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Hannibal le lecteur

Ne cherche pas à savoir / Erik Wietzel

8 Novembre 2010 , Rédigé par Hannibal Publié dans #Polar français

Ne cherche pas à savoir, qui paraît aujourd'hui, n'est pas un livre comme les autres. C'est le premier polar édité et financé par des Internautes. Dans le cadre du projet My Major Company Boooks, 388 personnes de tous horizons ont jugé ce texte digne d'intérêt et misé une somme – plus ou moins importante – sur le travail d'Erik Wietzel, rendant possible sa publication (avec le partenariat de la maison d'édition XO).

 

 

NecherchepasàsavoirRésumé

 

Anne Garance est une jeune Française qui vit à Naples depuis quelques années en sa qualité de journaliste. Après une énième conversation houleuse avec Matteo, alors en passe de devenir son ex, elle prend son scooter très énervée. Toute à son affaire, elle ne voit pas l'homme arriver. Le choc est violent. Anne s'en sort bien mais l'accidenté est envoyé à l'hôpital dans un état préoccupant. Sans papiers sur lui, il sort du coma quelques jours plus tard, complètement amnésique. Personne ne sait qui il est. Prise de remords, Anne décide de l'aider. Elle ne sait pas que les ennuis ne font alors que commencer...

 

 

Mon avis

 

« La via San Biagio dei Librai est une veine bouillonnante depuis l'Antiquité. Comme si souvent dans cette ville chaotique, les façades de palais du XVIe siècle restaurées en ocre jaune ou rouge côtoient les murs gris et décrépis, aux joints crevés par des touffes d'herbe folle. Des pères de famille discutent sur les scooters béquillés. Des fourgonnettes de livraison se fraient un chemin parmi les passants, entre les étals, et sous le linge tendu aux fenêtres. Un condensé de l'esprit napolitain.

Malgré toutes les entraves que cette ville vous met dans les pattes je m'y sentais bien, j'y étais chez moi, entourée de plusieurs siècles d'Histoire et d'une atmosphère où se mêlaient ferveur religieuse, nonchalance, brutalité aussi. Oui, je m'y plaisais. »

 

Après un prologue très original écrit à la deuxième personne du pluriel, le lecteur fait la connaissance d'Anne Garance, jeune journaliste française ayant fait de Naples son cadre de vie. Plutôt qu'écrire un énième thriller se déroulant à Paris, l'auteur a souhaité faire évoluer ses personnages dans un cadre plus exotique. Bien lui en a pris. La ville est bien décrite, et pour un peu qu'on connaisse la Campanie, on retrouve cette ambiance latine typique du Mezzogiorno (certaines scènes ou attitudes sont véridiques et m'ont rappelé mon court passage à Naples).

 

« Arturo regardait l'enveloppe. Il devinait son contenu et ça ne lui plaisait pas du tout. [...] Il savait qu'il ne devait pas mettre les mains là-dedans. Il savait aussi qu'il ne devait pas refuser un ordre de Dino, surtout maintenant qu'il lui avait rendu ce service – surtout avec Vador à ses pieds. [...] Pas mal de ses copains, et parmi eux de plus jeunes que lui, avaient déjà rendu des services à leurs aînés. Tellement pratique pour tout le monde, cette main d'oeuvre infantile : en Campanie les mineurs de moins de quatorze ans ne comparaissaient pas devant les tribunaux. »

 

Dans ce décor original évoluent donc Anne et l'inconnu, baptisé John (en raison de son accent américain), lesquels font peu à peu connaissance et tentent de comprendre ce qui leur arrive. Ayant fait l'objet d'un avertissement très clair, Anne pense être menacée par la Camorra, la mafia locale. Anxieux comme les protagonistes, on suit l'intrigue à leurs côtés avec intérêt. Cette dernière va crescendo et dans le dernier tiers du roman, très enlevé, les révélations et les rebondissements se succèdent à grande vitesse jusqu'aux dernières pages faisant toute la lumière sur les évènements.

 

Erik Wietzel qui n'est pas un auteur débutant – on lui doit plusieurs romans de fantasy chez Bragelonne – signe avec Ne cherche pas à savoir des premiers pas dans le polar très convaincants. Passé trouble des personnages, suspense, rebondissements, et jusqu'au titre... : ce thriller efficace partage avec ceux d'Harlan Coben de nombreux points communs. Prometteur...

 

 

A signaler : dans un souci de transparence, je tenais à vous dire que je suis l'un des 388 éditeurs d'Erik Wietzel. Néanmoins, j'ai chroniqué ce roman comme un autre et je ne pense pas que mon avis soit biaisé par ce fait.

Éditeur, dans ce contexte, est d'ailleurs un bien grand mot puisque – vous l'imaginez sans doute – je n'ai pas été amené à donner le moindre avis quant au contenu du document. On a seulement pu choisir une phrase d'accroche parmi trois propositions (pas terribles) et sélectionner l'une des trois couvertures proposées, dont aucune ne me convenait.

L'aspect financier ne change pas plus la donne. En effet, les (éventuels) bénéfices des ventes du roman seront divisés par le nombre d'éditeurs et redistribués, en proportion de la somme misée par chacun (très variable, puisqu'elle va de 10 à 500€). N'ayant quasiment rien misé, il faudrait vraiment que le livre se vende comme le Da Vinci Code pour que je touche quelques euros symboliques. Autant vous dire que je n'ai pas participé à cette aventure éditoriale d'un genre nouveau pour l'argent...

 


 

Ne cherche pas à savoir d'Erik Wietzel, My Major Company Books et XO Éditions (2010), 360 pages.

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Claire 13/11/2010 13:31


J'en ai bien peur ! ;)


Hannibal 17/11/2010 23:14



Tant mieux !



Claire 11/11/2010 09:05


Très belle critique.
J'ai personnellement acheté ce bouquin (pas encore terminé, je l'avoue) que je dévore dès que j'ai quelques petites minutes à moi.

Bravo Erik et que "Ne cherche pas à savoir" rencontre le succès mérité !


Hannibal 12/11/2010 23:18



Bonne fin de lecture alors. Jusqu'au bout, cherche à savoir : on verra bien si l'auteur arrive à te surpendre !