des lecteurs du Télégramme auquel je participe tous les ans.


Résumé

Tribulations d’un précaire est un récit écrit à la première personne. Avec un regard acéré et décalé sur le monde du travail, l’auteur relate avec un humour noir et décapant les petits boulots qu’il a été amené à exercer aux États-Unis pour survivre, après un passage dans l’armée et un diplôme de lettres. Aucune des compétences acquises ne lui servira jamais… Ni pour transporter câbles et cafés lors du tournage d’un film underground, découper des poissons dans un supermarché de luxe, remplir des cuves de fuel ou conduire un camion de déménagement... Ni pour les travaux de forçat en Alaska aux côtés de travailleurs immigrés.


Mon avis

Pas besoin d’être sorcier pour deviner que ce récit, écrit comme une fiction mais à la première personne du singulier est en vérité très largement autobiographique.

Comme son personnage principal, Iain Levison a bourlingué dans tous les Etats-Unis, vivant dans la précarité des nombreux petits boulots qu’il a pu exercer.

S’il n’y a a priori rien d’exceptionnel dans ce roman, c’est le ton de l’auteur qui en fait une bonne lecture.
Iain Levison est doté d’un sacré sens de l’humour, grinçant, ironique (appelez-ça comme vous voulez), souvent efficace.
Certaines situations désopilantes dans lesquelles se retrouvent les personnages sont décrites à la perfection et sentent le vécu.

On rigole vraiment beaucoup avec Levison, mais il n’en demeure pas moins que ses romans sont également à forte connotation sociale et politique et qu’ils ont le mérite (que l’on soit d’accord avec le narrateur ou non) de faire réfléchir sur la société américaine, l’emploi, etc.

Le tout est bien écrit et se lit très facilement. Une lecture des plus agréables.
Par Hannibal
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 26 août 2007

Animal Farm (La ferme des animaux, en français)est un classique de la littérature anglaise écrit par Eric Blair, plus connu sous le pseudonyme de George Orwell en 1945. Il mêt en scène des animaux, chassant le fermier de sa propriété pour s'autogérer. Ce conte, est lisible à plusieurs niveaux. Au premier niveau, conte agréable, assez classique. Au second niveau, Orwell nous propose une réflexion sur l'URSS à partir de la révolution de 1917.

animalfarm.jpg Résumé

Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Snowball et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement : " Tout ce qui est sur deux jambes est un ennemi. Tout ce qui est sur quatre jambes ou possède des ailes est un ami. Aucun animal ne portera de vêtements. Aucun animal ne dormira dans un lit. Aucun animal ne boira d'alcool. Aucun animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux. " Le temps passe. La pluie efface les commandements. L'âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer : " Tous les animaux sont égaux, mais (il semble que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d'autres. "

Mon avis

A la lecture de ce livre j'ai vite compris pourquoi il est devenu un classique. Cette histoire, très simple, presque enfantine, permet en fait une véritable réflexion sur les sociétés autoritaires.
Côté suspens, c'est plutôt raté. C'est très prévisible et j'avais envisagé la chute à peine rendu au quart du livre, qui est d'ailleurs très court.
J'ai profité de cette occasion pour lire un peu en anglais. A part quelques termes du vocabulaire de la ferme, la lecture en V.O. est vraiment simple. Il existe d'ailleurs une édition bilingue chez Folio.
Je pense que tout lecteur qui se respecte devrait passer par ce livre, qui est vraiment un incontournable.

Par Hannibal
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés