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Hannibal le lecteur

Noir désert / Marc Ruscart

9 Août 2011 , Rédigé par Hannibal Publié dans #Polar français

Noir désert, paru chez Rivages/Noir en dernier est le deuxième roman de Marc Ruscart.

 

 

Noir DésertRésumé

 

Evgueni est retrouvé mort chez lui, abattu de deux balles dans son lit. Défendant les intérêts russes au Turkménistan, on raconte qu'il aurait retourné sa veste pour se rapprocher de la Chine.
Le commissaire Le Floch est invité par Alex, un vieil ami travaillant pour les services secrets russes, à venir passer un peu de temps à Achkhabad. Motif officiel du voyage : tourisme. En vérité, les deux hommes vont enquêter sur la mort d'Evgueni, qui ne semble pas particulièrement préoccuper la police locale. Têtu comme tout Breton qui se respecte, Le Floch tient à résoudre cette affaire. Et plus encore après avoir rencontré la veuve du défunt, la belle Rose, Française tout comme lui.

 

 

Mon avis

 

Après L'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours, Marc Ruscart, qui connait bien ce continent, signe son second titre se déroulant en Asie en autant de livres parus dans l'excellente collection Rivages/Noir. Dans Noir désert, deuxième enquête du Commissaire Le Floch, c'est au Turkménistan – État d'Asie centrale dont certains ignorent même jusqu'à l'existence tant il est peu connu – qu'évoluent les différents protagonistes de l'histoire.

 

« A l'est, il longe une longue et répétitive suite d'antiques poteaux électriques, avec en arrière-plan la chaîne de Kil-pet-Dag. Les chevaux les emportent au bazar de Talkoutchka, un marché nomade perdu au milieu de nulle part.

Nomad's land.

On y vient de partout. Nomades turco-mongols, sédentaires arabo-persans, adeptes du chamanisme ou pratiquants de l'islam. Teke, Tadkijks, Ouzbeks, Ouïgours, Jomud, Kazakhs, Pachtouns... Le bazar est délimité par de longues files de containers transformés en boutiques ; des autobus déglingués sont alignés à la va-comme-je-te-pousse sur un parking chaotique mêlant rochers, arbustes, épineux et sable. Ils accrochent leurs montures à une barrière entre deux bus pourris. »


Le point fort de ce roman noir est clairement son cadre atypique et les descriptions qui s'en suivent. Au fil des quelque deux-cent-vingt pages que compte l'ouvrage, l'auteur nous fait visiter ce grand pays sur lequel règne en maître un despote pour le moins mégalomane : le Turkmenbachi. Sa monumentale statue orne le rond-point principal de la capitale. Ce qu'il veut, le « Père du peuple turkmène » l'obtient. Ainsi a-t-il décidé de débaptiser le lundi, qui porte dorénavant son nom, ou encore le mois d'avril qui porte celui de sa maman ! C'est lui aussi qui décrète les lois selon son bon vouloir. Fumer dehors est interdit au Turkménistan puisque cela ne plait pas au dictateur.

 

« La statue du Turkmenbachi trône au milieu des sunlights. Le Floch se penche vers l'extérieur :

- Offre-moi un tour de manège.

Éclairée par des lasers, la statue couverte d'or surplombe la ville à soixante-dix mètres du sol... Une statue unique en son genre, chef-d'oeuvre absolu de la démesure et de la folie.

Alex fait le tour de la place au ralenti, blasé :

- Le jour, la statue du Grand Timonier pivote en suivant les mouvements du Soleil. Un astre qui illumine le pays. La nuit, il tourne, le jour, il tourne pour ne jamais tourner le dos au Soleil... Tu le crois ça ?

Le Floch se tord le cou pour apercevoir le roi perché sur son trône éclairé :

- Tu sais ce qui lui manque, là-haut ?

- Non ?

- Le sceptre d'Ottokar !

Ils se marrent. Deux tintinophiles perdus en Bordurie. Pire. Au Turkménistan, là où le boss a débaptisé le mois d'avril pour lui donner le nom de sa maman. C'est beau l'amour filial. Alex fait trois fois le tour de piste, roulez manège ! Les lasers bleus, rouges, verts percent la nuit et donnent un aspect disco au pharaon turkmène. »


Si Noir désert vaut pour le dépaysement qu'il procure, on pourra regretter que l'intrigue n'ait pas été de meilleur niveau – seule la fin est très bonne. De facture très classique, elle peinera sûrement à satisfaire les lecteurs les plus exigeants.

 

« - Tu connais la différence entre un manat et un dollar ?

Le Floch fait non de la tête.

- Un dollar ! »

Fort intéressant sans être transcendant, Noir désert est un assez bon roman noir qui vaut essentiellement pour l'originalité de son décor. Sans être non plus mémorable, sa lecture n'en demeure pas moins agréable. En attendant de voir ce que Marc Ruscart proposera à l'avenir, les lecteurs conquis par ce titre pourront se plonger dans L'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours, qui se déroule en Russie.

 


 

Noir désert de Marc Ruscart, Rivages/Noir (2011), 224 pages.

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Jeanmi 08/09/2011 07:14


Bonjour,
Je suis moi-même auteur de romans policiers, plutôt "thriller ésotérique". Je débarque parmi mes 7000 confrères et je cherche à me faire une toute petite place. Je viens de publier chez "Corsaire
éditions" dans sa collection "Pavillon noir" "AFFAIRES ÉTRANGES AU QUAI DES ORFÈVRES"
Trois enquêtes criminelles insolites, menées par un couple singulier, Fabienne Quinot la policière et Pierre Couvreur, le journaliste. Ce polar ésotérique propulse le lecteur dans des univers où
les factions, les sectes et les hallucinés, se croient tout-puissants. (Corsaire édition dans sa collection Pavillon noir)


Hannibal 24/10/2011 14:59



Je vous souhaite bonne chance dans votre parcours littéraire.



Yan 17/08/2011 16:24


Bonjour, voilà en tout cas un décor original pour un polar. Ça éveille la curiosité.


Hannibal 29/09/2011 17:33



Oui, le décor est pour le moins orginal, c'est sûr.