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Littérature française

Dimanche 27 septembre 2009 7 27 /09 /2009 22:11
Les veilleurs est le premier roman de Vincent Message, jeune auteur français de 26 ans.


Résumé

Oscar Nexus a tué trois personnes dans la rue, puis il s'est endormi sur les cadavres. Nexus est un marginal auquel son emploi de veilleur de nuit n'a donné qu'un ancrage très fragile dans la réalité. Interné dans une clinique, il est pris en charge par Joachim Traumfreund, un médecin atypique et brillant qui a participé dans sa jeunesse aux mouvements de réforme de la psychiatrie. C'est à lui et à Paulus Rilviero, un officier de police, qu'on confie le soin de tirer au clair les mobiles de Nexus et de déterminer s'il est responsable de ses actes. Afin de se consacrer à ce cas intriguant, Traumfreund transfère le criminel dans une annexe de la clinique, un bâtiment situé dans un coin de montagne que l'hiver isole peu à peu. Une fois sur place, nos deux enquêteurs découvrent que Nexus est un dormeur pathologique qui reprend nuit après nuit le fil du même Grand Rêve. Pour comprendre son crime, Traumfreund et Rilviero vont devoir s'immerger dans cet univers onirique où Nexus mène une véritable vie parallèle. Captivés par les récits du meurtrier, ils sont parfois rattrapés par le doute : comment être sûrs qu'ils n'ont pas affaire à un fabulateur ? A partir de ce fait divers, Les Veilleurs nous entraîne dans une exploration passionnante des territoires de la folie et du sommeil. Reprenant certains codes des grands thrillers hollywoodiens, l'auteur compose une fresque sur la place de l'imaginaire dans la société moderne, plus rationaliste qu'aucune autre, mais aussi fascinée par les mondes virtuels et les faces nocturnes de la réalité.


Mon avis

Lorsque chez-les-filles m'a proposé ce titre, je l'ai accepté en raison du pitch, qui m'a vraiment donné envie.
Depuis, j'ai lu quantité de critiques dithyrambiques au sujet de ce livre. Les critiques/journalistes semblent unanimes, et ce dans tout types de publications. J'ai rarement vu un tel concert de louanges pour un premier roman.
Un super pitch, des critiques excellentes : aucune raison de ne pas ouvrir ce livre avec enthousiasme, et c'est donc ce que j'ai fait.

Le tout début m'a beaucoup plu ainsi que le personnage de Nexus et son histoire.
Puis petit à petit, au fil des pages, mon intérêt s'est essouflé. L'auteur écrit, écrit, et l'histoire n'avance pas. On est tenté de sauter des pages pour voir s'il ne se passe pas quelque chose de plus intéressant plus loin. Et puis non, ça ne se fait pas. Je continue donc où j'étais arrivé. Lecteur habituellement rapide, je m'éternisais sur les pages, essayant d'en retirer la substantifique moelle, en vain. Pas effrayé par les pavés mais voyant qu'elles ne tournaient plus comme il fallait, je me suis mis à craindre ces centaines de pages qui restaient (635 pages en tout !). Aux alentours de la 150e, et malgré ma bonne volonté, je n'avançais plus, mes yeux relisant plusieurs fois la même phrase avant d'aller lorgner du côté des étagères où m'attendent nombre de lectures alléchantes. J'ai donc décidé d'arrêter là.

Bizarre, bizarre. J'en suis venu à me poser des questions. Comment puis-je ne pas apprécier un tel livre ? Suis-je normal ? Même les avis des collègues bloggeurs semblent majoritairement positifs (voir ici par exemple). En farfouillant, j'ai fini par dénicher des commentaire me rassurant quelque peu. D'autres que moi n'ont pas pu terminer ce roman qulifié de "trop bavard" (voir ici). Certains vont plus loin (je n'irai pas jusque là) allant jusq'à parler de "style pompier" et de "logorrhées insupportables" (voir le commentaire de Cugel).

Je n'exclus pas de revenir à ce roman par la suite puisqu'il n'est pas inintéressant (au contraire, j'aurai bien envie de connaître la fin) mais pour le moment je n'arrive vraiment pas à poursuivre.



Les veilleurs de Vincent Message, Seuil (2009), 635 pages.
Par Hannibal - Publié dans : Littérature française
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Jeudi 20 août 2009 4 20 /08 /2009 16:10
Paris-Brest est le cinquième roman de Tanguy Viel, paru aux Editions de minuit.


Résumé

Il est évident que la fortune pour le moins tardive de ma grand-mère a joué un rôle important dans cette histoire. Sans tout cet argent mes parents ne seraient jamais revenus s’installer dans le Finistère. Et moi-même sans doute, je n’aurais jamais quitté Brest pour habiter Paris. Mais le vrai problème est encore ailleurs, quand il a fallu revenir des années plus tard et faire le trajet dans l’autre sens, de Paris vers Brest.


Mon avis

Après L’absolue perfection du crime et Insoupçonnable, je poursuis la lecture de l’œuvre de Tanguy Viel avec son dernier roman (pour l’heure), à savoir Paris-Brest.

« Voilà la ville qu’on dit avec quelques autres la plus affreuse de France, à cause de cette reconstruction malhabile qui fait des courants d’air dans les rues, à cause d’une vocation balnéaire ratée (complètement ratée même, puisque la seule plage de la ville au fond de la rade se trouve là abandonnée, en contrebas de la quatre-voies tumultueuse qui désengorge la ville), à cause de la pluie persistante que ne savent compenser les grandes lumières du ciel, de sorte que Brest ressemble au cerveau d’un marin, détaché du monde comme une presqu’île. »

Le roman s’ouvre dès la première page sur la description de Brest, où plus précisément sur une description de Brest de quelqu’un qui connaît bien cette ville (et pour cause, puisque Viel y réside) et joue intelligemment de ses clichés.

« Mais c’est à peine si on peut appeler ça un restaurant, le Cercle Marin, plutôt une sorte de club dans lequel il faut justifier de son appartenance à la Marine pour y venir déjeuner, ce qui veut dire quand même que tout le monde ou presque peut y accéder : qui n’aurait à Brest, par alliance ou par cousinage, une relation avec un marin ? »

Le narrateur a coutume d’amener sa grand-mère au Cercle Marin, où elle finit par rencontrer Albert, un riche retraité qui lui propose rapidement le mariage, où à défaut, de devenir son héritière.

« Elle a bien entendu.
Dix-huit millions.
Elle a réfléchi longtemps. Elle a passé des nuits à se retourner dans son lit, des heures au téléphone avec sa fille, des journées à arpenter en tous sens son appartement. Elle a réfléchi d’autant plus longtemps qu’elle savait depuis le début qu’elle dirait oui. Elle n’a pas réfléchi pour savoir si elle dirait oui ou non, elle a réfléchi à comment justifier auprès d’elle même qu’elle dirait oui. »


Comme on pouvait s’en douter, l’octogénaire ne tient pas la route longtemps (sans qu’il faille y voir autre chose qu’une mort naturelle, je précise) et la grand-mère se retrouve avec la coquette somme de 18 millions (c’était encore les francs du temps où se déroule cette histoire).
A cause d’une autre histoire d’argent les parents du narrateur sont obligés de s’éloigner de Brest et décident à contre-cœur d’y laisser leur fils, à la condition expresse que celui-ci reste proche de sa grand-mère. Il occupera donc le rez-de-chaussée du nouvel appartement de la vieille dame, cent soixante mètre carrés avec vue sur la rade, comme elle se plait à le répéter.
Sur les conseils d’un ami, les parents descendent plein sud, et s’installent pour vendre des cartes postales à Palavas-les-flots. D’où ce petit passage vous permettant de goûter à l’humour de l’auteur.

« C’est même en tant qu’ami qu’il a évoqué le Languedoc-Roussillon comme la région idéale pour l’exil et comme une des régions les plus belles de France. Mais quelqu’un qui vous dit que le Languedoc-Roussillon est une des régions les plus belles de France, moi je n’appelle pas ça un ami. »

Vivre avec dix-huit millions au-dessus de sa tête, même pour un gentil garçon sans histoires, ça finit quand même par donner des idées. Alors quand on connaît un peu l'auteur, on se doute que les choses ne vont pas en rester là…

Avec ce nouveau roman, Tanguy Viel explore les relations familiales. Son personnage principal est persuadé d’être un écrivain et finit par prendre de la distance pour enfin composer ce qu’il appelle « son roman familial ». Mère, père, grand-mère, frère : par un subtil jeu d’alternance, les vies fictives et réelles de cette famille s’entrecroisent, et l’on se rend compte qu’elles sont finalement plus proches que ce qu’on pourrait penser de prime abord.
Sans avoir l’air d’y toucher, Viel est un excellent conteur d’histoires. Il écrit simple, efficace, et n’en rajoute pas, ce qui est appréciable.
Cela n’empêche pas une certaine poésie de s’installer par moments, comme ici lors des errances brestoises du personnage principal.

« Je me souviens des jours suivants dans les rues, sur les quais, debout contre le vent, sur la digue accoudé aux bastingages. Je me souviens des terrasses de café où je me suis assis, de tous les bancs dans les squares, et même de la mer, j’ai fait une promenade sur la mer, avec le bateau-promenade qui fait des ronds dans l’eau, pas loin des poissons, pas loin des sardines et aussi des méduses, de n’importe quel remous sur la surface de l’eau. Et je me tenais là, dans la houle et le vent au milieu des cargos et des navires de guerre, ce qu’il restait des cargos et des navires de guerre, de vieux porte-avions venus finir leurs jours dans le port militaire. Là-haut, dans les changements du ciel, j’ai failli croire que Dieu me voyait et ne pensait qu’à moi. »

J’aime beaucoup cet auteur, et ses histoires qui comportent toujours une dose plus ou moins importante de criminalité qui pourraient presque en faire des polars.
Et si je ne déconseille pas la lecture de Paris-Brest (bien au contraire, vous l’aurez compris), je pense que pour découvrir l’œuvre de cet auteur, mieux vaut d’abord ouvrir L’absolue perfection du crime, qui a ma préférence.



Paris-Brest de Tanguy Viel, Les Editions de Minuit (2009), 189 pages.
Par Hannibal - Publié dans : Littérature française
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Jeudi 23 avril 2009 4 23 /04 /2009 11:10
Le Montespan est le dernier roman de Jean Teulé.
Il a reçu plusieurs prix comme le Grand prix Palatine du roman historique et le prix Maison de la Presse 2008.

Résumé

En 1663, Louis-Henri de Montespan, jeune marquis désargenté, épouse la somptueuse Françoise « Athénaïs » de Rochechouart. Lorsque cette dernière accède à la charge de dame de compagnie de la reine, ses charmes ne tardent pas à éblouir le monarque – à qui nulle femme ne saurait résister. D’époux comblé, le Montespan devient alors la risée des courtisans. Désormais, et jusqu’à la fin de ses jours, il n’aura de cesse de braver l’autorité de Louis XIV et d’exiger de lui qu’il lui rende sa femme.
Lorsqu’il apprend son infortune conjugale, le marquis fait repeindre son carrosse en noir et orner le toit du véhicule d’énormes ramures de cerf. La provocation fait scandale mais ne s’arrête pas là. Le roi lui a pris sa femme, qu’à cela ne tienne : il séduira la sienne. Une fois introduit dans la chambre de la reine, seule la laideur repoussante de celle-ci le fera renoncer à ses plans. À force d’impertinences répétées, l’atypique, facétieux et très amoureux marquis échappera de justesse à une tentative d’assassinat, puis sera exilé sur ses terres jusqu’à sa mort. En ayant porté haut son indignation, y compris auprès du pape, le marquis de Montespan fut l’une des premières figures historiques à oser contester la légitimité de la monarchie absolue de droit divin. Il incarne à lui seul l’esprit révolutionnaire qui renversera un siècle plus tard l’Ancien Régime.


Mon avis

Ce livre me tentait déjà depuis un moment puisqu’on m’en avait plusieurs fois dit du bien. Je me suis finalement décidé voyant qu’il faisait partie de la sélection à lire pour décerner le Prix des lecteurs du Télégramme, auquel je participe depuis quelques années.

« Il n’a qu’un défaut : l’amour tenace »

Le Montespan est indéniablement un roman historique mais à aucun moment les aspects historiques ne passent avant l’histoire. Teulé a su ne pas tomber dans le travers assez commun de ce genre qui est d’ennuyer son lecteur à trop vouloir étaler ses connaissances historiques.
L’ensemble est très bien écrit et les descriptions sont agréables à lire. J’ai beaucoup aimé celles des rues parisiennes, avec cette populace…
Bien sûr on peut penser qu’avec une histoire telle que celle du Montespan, il était difficile de faire un mauvais roman. En effet, ce personnage peu connu du grand public, que sa femme a quitté pour le Roi – Louis XIV – à son grand désarroi, est vraiment haut en couleur.

Le grand point fort de ce roman, c’est à mes yeux l’humour dont sait faire preuve l’auteur.
Il s’amuse avec les expressions de l’époque, parfois très imagées. Certains personnages aux rôle mineur sont excellents, comme ces six apprentis du perruquier n’ayant d’yeux que pour la Montespan.
Il se moque avec talent des us de l’époque. Des courtisanes qui copient aveuglément les nouvelles modes, fussent-elles ridicules, allant jusqu’à se rougir la joue pour ressembler à la Montespan, que son mari avait giflée ! Des pratiques liées à la défécation, qui se faisait alors volontiers en public (voir la scène du théâtre) ce que l’on a du mal à imaginer aujourd’hui.
Certaines scènes sont hilarantes, comme celle où Montespan complètement saoul prend son concierge pour sa femme.

Ce dialogue entre Montespan et le duc de Mortemart, son beau-père, résume bien à la fois l’histoire de ce roman, et le ton employé par l’auteur.
« - Louis-Henry, être cocu, c’est la chance de votre vie. Ne la ratez pas, elle ne repassera pas.
-    Comment peut-on  penser que je me tairai, m’en accommoderai ?…
-    Vous êtes fou.
-    Fou de Françoise.
-    Ah, ça le reprend ! Que d’histoires parce que le roi aime à se rôtir le balai dans ma fille. »


Au final, Le Montespan est un roman à la fois sérieux du point de vue historique et extrêmement drôle. Un roman historique comme il s’en fait peu. Une vraie réussite.



Le Montespan de Jean Teulé, Julliard (2008), 352 pages.
Par Hannibal - Publié dans : Littérature française
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Dimanche 22 mars 2009 7 22 /03 /2009 00:26
Les naufragés de l’île Tromelin est le dernier livre d’Irène Frain, paru chez Michel Lafon.


Résumé

En 1761, un navire français s’échoue sur un îlot perdu de l’océan Indien. Il transporte cent soixante esclaves. Pour survivre, rescapés blancs et noirs doivent cohabiter. Un officier veut construire une chaloupe. Les marins refusent de l’aider. Les esclaves acceptent. Leur dignité force le respect des Blancs. Mais au moment du départ, on ne les embarque pas. Quinze ans plus tard, quand le bruit de ce forfait a couru tous les ports, on revient les chercher. Il ne reste que sept femmes et un enfant. À partir des archives maritimes, des fouilles archéologiques et d’un séjour sur l’île, Irène Frain raconte ce chapitre méconnu des droits de l’Homme, qui a conduit les consciences à l’abolition de l’esclavage.


Mon avis

Ne connaissant Irène Frain que de nom, et cette histoire étant basé sur des faits historiques réels – l’Histoire m’intéresse beaucoup – j’ai accepté avec curiosité de recevoir ce livre grâce à Chez-les-filles.com.

Ce livre n’est pas vraiment un roman ni tout à fait un documentaire. Peut-être pourrait-on le qualifier de documentaire romancé.
Toujours est il que ce statut peu clair m’a posé quelques problèmes tout au long de la lecture. L’équilibre entre éléments fictifs et faits avérés historiquement est précaire et semble avoir posé problème à l’auteur elle-même. J’ai trouvé pénibles ces « hypothèse la plus plausible » et autres « peut-être ». On peut s’en tenir au livre d’Histoire, et donc aux seuls faits avérés, à l’instar d’un historien, ou au contraire assumer pleinement une part de fiction, et donc écrire un roman historique. Il est bien plus délicat de rester perdu quelque part à mi-chemin entre les deux options, ce qui a parfois eu le don de m’exaspérer.

L’histoire de ce livre, vraie en très grande partie donc, est très intéressante à suivre.
Toutefois, je n’ai pas été totalement convaincu par l’écriture d’Irène Frain, surtout au niveau des descriptions. Il lui vient facilement des métaphores assez lourdes (« les paroles lui tombaient de la bouche comme d’une source ») et j’ai dégluti à chaque fois que j’ai croisé un « ultra » ou un « archi » (« l’île est ultra dure »…), mots que je trouve horriblement laids lorsqu’ils se retrouvent au sein de descriptions, parfois très réussies par ailleurs.

Outre l’histoire elle-même, c’est sans doute le travail sur les personnages qui m’a le plus intéressé, et particulièrement celui de Castellan, très intéressant dans la complexité de sa psychologie.
Dans la perspective d’un roman historique, il aurait été intéressant de s’attarder sur le ressenti des esclaves, en particulier après le départ de la prame, leur point de vue n’étant pas vraiment abordé.

Si je n’ai pas été emballé par Les naufragés de l’île Tromelin, il n’en demeure pas moins intéressant. Irène Frain a le mérite de faire connaître au grand public cette histoire passionnante qui plaira certainement aux férus d’Histoire et aux amateurs de romans historiques.



Les naufragés de l’île Tromelin, Irène Frain, Michel Lafon (2009), 371 pages.
Par Hannibal - Publié dans : Littérature française
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Lundi 16 mars 2009 1 16 /03 /2009 19:32
La traversée du Mozambique par temps calme, paru au Seuil en août 2008 est le dernier roman du jeune auteur français Patrice Pluyette.


Résumé

Le capitaine Belalcazar, archéologue à la retraite et vague descendant d'un conquistador espagnol, met les voiles une nouvelle fois vers la jungle du Pérou pour trouver l'or de la mystérieuse cité inca de Païtiti. Un beau bateau, une belle équipe, un itinéraire rigoureusement planifié: cette tentative sera la bonne. Sauf que rien ne se passe comme prévu. Les obstacles se multiplient. On n'a pas fini d'être surpris. Et l'auteur semble y prendre un malin plaisir.


Mon avis

Si vous aimez les auteurs qui ont un style bien a eux, qui n’hésitent pas à triturer la langue, à jouer avec les expressions, à utiliser des mots compliqués (surtout pour rigoler) à s’amuser avec la conjugaison (ah, l’imparfait du subjonctif) ; si vous aimez les auteurs qui ont un humour féroce, qui créent des situations totalement loufoques, complètement décalées,  parfois à la limite du surréalisme, qui s’insèrent dans le récit, prenant le lecteur à témoin et parfois de court, qui parlent à leurs personnages, qui parfois dépassent les bornes (prenant à un moment la liberté de raconter en substance ce qui se déroulera plus tard dans le roman, nous indiquant même à quel chapitre cela va se passer) ; si vous aimez les auteurs qui sous couvert d’un roman d’aventure – les clins d’œil aux maîtres du roman d’aventure sont nombreux, ne serait-ce qu’avec ces titres de chapitres chers à Jules Verne – se permettent des petites piques contre notre société, tout en s’amusant follement à transgresser les codes du genre ; si vous aimez les auteurs qui poussent leur délire jusqu’à donner à leur roman un titre que l’on pourrait qualifier d’absurde (à aucun moment du roman on n’approche du Mozambique ; il n’en est d’ailleurs pas fait mention) ; et enfin, si vous n’êtes pas allergique aux longues phrases (souvent descriptives), mais non moins superbes, s’étirant parfois sur plusieurs pages – normalement si vous êtes arrivés jusqu’ici sans trop de problèmes ce n’est pas votre cas – alors La traversée du Mozambique par temps calme est le roman qu’il vous faut.

Patrice Pluyette, dans ce roman qui aurait pu être écrit par Georges Pérec (auteur que j’admire, soit dit en passant), m’a complètement bluffé. J’ai trouvé cette lecture jouissive, me suis plongé (puis replongé) dans certains passages du roman avec un plaisir énorme, et suis finalement ressorti de cette lecture profondément enthousiasmé, avec encore un sourire au coin des lèvres.

Un texte hors-norme, énorme, où l’écriture est excellente et l’humour à nulle autre pareille, bref : un véritable coup de cœur, que je vous conseille vivement.
Si vous l’avez lu (ou quand vous l'aurez fait), n’hésitez pas à venir en discuter ici, mais surtout, parlez en autour de vous. Ce génial roman mérite vraiment de trouver son public.



La traversée du Mozambique par temps calme, Patrice Pluyette (Seuil) 316 pages.
Par Hannibal - Publié dans : Littérature française
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Mercredi 17 décembre 2008 3 17 /12 /2008 20:47
On trouve dans ce recueil de nouvelles du Franco-Italien Tonino Benacquista La boîte noire, ayant donné lieu a plusieurs adaptations (en BD avec Ferrandez, au cinéma de Richard Berry avec José Garcia et Marion Cotillard).
On y trouve aussi quatre autres nouvelles, La volière, Un temps de blues, Transfert et La pétition.

Résumé

Un homme tout juste sorti du coma qui reçoit de l'infirmière la transcription de ses secrets les plus enfouis, de son passé le plus perdu. Un jeune homme sur les traces d'un amour passé pour exaucer les dernières volontés de son oncle. Un type, un peu paumé, se souvient du temps où il savait arrêter la pluie. Un mari est prêt à tout pour rencontrer sa maîtresse malgré une femme maladivement jalouse. Un journaliste pense réaliser sa meilleure interview et conquérir la femme de sa vie en une soirée. Autant de personnages bien ordinaires, confrontés à des situations extraordinaires, et qui, de petites lâchetés en mensonges minables, se retrouvent fatalement dans une position aussi intenable que réjouissante...


Mon avis

Cela faisait un moment que la BD découlant de la nouvelle La boîte noire me faisait de l’œil, et que ce titre m’intriguait, mais je préférais lire auparavant la version originale.

Cette nouvelle a vraiment un potentiel énorme (ce qui n’a pas échappé à certains), et on en vient à regretter après sa lecture que ça ne soit justement qu’une nouvelle.
Il y avait sûrement là matière à écrire un excellent roman, ce qui ne m’aurait pas déplu.
Je me suis rapidement pris d’empathie pour cet homme qui sort d’un coma à la suite d’un accident de voiture avec de mystérieux souvenirs en provenance de son passé oublié.
Il va donc essayer d’interpréter ces phrases étranges qu’il a prononcées malgré lui, ces rêves qu’il fait sans cesse, etc. dans le but de mieux se comprendre.
Il s’agit d’une sorte de quête initiatique sur l’inconscient, sur la mémoire et l’oubli. Il en découle certains questionnements philosophiques loin d’être inintéressants sur ces mêmes thématiques.
La chute, aussi logique et imparable qu’imprévisible est particulièrement réussie. Et que dire de la dernière phrase.

Pas de mauvaises nouvelles dans ce recueil malgré leurs inégalités (en longueur comme en intensité).
Ma préférence se porte sur La volière où un homme venant de perdre son oncle va devoir pour accomplir ses dernières volontés (être inhumé près de ladite volière) mener une étrange enquête sur le passé de ce dernier, qu’il s’avère connaître assez peu finalement malgré la proximité qu'il a eu avec lui.
La pétition est également très sympa, avec certains passages désopilants, mais une chute plutôt moyenne à mon goût.

Content d’avoir découvert Benacquista avec cet excellent recueil de nouvelles, je m’attaquerai par la suite aux adaptations de La boîte noire puis éventuellement aux romans de cet auteur particulier.



La boîte noire et autres nouvelles, Tonino Benacquista, Gallimard (2002), 123 pages.
Par Hannibal - Publié dans : Littérature française
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Lundi 10 novembre 2008 1 10 /11 /2008 19:00
Le chemin des sortilèges est le dixième roman de Nathalie Rheims, publié comme les précédents par les éditions Léo Scheer.

Résumé


Un jour, il est parti. Lui qui l’avait vue naître et accompagnée depuis toujours, il s’est retiré dans la solitude. Dix ans plus tard, elle retrouve sa trace et le rejoint pour comprendre ce qui s’est passé. Dans une maison aux apparences trompeuses commence un huis clos où les cauchemars se confondent avec le réel. Les souvenirs ressurgissent à travers les contes de fées qu’une main invisible dépose chaque soir à son chevet. De l’éveil de La Belle au bois dormant au crépuscule de La Petite Marchande d’allumettes, elle franchit les étapes d’une étrange initiation qui la mène à un secret bouleversant. Aura-t-elle la force d’aller au bout de la vérité, de sa vérité ? Le Chemin des sortilèges est le dixième livre de Nathalie Rheims.


Mon avis

Ce livre vers lequel (soyons francs) je ne serai jamais allé de moi-même m’a été offert gracieusement par le site chez-les-filles.com, que je tiens d’ailleurs à remercier publiquement pour leur collaboration.

Au contraire de De Niro’s Game, reçu par le même biais et qui m’avait beaucoup plu, celui-ci ne m’a guère enthousiasmé.

J’aurai bien du mal en étant objectif de dire du mal de ce roman, qui a sûrement pas mal de qualités, littéraires notamment.
Mais d’un point de vue purement personnel, je dois dire que ce genre de roman n’est pas du tout ma tasse de thé.

J’ai lu Le chemin des sortilèges sans problème et même assez rapidement puisqu’il est bien écrit (l’écriture est fluide, pas indigeste pour un sou) et très court (moins de 200 pages).
Le problème étant que s’il ne m’a pas vraiment déplu (c’est déjà ça me direz-vous), je n’y ai trouvé quasiment aucun plaisir.

Le seul élément du roman ayant réellement attiré mon attention est le travail réalisé par Nathalie Rheims autour des contes traditionnels, qu’elle réécrit ici à sa façon dans le cadre de son histoire. C’est donc avec un certain plaisir que j’ai lu avec attention les passages concernant Barbe-Bleue ou encore La petite sirène pour ne citer que ces deux là.

Si je ne doute pas un instant que ce roman plaira à un certain public, je n’en fait apparemment pas partie.


 

Le chemin des sortilèges, Nathalie Rheims, Léo Scheer (2008), 184 pages.

Par Hannibal - Publié dans : Littérature française
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Mardi 29 juillet 2008 2 29 /07 /2008 22:11
Et après…, paru en 2004 est le second roman de Guillaume Musso, celui-là même qui l’a révélé au grand public.


Résumé

À huit ans, Nathan est entré dans le tunnel lumineux de la «mort imminente».
Plongeant dans un lac pour aider une fillette, l'enfant s'est noyé.
Arrêt cardiaque, mort clinique. Et puis, contre toute attente, de nouveau, la vie.
Vingt ans plus tard, Nathan est devenu l'un des plus brillants avocats de New York. Il a tout oublié de cet épisode traumatisant. Il a même fini par épouser la «petite fille du lac», Mallory, sa femme qu'il a passionnément aimée, puis qui l'a quitté, et qui lui manque comme au premier jour...
Mais Nathan ignore que ceux qui reviennent de l'autre côté ne sont plus tout à fait les mêmes. Aujourd'hui il connaît la réussite, la notoriété et la prospérité.
Il est temps pour lui de découvrir pourquoi il est revenu.


Mon avis

A force de voir Guillaume Musso en tête des meilleures ventes à chaque sortie de roman, j’ai voulu comprendre par moi-même ce qui provoquait ce phénomène.
Je me suis donc procuré Et après… le roman par qui son succès époustouflant est arrivé.

Objectivement il n’y a pas grand chose à reprocher à Guilllaume Musso.
Certes, il n’a pas l’écriture d’un grand de la littérature, mais son style, très simple, épuré, convient à merveille à son histoire. Là où d’autres en font parfois des tonnes dans la sophistication, l’écriture de Musso est fluide et lui permet de se concentrer sur le plus important, l’intrigue. S’il fallait faire une comparaison, je la choisirai architecturale. Musso, c’est le gothique là où d’autres seraient le baroque, et qui à trop vouloir en faire dans la beauté, écœurent (vous l'aurez compris, je n'aime pas le baroque).

Cette écriture est donc là au service de l’intrigue et du suspense. Et là, Musso fait fort. On ne peut pas vraiment dire qu’Et après… soit un polar, et pourtant au niveau du rythme, il n’a rien à envier aux grands noms du thriller.
Tout est fait pour que le lecteur tourne les pages à un rythme effréné. Nathan, le personnage principal est sympathique, et on s’attache à lui rapidement. Comme lui, on veut comprendre ce qu’on lui veut et qui est ce mystérieux Garrett Goodrich.
Et après… est également très riche au niveau des sentiments, et je n’ai pas été loin de verser une petite larme à la fin de ce roman, qui est très belle.

Une idée de départ originale et forte, et une écriture entièrement au service de l’efficacité de l’intrigue, voilà ce qui a fait le succès d’Et après… et de Guillaume Musso.
Par Hannibal - Publié dans : Littérature française
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Samedi 14 juin 2008 6 14 /06 /2008 17:53
La baie d’Alger est le huitième roman de Louis Gardel, également scénariste pour le cinéma et la télévision et lauréat du Grand Prix de l’Académie Française en 1980 pour son roman Fort Saganne.

Il fait également partie de la sélection du 6e Prix des lecteurs du Télégramme.


Résumé

Le narrateur est né en Algérie quand elle était française. Il sort de l'adolescence alors que la guerre d'indépendance commence. Un soir, davant la baie d'Alger, il est traversé par la certitude que l'univers où il a grandi est condamné à disparaître. Mais, à quinze ans, la lucidité est une vertu encombrante. Il préfère les élans de son âge. tenter de séduire les filles. Discuter avec Solal, camarade de classe et frère d'élection. S'enflammer pour Proust grâce à un éblouissant professeur qui mène, hors du lycée, de mystérieuses activités. Pêcher avec Bouarab sur la plage de Surcouf. Découvrir que les gens ne sont jamais ce qu'on croit qu'ils sont. Cependant, la violence des événements s'accélère. Comment résister? Dans cet apprentissage, Zoé, sa grand-mère, l'accompagne. Généreuse, elle reste aussi proche du président Steiger, le meneur des colons, que du garçon arabe avec qui elle partage son café du matin. Elle avance, avec sa force de vie, sans gémir sur le paradis perdu.


Mon avis

Ce roman à l’intrigue gentillette n’a rien d’un chef-d’œuvre de la littérature, mais demeure très agréable à la lecture. L’auteur, qui n’en est pas à son coup d’essai, a une belle plume et un bon sens du rythme. Je veux dire par là qu’il sait alterner des phases plutôt lentes à quelques rebondissements bien sentis.

La période de la Guerre d’Algérie et l’une de celles que je préfère en histoire contemporaine, bien que je sois loin d’en être un spécialiste. C’est en partie pourquoi je n’ai pas eu l’impression de perdre mon temps en lisant ce roman.
Louis Gardel est né en Algérie et bien des éléments de ce livre sentent le vécu. La baie d’Alger nous permet de passer un bon moment de lecture tout en découvrant quelques éléments sur le quotidien des pieds-noirs pendant cette période trouble que fut la Guerre d’Algérie.

Au final La baie d’Alger est un roman sympathique et bien écrit, mais qui a peu de chances de rester dans les mémoires.
Par Hannibal - Publié dans : Littérature française
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Vendredi 16 mai 2008 5 16 /05 /2008 00:10
Ton silence est un baiser est le troisième roman de Denis Labayle.

Il fait également partie de la sélection de livres du 6e Prix des Lecteurs du Télégramme.


Résumé

"En repliant le journal, je songe à cette cynique évidence: le monde se meurt, et moi je revis. Sans cette épidémie qui sidère les hommes et occupe tes premières pages des journaux, je ne serais pas dans cet avion en partance pour Boston avec l'espoir de retrouver Maud.". Après un an de séparation, Franck et Maud, tous deux chercheurs, se retrouvent à l'occasion d'un congrès réunissant les plus grands spécialistes du monde pour découvrir un remède au mal qui ravage la planète. Déchirés entre l'avenir de l'humanité et Leur propre destinée, Les amants vont devoir affronter les exigences de la crise, la tyrannie du sort et la violence des hommes. D'autant que Maud s'oppose à un puissant Lobby pharmaceutique peu disposé à faire passer Le bien commun avant ses propres intérêts. De cette tragédie mondiale, Denis Labayle parvient à faire surgir des moments de bonheur radieux. Comme dans un chant, les voix des deux amants alternent, s'enlacent et se répondent. Engagé, intense et lyrique, ce roman est une ode à la liberté, et davantage à l'amour, seul idéal à tenir encore ses promesses.


Mon avis

Ton silence est un baiser
n’est pas intrinsèquement un mauvais roman. C’est juste que ce n’est pas du tout mon type de lecture.
Je savais à quoi m’attendre dès le titre. Il s’agit d’un roman d’amour, sur fond de crise planétaire.

Les histoires d’amour n’étant pas ma tasse de thé, j’ai plus accroché à la partie catastrophe et anticipation de cet ouvrage, et encore.
De ce côté-là, il y a quelques bonnes idées. Le monde est touché par une pandémie d’une envergure exceptionnelle et certaines scènes rappellent les grands films catastrophes. J’ai bien aimé les quelques éléments de science-fiction apportés par l’auteur, avec par exemple les tickets de rationnement pour le carburant qu'essaie d'obtenir Franck, le personnage principal.

La toute fin rehausse un peu le niveau de ce roman que j’ai trouvé vraiment moyen, et que je ne saurai conseiller qu’aux amateurs d’histoires à l’eau de rose et aux fans de Denis Labayle.

Par Hannibal - Publié dans : Littérature française
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