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Hannibal le lecteur

SweetHearts Club / Jo-Ann Goodwin

24 Juillet 2010 , Rédigé par Hannibal Publié dans #Polar anglais

SweetHearts Club est un roman policier anglais de Jo-Ann Goodwin.
Il faisait partie de la sélection printanière du Prix SNCF du polar dans la catégorie "Polars européens", finalement remportée par Hiver de Mons Kallentoft (voir par ailleurs).


SweetHearts ClubRésumé

À 28 ans, Eugene Burnside est un homme ambitieux et rusé ; les puissants frères Faron, qui dirigent la Firme, l'ont d'ailleurs repéré et ont tôt fait de le faire grimper au sein de l'organisation criminelle. Mais si la carrière de gangster d'Eugene est au beau fixe, il n'en va pas de même pour sa vie privée : il vit toujours chez Gladys, sa mère, avec sa soeur Simone, danseuse vedette dans un club de charme appartenant également aux frères Faron, et le fils de cette dernière, Neron, qu'Eugene surnomme le " minimonstre ". Lorsqu'une jeune femme travaillant dans le même club que Simone disparaît dans les ruelles sombres du nord de Londres et que d'autres strip-teaseuses sont brutalement assassinées, Eugene va tout mettre en oeuvre pour défendre les femmes qu'il aime du meurtrier sadique qui arpente la capitale.


Mon avis

Il est sans doute plus difficile de chroniquer un livre que l'on n'a pas aimé qu'un roman que l'on a adoré. Avant de revenir sur les quelques points positifs que j'ai trouvé à ce SweatHearts Club (heureusement il y en a quelques uns), parlons de ce qui m'a déplu.

Jo-Ann Goodwin ne fait rien pour éviter les clichés. A Londres, un serial killer se défoule sur des strip-teaseuses, à tel point que la presse le surnomme « le Charcutier ». Bien sûr, il ne laisse aucune trace derrière lui et personne ne sait qui pourrait s'attaquer à ces jeunes filles, qui n'ont entre elles aucun lien apparent (outre leur gagne-pain).
Disons-le clairement, l'intrigue n'est jamais parvenue à m'intéresser : elle n'avance quasiment pas et, plus pénible encore, souffre de répétitions maladroites. En effet, l'auteur n'hésite pas à refaire le point sur les éléments déjà donnés, ce qui peut s'avérer utile lorsque l'on souffre d'un début d'Alzheimer mais pas lorsqu'on est habitué à lire des romans policiers en mémorisant un maximum d'éléments pour essayer de débusquer le coupable avant les personnages du livre.
Si le rythme s'accélère quelque peu sur la fin, il y a peu de surprises dans les derniers chapitres et le dénouement est à l'image du reste, décevant.

« L'instant d'après, la porte s'ouvrait. Elle apparut, souriante, mais incontestablement nerveuse. La voir ainsi paniquer un peu fut un soulagement pour Eugene. Lui-même n'était pas tout à fait dans son assiette, à vrai dire. Eugene n'avait pas l'habitude de recevoir des invitations à dîner à la maison lancées par une « nana bien ». Sa vie romantique s'articulait plutôt autour de la trilogie bar-boîte-chambre à coucher. Un terrain qui lui était familier : il contrôlait les différentes variables et connaissait l'intrigue.
Là, il se retrouvait en territoire inconnu. Discuter à table ? Il n'avait pas coutume de discuter avec ses conquêtes. Il se contentait habituellement de hurler une remarque ou deux, en essayant de couvrir un instant le brouhaha des voix et des décibels. Il n'entendait pas ce que la nana répondait, et s'en fichait comme de sa première chemise. L'objectif étant de l'attirer au pieu. S'il avait voulu ressusciter l'art de la conversation, il serait allé ailleurs. Pas étonnant, donc, qu'il ne se sentait pas tout à fait à son aise. Putain, de quoi allaient-ils parler ? Çà l'inquiétait un peu, tout de même. Et puis ils allaient se retrouver en tête à tête. Seuls. La conception qu'avait Eugene du tête-à-tête portait spécifiquement sur les jeunes femmes nues en position horizontale. »

Si le scénario laisse à désirer, le casting est plutôt réussi.
Le personnage principal, Eugene, chaud lapin des bas-fonds londoniens ne m'a pas vraiment plu, sauf dans ses contradictions. Ce dealer qui joue les gros durs devient complètement fleur bleue et doux comme un agneau après avoir flashé sur une jeune demoiselle bien comme il faut. Le tout est raconté avec humour mais peut parfois être un peu cucul sur les bords...


Ce sont plutôt les personnages secondaires qui ont eu le mérite de me divertir et m'ont donné l'envie de poursuivre cette lecture.
Il y a Ralph, le meilleur ami d'Eugene, régulièrement interdit de sortie par sa femme et complètement soumis aux caprices de cette dernière.
Il y a Néron, le fils de Simone, qui n'est autre que la soeur d'Eugene et qui est strip-teaseuse de profession. Ce garçon de 6 ans, surnommé « Minimonstre » par son oncle est une boule de nerfs increvable prenant un plaisir fou à faire souffrir son entourage. Il insulte, mord, frappe, vole, fugue... et a déjà un casier digne d'un ado délinquant...
Ajoutons encore Dolly et Letitia, deux vieilles dames pour le moins spéciales hébergées par un collègue d'affaires d'Eugene. Son souci, c'est qu'elles en pincent sérieusement pour lui et qu'il doit subir les attaques de ces harpies à chaque fois qu'il va faire le plein de substances chez Shifter.

Bien sûr, la quatrième de couverture parle de « magistrale fable moderne sur les vices et vertus de notre temps » ou encore de roman « brillant du début jusqu'à la fin » et « parsemé de références subtiles ».
Personnellement, je n'y ai vu qu'on polar très moyen, voire médiocre, à l'intrigue poussive, seulement sauvé du naufrage par une galerie de personnages originaux.
A vous de voir...

 


 

SweetHearts Club (Sweet Gum, 2006) de Jo-Ann Goodwin, Flammarion '2009). Traduit de l'anglais par Nicolas Richard, 410 pages.

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