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Bande dessinée

Mardi 4 août 2009
De retour de vacances avec quelques billets en perspective à venir dès maintenant et dans les jours prochains.

Aya de Yopougon est une série de bande dessinée (quatre volumes pour l’heure) de Marguerite Abouet (scénario) et Clément Oubrerie (dessin).
Le premier tome a reçu le Prix du premier album à Angoulême en 2006.
















Mon avis


Ces couvertures me faisaient de l’œil depuis un moment à la bibliothèque mais je n’avais encore jamais franchi le cap de les soulever.
Voilà désormais chose faite.

Yopougon, quartier populaire d’Abidjan, Côte d’Ivoire. Le premier volume débute en 1978, Aya a 19 ans. Elle est entourée de ses deux meilleures amies, Bintou et Adjoua.
Ces trois jeunes gos (ou filles si vous préférez) vivent leur vie et vont s’amuser quand l’occasion se présentent cherchant pourquoi pas un mlin mlin, c’est-à-dire quelqu’un qui enjaille (un mec attirant quoi !). Soirées à l’hôtel aux milles étoiles (en plein air), avant ou après avoir été décaler (danser, mais pas comme nous !) en soirée (sur du Alpha Blondie ou autre). Des filles qui remue leur tassaba, des garçons qui n’y vont pas par quatre chemins : le moins qu’on puisse dire c’est que la drague ivoirienne, c’est quand même autre chose que chez nous.
Chez les gars, c’est la même chose, on cherche aussi. Et si les gazelles ne manquent pas, difficile de trouver la bonne.

-    « Je veux dire que je cherche la femme parfaite.
-    Ah celle-là ! Effectivement elle n’est pas faite encore… Tu vas la chercher longtemps, dêh !
-    Je vais trouver ô. Dans la vie, là, chaque cul a son caleçon. »


On découvrira petit à petit autour de ces trois jeunes filles de nombreux personnages et leurs histoires vont rapidement devenir abramalaires (comprenez bien compliquées). Trahisons, rebondissements, … un vrai feuilleton mais version africaine avec l’humour et le dépaysement en plus, et notamment ces expressions on ne peut plus imagées.

-    « Tu fais toute cette histoire parce que ton vieux a un deuxième bureau ? […] Ma pauvre, tu sais, l’homme c’est comme un lit d’hôpital ô, il peut recevoir plusieurs malades. »


ou encore

-    « Moussa, les fesses ont beau grossir, elles n’étouffent pas l’anus. »
(un peu plus compliquée à comprendre celle-là, je vous laisser chercher, pour la réponse, c’est dans le tome 3)

Basée essentiellement sur les rapports hommes/femmes, mais allant bien au-delà, cette série est l’occasion de voyager, de découvrir l’Afrique de l’ouest à travers ses coutumes, sa vie quotidienne…
Ici, le patron de la Solibra (bière locale) avoue à sa femme son inquiétude concernant les ventes, en raison de la concurrence déloyale du koutoukou (alcool à base de vin de palme souvent fait maison et affichant fièrement un bon 70°), moins cher et bien connu pour tuer les microbes ! L’occasion de s’amuser un peu du rapport de certains africains avec la religion.

-    « Bonaventure, tu es soucieux. Y a quoi ?
-    Simone, la situation de la Solibra m’inquiète, là.
-    A ce point ?
-    Oui. Si ça continue, je serai obligé de licencier quelques employés.
-    Oh les pauvres, mais si c’est la volonté de Dieu, alors fais-le.
-    Simone, Dieu n’a rien à faire ici. Le problème c’est que les Ivoiriens apprécient de plus en plus le koutoukou.
-    Je vais alors prier pour qu’ils boivent plus de bière !
-    Tu crois qu’il t’écoutera ? Ca ne fait pas partie des dix commandements, ça.
-    Mais chéri, il peut comprendre, il est  bon ô. »


On s’attache rapidement aux personnages, même secondaires. Moussa, le galérien (comprenez un gros fainéant) est très drôle, tout comme Hervé, le cousin de Bintou qui en pince pour Aya.
L’élection de Miss Yopougon (volume 3) prête également à sourire, car elle attise encore davantage les rivalités entre les plus jolies ivoiriennes.
Les dessins de Clément Oubrerie sont réussis, vraiment adaptés au propos, très colorés, agréables à l’œil et surtout complémentaire d'un scénario efficace.
Marguerite Abouet (elle a quitté Yopougon et la Côte d’Ivoire pour la France à l’âge 12 ans) a bien connu ce dont elle parle et nous le donne à voir avec talent. Le scénario est excellent. Beaucoup d’humour, des situations rocambolesques qui se retournent régulièrement, et à la fin de chaque tome un rebondissement de taille.

Et après ces fameux twists finaux, retrouvez dans chaque tome les bonus ivoiriens, très sympa également. L’indispensable lexique bien sûr, mais aussi des astuces vestimentaires, des recettes locales et des explications complémentaires sur certains points (l’accouchement par exemple).

Une fois n’est pas coutume, je conclue cet article à l’ivoirienne.
Dêh ! Toi même tu sais là qu’il faut lire ces BD ô !

Pour information, il semblerait que le cinquième volume soit prévu pour l'automne prochain (début novembre vraisemblablement).



Aya de Yopougon, de  Marguerite Abouet (scénario) & Clément Oubrerie (dessin), Gallimard (à partir de 2005).
Par Hannibal
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Lundi 27 juillet 2009
Magasin général est un série de bande dessinée sur le Québec rural des années 1920 fruit de la collaboration de Régis Loisel et Jean-Louis Tripp, deux auteurs bien connus des accros de la bulle.
Particularité à noter concernant ce projet, les deux auteurs ont œuvré conjointement aussi bien au dessin qu’au scénario.
La série, qui compte 4 tomes à ce jour se conclura probablement lors du 6e.



Mon avis

Lé départ de cette série est pour le moins original. Le narrateur qui nous expose la situation n’est autre que Félix Duchêne, propriétaire du fameux Magasin général.
Et alors, où est l’originalité me direz-vous ? Et bien ce brave monsieur est mort et c’est lui qui, depuis l’au-delà (ou on ne sait trop où), va nous faire découvrir sa femme, Marie, personnage principal de cette série.

Marie est donc un jeune veuve, qui se demande si elle va pouvoir continuer à tenir seule le magasin général. Le magasin général, c’est la seule boutique de Notre- Dame des lacs, un petit village perdu dans les somptueux paysages du Québec. C’est un point central du bourg, où tout le monde passe faire ses emplettes et/ou taper la conversation, faire circuler les ragots…
Rapidement, autour de Marie, nous allons faire la connaissance des habitants du village (assez peu nombreux finalement). Les auteurs ont d’ailleurs eu la bonne idée de présenter en début et fin de chaque tome un plan du village avec les maisons des uns et des autres pour qu’on s’y retrouve bien.
Les personnages apportent tous quelque chose et on en vient à les aimer comme ils sont, que ce soit Gaëtan l’idiot du village, les trois vieilles grenouilles de bénitier faiseuses de morale et tous les autres.
Le personnage de Serge est également très intéressant, notamment dans sa relation avec Marie et les auteurs nous intriguent, en distillant au compte-goutte les informations à son sujet.



Le dessin et le scénario m’on plu, mais il est vrai qu’il est difficile d’être déçu par ces valeurs sûres de la BD (Peter Pan, La Quête de l’oiseau du temps…).
Les coloristes étant trop souvent oubliés, je tiens à saluer le magnifique travail de François Lapierre, qui a su nous retransmettre avec talent les si jolis tons des paysages québécois.
Saluons aussi le travail sur les dialogues, vraiment excellents réalisé par les auteurs en collaboration avec Jimmy Beaulieu. L’objectif de nous faire goûter au parler québécois tout en restant compréhensible est parfaitement atteint. Expressions du cru, jurons fameux, tout y est, on entendrait presque l’accent.

Il ne se passe pas vraiment grand-chose d’extraordinaire à Notre-Dame des lacs, mais la vie suit son cours et des éléments nouveaux interviennent régulièrement conférant tout de même un certain suspense (le mot n’est peut être pas très adapté) à cette série très agréable à la lecture.
Les choses s’accélèrent davantage à partir du troisième tome et il est difficile de se résigner à abandonner Marie et les autres à la fin du quatrième… en attendant de les retrouver dans les suivants.
On n'aura pas trop à patienter puisque le 5e opus est d’ailleurs programmé pour début novembre.

Une très belle série de bande dessinée, bien loin des supposés clichés du genre qui éloignent encore malheureusement certains des richesses du 9e art.
Pour goûter à cette série, quelques planches sont visibles sur le site bédéthèque (très complet). Le site officiel de Loisel vaut également le détour.

Coudonc, si après ça vous n’avez pas envie de découvrir cette BD, je ne peux plus rien faire pour vous.



Magasin Général, Marie, Volume 1, de Régis Loisel, Jean-Louis Tripp et François Lapierre, Casterman, 2005.
Magasin Général, Serge, Volume 2, de Régis Loisel, Jean-Louis Tripp et François Lapierre, Casterman, 2006.
Magasin Général, Les hommes, Volume 3, de Régis Loisel, Jean-Louis Tripp et François Lapierre, Casterman, 2007.
Magasin Général, Confessions, Volume 4, de Régis Loisel, Jean-Louis Tripp et François Lapierre, Casterman, 2008.
Par Hannibal
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Lundi 6 juillet 2009
La résistance du sanglier est une bande dessinée de Stéphane Levallois publiée par Futuropolis.


Résumé

Stéphane et sa sœur passent leur vacances chez leur grand-mère maternelle dans le Loir-et-Cher. Une nuit, Stéphane rêve de ce grand-père qu’il n’a jamais connu, l’imaginant dans ses songes sous la forme d’un sanglier. Grâce à une médaille, il s’imagine ce qu’a pu vivre son grand-père pendant la Seconde Guerre mondiale.


Mon avis

Je découvrais l’œuvre de Stéphane Levallois avec cette bande dessinée au titre fort mystérieux (c’est d’ailleurs pourquoi j’ai choisi de la lire).

Le dessin en noir et blanc – vraisemblablement réalisé à l’encre de chine – est réussi et sert bien le propos de l’auteur.
S’il y a finalement très peu de texte lorsqu’on y réfléchit, les dessins parlent d’eux mêmes, nous racontant cette histoire.

Cette histoire, c’est une histoire de famille dont le grand-père de Stéphane est le centre. Grand-père que le jeune enfant s’imagine sous l’apparence d’un sanglier, ce qui m’a surpris à peine quelques cases, avant que je trouve cela normal.
Dans sa vision fantasmée du passé de son grand-père, le petit Stéphane s’imagine ce qu’a été la vie de ce dernier lors de la Seconde Guerre mondiale. Grand homme (ou grand sanglier, c'est selon) que ce personnage qui n’a pas hésité à donner de sa personne pour aider à en finir avec l’occupation allemande.

Stéphane Levallois signe avec La résistance du sanglier une belle bande dessinée et nous conte à sa manière la Seconde Guerre mondiale, rendant hommage aux résistants.



La résistance du sanglier de Stéphane Levallois, Futuropolis (2008), 118 pages.
Par Hannibal
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Mercredi 25 février 2009
Quand j’étais star est une bande dessinée humoristique de Marc Villard et Jean-Philippe Peyraud.


Résumé

Comment se débarrasser de Tatie en s'amusant ? Quelle est la longueur du " pénis gaulois " ? Quelle épitaphe mettra-t-on sur sa tombe ? Telles sont les questions existentielles qui taraudent le narrateur, écrivain torturé, cadre dans une entreprise de luxe et père de famille. C'est dans les nouvelles autobiographiques de Marc Villard, J'aurais voulu être un type bien (Trophée 813 de la nouvelle), Un jour je serai latin lover, Bonjour je suis ton nouvel ami, Elles sont folles de mon corps et Souffrir à Saint-Germain-des-Prés, toutes publiées aux éditions de l'Atalante, que Jean-Philippe et Marc ont puisé cette vingtaine de récits à l'humour décapant, mis en scène avec brio.


Mon avis

Si quelqu’un pratique l’autodérision avec grand talent, c’est bien Marc Villard dans ce recueil contenant deux douzaines de petites histoires dessinées.

Il se met lui-même en scène, avec l’aide du dessin de Peyraud – qui s’y prête bien – dans toutes sortes de situations et ce aux différents âges de sa vie.
Les auteurs nous offrent un florilège de tranches de vie vécues par Villard. Celles-ci sont tantôt ridicules, cocasses, voire même coquines, mais toujours très drôles.

Une bande dessinée idéale pour faire travailler ses zygomatiques sans se prendre la tête.



Quand j’étais star, Marc Villard (scénario) & Jean-Philippe Peyraud (dessin), Casterman (2008), 232 pages.
Par Hannibal
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Mardi 17 février 2009
Coupures irlandaises est une bande dessinée de Kris (récit) et Vincent Bailly (dessin et couleur) parue chez Futuropolis.


Résumé

À l’occasion d’un voyage linguistique à Belfast, deux jeunes bretons, Nicolas et Chris, découvrent la dure réalité du conflit Nord Irlandais.
Le voyage est long pour les apprentis polyglottes et l’arrivée en Ulster les surprend : pluie, grisaille, douaniers nerveux, pluie, militaires, barrages, pluie…
Autre déconvenue : nos deux amis n’habiteront pas sous le même toit, Nicolas restera dans une famille ouvrière catholique alors que Chris doit se rendre chez une famille catholique nettement plus aisée. Chris sent peu d’affinités avec eux. Trop gentils pour être honnêtes.
Mais pour les deux jeunes gens, la découverte de l’Irlande passera également par la découverte des filles…


Mon avis

Je ne partais pas dans l’inconnu en choisissant cette BD puisque j’avais beaucoup aimé Un homme est mort de Kris, avec le grand Davodeau. De plus le sujet du livre, le conflit irlandais, m’intéresse assez.

On s’attache rapidement à Nicolas et Christophe, ces deux adolescents bretons de quatorze ans qui se préparent à partir en séjour linguistique pour la durée des grandes vacances.
Seulement pour l’époque – on est à l’été 1987 – la destination choisie est pour la moins originale puisque les deux complices vont parfaire leur anglais, en Ulster, à Belfast plus exactement, où le moins qu’on puisse dire est qu’il ne règne pas une paix totale.
Cela n’empêche en rien les deux amis de partir confiants puis même de prendre du bon temps sur place, même si la vie n’est pas rose tous les jours, et même dramatique parfois.

Aborder en bande dessinée le conflit nord-irlandais du point de vue d’adolescents, étrangers qui plus est, s’avère une réussite, leur insouciance et leurs préoccupations d’ados (ah, les belles Irlandaises !) contrastant terriblement avec la gravité de la situation.

A la bande dessinée elle-même vient se greffer en fin d’ouvrage un très intéressant dossier dans lequel on peut lire le témoignage de Kris sur son voyage en Irlande du Nord. Pour ceux qui n’avaient pas deviné, oui, le Christophe de la BD, c’est lui, et l’histoire se base sur un fond de vérité même si certains éléments sont fictionnels.
Dans le dossier également, un cours d’histoire du conflit nord-irlandais pour les nuls, divers témoignages d’Irlandais où de Français ayant vécu ce conflit et l’article d’un spécialiste de la question quant à l’actuelle « sortie du conflit ».

Coupures irlandaises est une bien belle bande dessinée, que l’on peut sans risque qualifier d’intelligente, ce qui n’empêche en rien de prendre du plaisir à sa lecture.



Coupures irlandaises, Kris (texte) & Vincent Bailly (dessin et couleur), Futuropolis (2008), 80 pages.
Par Hannibal
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Dimanche 25 janvier 2009
Green Manor est une série de trois bandes dessinées policières avec Denis Bodart au dessin et Fabien Vehlmann au scénario.















Résumé


Une tasse de thé ? Un nuage de lait ? Un soupçon de poison ? À première vue, rien ne semble différencier le très sélect club de Green Manor d'autres clubs anglais. Pourtant, derrière ses murs épais, au creux de ses profonds fauteuils, se cache le plus grand ramassis d'escrocs, de bandits et de meurtriers que la reine Victoria n'ait jamais connu.


Mon avis


Concernant la forme, Green Manor est à la bande dessinée ce qu’un recueil de nouvelles est au roman. Il s’agirait donc de « nouvelles dessinées », si je peux me permettre ce néologisme.

En effet, on trouve dans chacun des trois tomes, de cinq à sept histoires distinctes.
Si celles-ci nous présentent à chaque fois une nouvelle intrigue et de nouveaux personnages, elles ont ceci en commun qu’elles traitent toutes du même sujet : le crime sous toutes ses formes, et se déroulent dans le même cadre spatio-temporel : Londres dans le dernier quart du XIXe siècle.

J’ai trouvé les dessins réussis, et surtout, très adaptés aux histoires racontées. Aliénistes, gentlemen avec leur chapeau haut-de-forme, voitures hippomobiles, etc. : le Londres de la fin XIXe est graphiquement bien rendu et on s’attendrait presque à croiser un Jack l’Eventreur ou un Mr Hyde au détour d’une sombre ruelle.

Cependant, l’intérêt majeur de Green Manor réside selon moi dans la qualité scénaristique de ces différentes histoires et plus particulièrement dans la puissance de leur dénouement.
Si quelques une de ces fins sont plutôt moyennes, la majorité d’entre elles sont très bonnes, et certaines véritablement exceptionnelles, Fabien Vehlmann maîtrisant à la perfection l’art de la chute (celle qui tue et laisse sur les fesses).
Parmi les toutes meilleures histoires figurent Duel au sommet, Modus Operandi, et plus encore Nuit Vaudou et Post-Scriptum, véritables bijoux du genre.

Si vous aimez la bande dessinée, les intrigues policières et les dénouements inattendus, n’hésitez plus : Green Manor est fait pour vous.



Green Manor (tome 1) : Assassins et gentlemen, Denis Bodart (dessin) et Fabien Vehlmann (scénario), Dupuis (2005), 56 pages.
Green Manor (tome 2) : De l’inconvénient d’être mort, Denis Bodart (dessin) et Fabien Vehlmann (scénario), Dupuis (2005), 48 pages.
Green Manor (tome 3) : Fantaisies meurtrières, Denis Bodart (dessin) et Fabien Vehlmann (scénario), Dupuis (2005), 48 pages.
Par Hannibal
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Dimanche 21 décembre 2008
La boîte noire est une nouvelle de Tonino Benacquista, dont je vous ai parlé ici-même il y a peu.
C’est également une bande dessinée, fruit de la collaboration de Benacquista et Ferrandez, qui avaient déjà collaboré sur l’Outremangeur, adapté sur écran (avec Cantona dans le « gros » rôle) tout comme La boîte noire.


Résumé

On ne se méfie jamais assez des infirmières. C'est ce qu'aurait dû se dire Laurent Aubier tandis qu'il retrouvait les couleurs de la vie dans sa chambre de clinique, après son accident de voiture. Mais c'était trop tard. Parce qu'il avait déjà tout raconté, sans s'en rendre compte. Alors qu'il était plongé dans un coma vigile, il a déballé tout son passé enfoui, exhumé de sa mémoire les replis secrets de son existence. Janine, elle, a tout noté. Et le jour où il quitte la clinique, elle lui remet un petit carnet en lui expliquant qu'il constitue "une chance fabuleuse : une antenne directe sur la boîte noire", c'est-à-dire sur l'inconscient. Et Laurent va se lancer à la recherche de cette part inconnue de lui-même. Quitte à bousculer pas mal d'idées reçues. Et à déranger la tranquillité de quelques personnes - à commencer par la sienne...


Mon avis


Je ne reviendrai pas ici sur l’histoire de La boîte noire, qui est très bonne et dont j’ai déjà parlé dans mon article concernant le recueil de nouvelles éponyme.

L’adaptation est extrêmement fidèle, tout particulièrement dans les dialogues, conservés à l’identique.
Cependant il existe une différence assez importante. Si la fin de la nouvelle est  bien présente dans la BD, l’histoire continue encore pendant quelques pages, qui n’apportent selon moi rien de plus à l’efficacité de la fin, bien au contraire.

Le dessin de Jacques Ferrandez est un peu spécial mais ne m’a nullement dérangé, sauf peut-être (et encore) dans certaines cases délirantes représentant les rêves et cauchemars du personnage principal, où l’ensemble apparaît fouillis, surréaliste (normal me direz-vous puisqu’il s’agit de représenter le monde onirique).
Chose amusante, le duo d’auteurs se permet dans une case un clin d’œil à L’Outremangeur. A vous de le débusquer.

Au final, La boîte noire dessinée par Ferrandez est une bande dessinée fidèle à l’œuvre d’origine de Benacquista et plutôt réussie.



La boîte noire de Jacques Ferrandez (dessin) et Tonino Benacquista (scénario),Gallimard / Futuropolis (2000), 59 pages.
Par Hannibal
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Samedi 20 décembre 2008
Il s'agit ici de parler du coffret Oscar Peterson que nous propose les Editions Nocturne dans sa collection BD Jazz.
Comme son nom l'indique, il s'agit de l'alliance de deux CD du pianiste de jazz canadien Oscar Peterson et d'une bande dessinée, oeuvre de Grégory Elbaz, dessinateur fondu de jazz.


Mon avis

Cet objet particulier, CD et bande dessinée, musique et littérature, est l'occasion pour moi de parler ici de musique, chose que je ne me suis pas encore décidé à faire lorsqu'il s'agit de supports purement musicaux.

Tout d'abord, la musique.
Deux CD du grand pianiste de jazz Oscar Peterson (1925-2007), musicien que je ne me lasse pas d'écouter.
Que dire ? C'est selon moi du grand jazz, mais on n'aime ou on n'aime pas, ce que je comprends bien.
En effet je n'ai pas été mélomane dans mes plus jeunes années, et ne suis pas musicien du tout, mais j'essaie depuis quelques années de rattraper ce retard, et je dois dire que je commence à prendre goût à la musique, et ces derniers temps au jazz plus particulièrement, genre qu'on aurait eu du mal à me faire écouter il y a encore quelques années.
Sur ces deux CD, 28 titres, tous enregistrés dans les années 50, ce qui permet à l'éditeur de nous les proposer à un prix abordable (en effet les droits d'auteurs sur la musique tombent cinquante ans après le premier enregistrement de l'oeuvre).

Côté BD, je dois concéder que je n'ai pas pris autant de plaisir.
Premièrement c'est très court (le temps d'écouter les deux premières pistes en l'occurence).
Je n'ai pas vraiment accroché au "langage graphique" de l'auteur, entre la peinture et le dessin, plus dans des teintes de gris que véritablement en noir et blanc.
Pour le scénario, il s'agit ici d'illustrer un moment de la vie du musicien. En l'occurence un concert qu'il donne (à Tokyo si mes souvenirs sont bons) et où il casse son tabouret, puis un second et décide finalement de jouer du piano debout, ce qui est peut-être un détail pour vous, mais pas pour cette bande dessinée.

Cet article est également l'occasion de donner un coup de projecteur aux Editions Nocturnes et à leur excellente idée que cette collection BD Jazz, comptant aujourd'hui de nombreux titres réunissant les plus grande figures du jazz.



Oscar Peterson, Grégory Delbaz, Editions Nocturne (2003).
Par Hannibal
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Dimanche 6 juillet 2008
Période glaciaire est une bande dessinée de Nicolas de Crécy originale dans sa conception puisque coéditée par deux organismes plutôt différents : Futuropolis d’une part, que les bédéphiles connaissent bien, et … le musée du Louvre, puisque ce livre met ses collections en valeur.


Résumé

Dans un futur lointain et indéterminé, notre continent a été enseveli sous la glace. Une expédition scientifique décide de s'aventurer à travers les déserts de glace, dans l'espoir de retrouver des traces de cette mythique civilisation préglaciaire dont il ne reste nulles traces...


Mon avis

Période glaciaire est une bande dessinée très réussie.

Le style graphique est assez particulier (plus ou moins de l’aquarelle, et des traits de crayons assez flous) au premier abord mais le rendu final est réussi et agréable à l’œil.
L’histoire est vraiment sympa. Dans un futur assez lointain (pas de date précise) un groupe de chercheurs recherchent en plein désert de neige et de glace des vestiges du passé, ou de notre présent si vous préférez. Il y a pas mal d’humour à partir de l’interprétation que font ces chercheurs du futur de certaines inscriptions d’aujourd’hui (écharpe de l’OM, tags sur un mur, …) qui sont plus farfelues les unes que les autres. Le groupe, vous vous en doutez, va finir par découvrir le musée du Louvre et essayer de comprendre l’ordonnancement des œuvres d’art. Pourquoi ont-elles été rangées de la sorte ? Qu’est-ce que cela signifie ?
De nombreux tableaux ou autres sculptures du Louvre sont reproduites dans la BD par l’auteur, et on retrouve leurs références en fin d’ouvrage.

Période glaciaire est une bande dessinée très agréable. Le coup de pub du musée du Louvre est vraiment très réussi sur ce coup-là. Chapeau !
Par Hannibal
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Mercredi 28 mai 2008
Le Combat ordinaire est une bande dessinée de Manu Larcenet comportant quatre volumes : Le Combat ordinaire, Les Quantités négligeables, Ce qui est précieux et enfin celui-ci, qui est donc le dernier : Planter des clous.


Résumé

Le chantier naval ferme, Marco est devenu père, sa mère apprend à vivre seule, un homme meurt dans la campagne, un journaliste craque. A partir de petites choses, de moments rares, de tristesses banales, Manu Larcenet continue de dresser le portrait d'un homme ordinaire, imparfait en lequel chacun d'entre nous reconnaît l'un des siens. Planter des clous, dernier tome du Combat Ordinaire, clos, magnifiquement l'une des plus belles réussites de la bande dessinée contemporaine.


Mon avis

Admiratif du travail de Manu Larcenet en général et du Combat ordinaire en particulier, je partais donc déjà convaincu pour aborder ce dernier tome.

Larcenet est à ma connaissance un des rares auteurs à savoir nous faire rire ou pleurer avec quelques histoires anodines, issues du quotidien de Monsieur Tout-le-monde.

Difficile de ne pas s’attacher au personnage principal et à sa petite famille et de ne pas partager ses sentiments. On éprouve avec lui de la joie lorsqu’il joue avec sa fille ; de la colère et de l’incompréhension à l’annonce de la fermeture du chantier naval où travaillait son père ; de la tristesse parfois.

Le combat ordinaire est selon moi appelé à rester dans l’histoire de la bande dessinée française de notre époque. Une œuvre à découvrir absolument si ce n’est pas encore le cas.
Par Hannibal
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