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Hannibal le lecteur

Les talons hauts rapprochent les filles du ciel / Olivier Gay

14 Juillet 2012 , Rédigé par Hannibal Publié dans #Polar français

Les talons hauts rapprochent les filles du ciel, paru au Masque en avril dernier, est le premier roman d'un jeune auteur Français, Olivier Gay.

 

 

http://polars.pourpres.net/img/uploads/41IYuogZKjL._SL500_.jpgRésumé

 

Fitz – John-Fitzgerald de son vrai prénom – est un fêtard absolu. Quand les gens bossent, il dort, se levant seulement quand tombe la nuit pour aller vendre un peu de poudre blanche et profiter au maximum des soirées parisiennes et des Parisiennes en soirée. Lorsqu'il ne sort pas, il passe le plus clair de son temps en ligne, déguisé en elfe, à chasser orques et autres gobelins.
Malheureusement pour Fitz et sa routine, Jess, l'une de ses innombrables ex, est lieutenant de police... et elle a vraiment besoin de son aide.


Mon avis

 

Les forces de l'ordre ont jusqu'à présent réussi à le cacher aux médias, mais il semblerait qu'un tueur en série sévisse dans la capitale. En peu de temps, il s'en est pris de manière ignoble à quatre filles, retrouvées mortes dans leur appartement et en sale état. Aucune piste pour Jessica et son équipe. Les seuls points communs entre les jeunes femmes : elles étaient très jolies et fréquentaient régulièrement les soirées branchées.

 

« Je hochai la tête. J'étais un gagne-petit, je le savais, ils le savaient. La poudre me permettait de me frayer un chemin dans les soirées à la mode et d'assurer le loyer de mon petit studio. Je ne cherchais pas grand-chose de plus. Les voitures ne m'intéressaient pas, les vêtements de marque coûtaient bien moins chers en contrefaçon et je pouvais compter sur mon charme naturel pour éviter de payer trop souvent un verre aux filles.

J'avais vu assez de gars se brûler les ailes, des costauds, des habiles, des malins, des protégés. Ils avaient des épaules plus larges que moi, mais ils finissaient par chuter. Des sept péchés capitaux, la gourmandise et l'envie sont les plus répandues. Je préfère la luxure et la paresse. »


C'est pourquoi la belle lieutenant fait appel à Fitz, seul susceptible selon elle de l'aider dans son enquête en laissant traîner ses yeux et ses oreilles dans les boîtes à la mode. D'abord réfractaire, il accepte la mission – chantage aidant – et finit même par prendre son enquête à cœur, assisté de Moussah et Deborah, deux clients/amis hauts en couleur.

 

« Une chemise D&G : 150 euros. Un jean Diesel : 100 euros. Des mocassins Tony Hilfiger : 200 euros. Se rouler dans la boue avec un inconnu ? Ça n'avait pas de prix. »


La quatrième de couverture nous informe qu'Olivier Gay connaît bien le Paris by night. S'il est difficile de quantifier la part autobiographique contenue dans Les talons hauts rapprochent les filles du ciel – très joli titre soit dit en passant – il semble bien que ce soit véridique. Il sait en tout cas nous le faire vivre comme personne, et avec une bonne dose d'humour – l'auteur ne se prive pas de bons mots lorsqu'il en a l'occasion.

 

« Les passants passaient, les mateurs mataient, les badauds badaient. »

 

On s'amuse souvent des déboires de Fitz, et de la manière dont il les raconte – le récit est écrit à la première personne. Pourtant dealer de cocaïne, loser patenté et Casanova souvent tenté, Fitz est un de ces anti-héros qu'on ne peut s'empêcher de trouver sympathique. Olivier Gay prend un malin plaisir à faire durer le suspense, disséminant les indices avec parcimonie jusqu'aux toutes dernières pages, riches en action et révélations.

 

« Au début, j'avais tourné les pages comme à regret, piégé par le chantage ignoble de mon ex-compagne. Au fur et à mesure des descriptions, au fur et à mesure des tortures, les choses avaient changé. Je ne me considérais pas comme un saint, loin de là – bordel, j'avais de la coke dans mon armoire ! – mais la froide boucherie derrière ces crimes touchait une corde sensible. Tu as gagné Jessica. Si jamais je peux trouver une info pertinente qui te permettrait de coincer ce salaud, compte sur moi.

Quatre belle filles mortes, ça en faisait autant que ne partageraient jamais ma couche. »

À la lecture des Talons hauts rapprochent les filles du ciel , difficile de croire qu'il s'agit d'un premier roman. Le ton est juste, les personnage réussis, le suspense savamment dosé. Les membres du jury du Festival de Beaune ne s'y sont d'ailleurs pas trompés, en attribuant cette année à Olivier Gay le Prix du premier roman. Un premier opus des plus plaisants, un jeune auteur à surveiller...

 


 

Les talons hauts rapprochent les filles du ciel, d'Olivier Gay, Le Masque (2012), 380 pages.

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gridou 12/09/2012 20:29

wow...on n'est pas du tout d'accord sur ce coup-là!!! C'est marrant comme ce bouquin remporte un franc succès auprès des aficionados de polars...Moi j'ai tout de suite eu une aversion pour l'auteur
et son style.

Hannibal 17/09/2012 10:16



Si on était toujours d'accord sur tout ça serait un peu effrayant...
Ce roman divise un peu quand même, tu n'es pas toute seule, t'inquiète. ^^