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Hannibal le lecteur

Les larmes d'Aral / Jérôme Delafosse

27 Janvier 2013 , Rédigé par Hannibal Publié dans #Polar français

Les larmes d'Aral est le second roman de Jérôme Delafosse. Il est paru chez Robert Laffont en 2012.
Il fait partie des finalistes du Prix Découverte Polars Pourpres.

 

 

http://polars.pourpres.net/img/uploads/larmes_d_aral.jpgRésumé

 

Octobre 1994.

Sinead McKeown, une jeune journaliste, échappe de peu à la mort dans l'attentat à la bombe qui détruit sa maison, tuant son mari et l'enfant qu'elle porte en elle. La police pense un temps à l'IRA, avant de se rendre compte que l'homme était mort, sévèrement tailladé, avant même l'explosion. Tous les soupçon se portent alors sur Sinead, qui crie son innocence et parvient à échapper à la Garda.

Au même moment, Raphaël Zeck et son équipe du 36 quai des Orfèvres pourchassent un homme quasi nu dans les rues de la capitale, lequel choisit de se jeter dans la Seine pour leur échapper. La PJ repêche finalement le corps deux jours plus tard. Seulement, les personnes ayant été en contact avec la dépouille se retrouvent rapidement entre la vie et la mort, atteintes d'un mal inconnu.

 

 

Mon avis

 

Le moins qu'on puisse dire c'est que l'histoire que nous propose Jérôme Delafosse commence sur les chapeaux de roue. En vérité, l'auteur parvient même à conserver ce rythme trépidant tout au long des quelque 460 pages de ces Larmes d'Aral, maintenant habilement la tension. Il fait s'entrecroiser les parcours de Sinead et Raphaël, qui progressent tous deux à grands pas dans leurs enquêtes respectives, rapidement amenées à converger.

 

Si le personnage du policier français est sans doute plus lisse, celui de la journaliste irlandaise est vraiment intéressant. On découvre peu à peu que la vie de la jeune femme n'a jamais été un long fleuve tranquille. Malgré les atrocités subies et son désespoir actuel, elle a su garder une force étonnante, une volonté farouche. Si quelques rebondissements paraîtront peut-être un peu téléphonés aux lecteurs de thrillers les plus aguerris, l'ensemble est convaincant, avec des intrigues complexes offrant quelques belles surprises.

 

« Au bout de vingt minutes, ils virent surgir des silhouettes sombres et massives posées au milieu de la steppe glacée.

Des navires... Des navires gigantesques aux flancs éventrés gisaient échoués, évoquant des léviathans assoupis dans le silence.

Un cimetière marin irréel perdu au large de l'ancien lit de la mer d'Aral.

Un vent puissant des hauts plateaux s'engouffrait dans les coursives rouillées, s'enroulait autour des passerelles décapitées, faisant mugir les carcasses de ces fantômes postapocalyptiques. Sur les étraves rongées par le sel, on pouvait distinguer les noms à demi effacés des anciens cargos et le long des coques des chameaux laineux aux naseaux fumants s'abritaient des bourrasques de neige que rien ne semblait pouvoir stopper.

Ces images de mort étaient connues, mais le papier glacé des magazines avait le pouvoir de les maintenir à distance. Y être physiquement confronté était une tout autre affaire. Aucun des passagers de la voiture ne prononça le moindre mot, comme si devant un tel spectacle de fin du monde le langage n'avait plus cours. »

 

De plus, Jérôme Delafosse, grand reporter dans le civil, ne se prive pas de nous faire voyager, de rues de Belfast au fin fond des steppes d'Ouzbékistan en passant par Amsterdam, ce qui ne gâche rien.

 

« Aucune route, aucun chemin ne menait à l'ancien goulag, seule une voie ferrée reliait la prison au reste du monde. Autour, il n'y avait rien, que le vent et le froid. Ici, ce n'était pas la rigueur du climat qui décourageait les candidats à l'évasion, mais le vide, omniprésent, minéral, sans le moindre arbuste ou accident de terrain pour se cacher. Au milieu de ce désert, un fugitif était visible à des lieues à la ronde et vite repris.

Au cœur du vide, les grilles, les serrures et les barbelés paraissaient presque un décor, un moyen de se protéger de l'intérieur. La véritable prison était la steppe elle-même. »

 

Après le déjà remarqué Cercle de sang, Jérôme Delafosse confirme avec Les larmes d'Aral, efficace page-turner qui n'est pas sans rappeler certains titres de Jean-Christophe Grangé et Thierry Serfaty.

 


 

Les larmes d'Aral, de Jérôme Delafosse, Robert Laffont (2012), 453 pages.

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windows support tech 23/06/2014 13:49

Reading books is one of the best hobbies which I ever have in my life as they drive me to world which is full of knowledge and entertainment. I have read the novel “Tears Aral” and it sounds very in

gridou 28/01/2013 17:42

J'ai arrêté Grangé depuis 2 ou 3 romans (j aime pas ces fins). La relève: oui, je veux bien tenter! Si le prochain Grangé est bon: je prends aussi d'ailleurs...

Hannibal 14/02/2013 16:03



J'ai quelques Grangé de retard aussi. C'est plus ce que c'était... ^^



gridou 28/01/2013 13:46

Je ne connais pas cet auteur mais comme j'aime découvrir de jeunes talents français (pas pour des raisons de préférence nationale mais parce que je préfère lire en VO et que je suis monolingue);
donc je note ce nom dans un petit coin de ma tête...

Hannibal 28/01/2013 16:52



Note donc. C'est pas un chef-d'oeuvre mais dans le genre "pageturner bien foutu à la Grangé", c'est du bon.