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Hannibal le lecteur

Tout ce qui meurt / John Connolly

10 Novembre 2012 , Rédigé par Hannibal Publié dans #Polar irlandais

Tout ce qui meurt (Every Dead Thing) est un roman de John Connolly publié originalement en 1999, et traduit en français en 2001 (Presse de la cité).

 

 

http://polars.pourpres.net/img/uploads/2258055237.08._SCLZZZZZZZ_.jpgRésumé

 

Charlie Parker est flic. Il a une femme, une fille, et des problèmes avec l'alcool. Un soir, il quitte la maison après une énième dispute et va noyer ses soucis au troquet du coin. Lorsqu'il rentre fin soûl quelques heures plus tard, c'est pour retrouver l'enfer dans sa cuisine : Susan et la petite Jennifer ont été assassinées de manière on ne peut plus atroce. Aucun indice, pas de mobile apparent, retrouver le meurtrier ne va pas être chose aisée.
Des mois plus tard, « Bird » – qui a entre temps quitté la police pour commencer une carrière de détective privé – est amené à enquêter sur un tueur dont le modus operandi lui rappelle ses pires cauchemars. Pour lui, pas de doute, il a retrouvé la piste de celui qui a brisé sa vie. Il va tout faire pour mettre la main sur celui qu'on a surnommé le « Voyageur ».

 

Mon avis


Publié initialement en 1999, Tout ce qui meurt est le premier roman de l'Irlandais John Connolly. C'est aussi la première apparition de Charlie « Bird » Parker, qui sera amené à devenir le personnage récurrent de l'auteur. Mais ceci est une autre histoire...

 

« Tel un collet, le passé me permettait de bouger un peu, de me déplacer en cercle, de me retourner, mais il finissait toujours par me tirer à lui. De plus en plus de choses à New York – restaurants préférés, librairies, parcs ombragés, et même cœurs gravés dans le bois d'une vieille table – me rappelaient ce que j'avais perdu, comme si l'oubli, aussi bref fût-il, était un crime contre leur mémoire. Je ne cessais de trébucher dans le temps, glissant du présent au passé, et comme des serpents digérant leur proie, mes souvenirs m'entraînaient lentement vers ce qui avait été et ne serait plus jamais. »


On entre d'emblée dans le vif du sujet puisque le texte s'ouvre sur le terrible drame qui s'abattit un soir sur « Bird » : l'assassinat ignoble et gratuit des deux femmes de sa vie. John Connolly n'épargne pas ses personnages, et ses lecteurs non plus – les descriptions des scènes de crimes sont assez exhaustives et pourront mettre mal à l'aise certains lecteurs. Cette noirceur assez extrême par moments est compensée par un humour salvateur et grinçant bien présent, aussi bien dans les dialogues que dans les descriptions.

 

« Le chef du personnel s'était octroyé le titre de directeur des ressources humaines et, comme tous les chefs du personnel de la planète, il s'avérait extrêmement antipathique. Assis face à lui, on avait tendance à se dire qu'un homme capable de réduire sans états d'âme des êtres humains à des simples ressources, comme le pétrole, les briques ou les canaris dans les mines de charbon, ne méritait sans doute pas de connaître d'autres relations humaines que celles des prisons. En d'autres termes, Thimothy Cary était un connard fini, des cheveux, qu'il avait teintés et coupés court, aux pieds, chaussés de souliers vernis. »

De manière plus générale, l'auteur sait prendre son temps pour décrire ses personnages ou les décors des États-Unis, des rues de New York aux marais de Louisianne. Le personnage de Charlie Parker apparaît rapidement attachant, ses doutes et ses failles le rendent très humain et l'empathie s'installe. Les personnages secondaires, nombreux, ne sont pas délaissés, et certains resteront en mémoire – Angel et Louis notamment, un couple d'amis de Charlie, gangsters, gays, et toujours prêts à rendre service.


Bien que le roman soit assez imposant – plus de 550 pages en format poche – on ne s'ennuie pas à sa lecture et l'on s'étonne presque d'être arrivé si vite à la fin. John Connolly maîtrise bien la gestion du suspense et parvient habilement par de nombreux rebondissements et autres fausses pistes à maintenir le lecteur captivé jusqu'aux toutes dernières pages, lesquelles ne sont pas avares en révélations. L'action est également très présente : on arrête vite de compter les morts et ça défouraille sévère par moment.

Pour toutes ces raisons, Tout ce qui meurt est un premier opus captivant, qui plaira aux fans de thriller comme aux amateurs de roman noir. John Connolly a l'imagination fertile et possède un talent certain pour raconter ses histoires, aussi, on comprend aisément qu'il soit parvenu à fidéliser son lectorat avec la suite des enquêtes de Charlie Parker, dans ... Laissez toute espérance en premier lieu.

 

 


 

Tout ce qui meurt (Every Dead Thing, 1999) de John Connolly, Presse de la cité (2001). Traduit de l'anglais par Philippe Hupp et Thierry Arson.
Lu en édition poche, Pocket (2002), 557 pages.

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La petite souris 17/11/2012 21:33

voilà tout bonnement un de mes auteurs préférés et , avec "laissez toute espérance" (dont je trouve le titre très beau) l'un des meilleurs romans de l'auteur à mes yeux. Un style particulier, un
univers unique qui joue avec les frontières. Et un auteur qui par la suite nous a montré qu'il avait d'autres cordes à son arc en abordant d'autres genres. Vraiment un auteur complet dont je trouve
on ne parle pas assez.J'ai lu ce roman il y a très longtemps, du coup je me dis que je ferai bien de le relire !!! merci pour l'idée !! Amitiés ^^

Hannibal 22/11/2012 16:04



Mais de rien.
Ca faisait longtemps que je voulais lire cet auteur et je me suis dit qu'autant commencer dans l'ordre.
J'ai aussi eu la chance de renconter l'auteur et de papoter un peu avec lui à Lyon (Quais du polar) et il est vraiment très sympa, très humble, proche de ses lecteurs, ce qui ne gâche rien.
Je continuerai avec Connolly et Bird, c'est sûr, d'autant que j'ai les suivants à la maison en VO.



Pierre FAVEROLLE 11/11/2012 17:21

Salut Hannibal, je dois le lire depuis si longtemps ... d'ailleurs, j'ai créé la rubrique Oldies pour ça : me forcer à lire des romans de plus de dix ans. Celui ci est en bonne place ! merci !

Hannibal 16/11/2012 16:37



C'était pareil pour moi. Maintenant il est lu.
Et j'ai eu la chance de trouver les 2e et 3e romans de la série  d'occase en VO lors de ma dernière virée en Angleterre.
De rien, à plus