Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Hannibal le lecteur

Mortelle hôtesse / Bernard Pasobrola

29 Septembre 2011 , Rédigé par Hannibal Publié dans #Polar français

Mortelle hôtesse de Bernard Pasobrola est un des titres marquant le retour de la collection Rail Noir, toujours chez la Vie du Rail bien sûr !

Accessoirement, il marque aussi le retour à la vie de mon blog après une hibernation estivale (antithèse ?) plus longue que prévue.

 

 

Mortelle hotesseRésumé

 

Dans le wagon-bar de l'Eurostar, une jeune femme se fait aborder par un homme corpulent. Il affirme la connaître et lui annonce que son père se trouve en vérité à Anvers. Il a à peine le temps de devenir insistant qu'un autre homme intervient et parvient à faire déguerpir l'importun. Un peu plus tard, l'obèse est retrouvé inanimé à sa place, mort.
Le défunt, c'est Jean-Louis Gropparello, un collègue de Richard Meyer, agent de renseignement tout comme lui. Richard, lui, enquête sur la disparition d'Humbert Katz, le père de Nora, la jeune scientifique qu'il a « rencontrée » dans le train. Il pense que quelqu'un a aidé « Gro » à mourir et est bien décidé à le retrouver, coûte que coûte.

 

 

Mon avis

 

Mortelle hôtesse marque avec Ligne 10 d'Anne Peter-Sauzin et Mort d'un cheminot de Jean-Philippe Milesy la renaissance de « Rail / Noir ». Depuis 2002, la maison d'édition La vie du rail a publié une vingtaine de romans policiers « ferroviaires » (l'intrigue doit entretenir un rapport plus ou moins prononcé avec l'univers des trains) dans cette excellente collection. Cette dernière peut se vanter de voir figurer à son catalogue des auteurs confirmés tels Jean-Bernard Pouy et Thierry Crifo, mais surtout, d'avoir lancé la carrière d'écrivains qu'on ne présente plus aujourd'hui : Franck Thilliez et Karine Giébel.

 

« Trois types en jeans l'accostèrent au milieu du hall. Ils portaient des lunettes noires et des chemises hawaïennes sur lesquelles des perroquets violemment polychromes copulaient béatement dans la verdure. L'un des costauds s'approcha de Meyer avec la mine avenante d'un partenaire de danse. Il lui montra discrètement le bout de son pistolet et le soulagea de sa valise. »


Bien que fort différent des romans des auteurs suscités, Mortelle hôtesse n'en demeure pas moins une agréable lecture. Le suspense est bien dosé et tout est fait pour que le lecteur s'intéresse rapidement à l'enquête menée par Richard Meyer. Dur à cuire mais pas insensible, doté d'un humour caustique, l'agent va tout mettre en œuvre pour retrouver Humbert Katz. De Genève à Anvers en passant par Londres et Lisbonne, il va se retrouver confronté à de nombreux dangers parmi lesquels : un virus aveuglant les diamantaires, des multinationales de la santé sans aucun scrupule quand il s'agit de défendre leurs intérêts, une tueuse insaisissable...

 

« Elle se lança à la poursuite du flic qui marchait à grandes enjambées vers le secrétariat, puis elle ôta son unique chaussure et la projetta vers lui en hurlant : « Vous n'avez pas le droit... »
Elle fit mouche. Atteint par le talon à la nuque, Whitherfroth effectua une rapide volte-face et, d'un geste machinal, abattit sa main entrouverte sur le visage de Karita. Comme aspirée par un trou d'air, elle s'écrasa sur une table basse trois mètres en arrière, alors que le Chief Inspector, sans un regard pour elle, continuait calmement son chemin en tâtant une petite tâche humide sur sa nuque.
Karita se releva d'un bond et s'empara d'un lourd cendrier de marbre posé sur une table basse. Son cerveau ayant saturé d'adrénaline tout son système musculaire, elle se sentait capable de soulever la table elle-même. Elle prit son élan sous l'oeil pétrifié des policiers hypnotisés par cette lutte de titans, et elle allongea élégamment son biceps. Le récipient en pierre noire atteignit le Chief Inspector juste au-dessus de la petite trace qu'avait laissée le talon-aiguille.
Il avança encore d'un mètre et s'écroula avec la souplesse d'une statue de l'île de Pâques déracinée par une soucoupe volante. »


Bernard Pasobrola a une belle plume. Ses descriptions sont réussies et la plupart de ses métaphores sont autant de belles trouvailles, parfois hilarantes. Au sérieux du roman d'espionnage, il vient ajouter une dose de loufoquerie qui fait plaisir à lire.

 

« De grosses gouttes de pluie froide commencèrent à s'écraser sur son crâne. Il se dit qu'il aurait pu passer sa vie à grattouiller des ordonnances pour des vieillards hémorroïdaires, confortablement installé dans un local bien chauffé. Au lieu de cela, il avait choisi d'errer de lieu en lieu et de recevoir des coups de matraque sur la tête.
Fucking bastard spy. »

 

S'il faut parfois s'accrocher un peu pour maîtriser tous les tenants et les aboutissants de l'intrigue, peut-être un chouïa trop complexe, Mortelle hôtesse n'en demeure pas moins un bon polar, mêlant enquête policière et espionnage. Il est à noter que certains personnages de ce livre figuraient déjà dans L'hypothèse de Katz, précédent roman de l'auteur sur lequel les lecteurs convaincus par l'écriture de Bernard Pasobrola arriveront peut-être encore à mettre la main.

 


 

Mortelle hôtesse de Bernard Pasobrola, La Vie du rail / Rail Noir, 318 pages.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

gridou 03/10/2011 16:12


Contente de te retrouver :)


Hannibal 24/10/2011 15:00



Merci



dominque 03/10/2011 08:58


bon retour


Hannibal 24/10/2011 15:00



Merci



alain 02/10/2011 16:16


J'aime bien cette collection. Content qu'elle redémarre. Te verra-t'on à Lamballe cette année?


Hannibal 24/10/2011 14:59



Je l'espère oui. En principe ça devrait le faire.