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Hannibal le lecteur

La ville insoumise / Jon Fasman

8 Avril 2010 , Rédigé par Hannibal Publié dans #Polar américain

La Ville insoumise est le second roman de l'Américain Jon Fasman, dont le premier livre, La bibliothèque du géographe, a connu un certain succès.

 


villeinsoumiseRésumé

Jim Vilatzer, un Américain d'une trentaine d'années, ne va pas bien. Sa dernière histoire amoureuse s'est mal terminée, il ne sait plus quel sens donner à sa vie, et surtout, il a misé – beaucoup – et il a perdu. Des créanciers sans scrupules menacent de passer à des méthodes radicales s'il ne rembourse pas rapidement les quelques vingt-quatre mille dollars qu'ils lui réclament. Lorsqu'un de ses meilleurs amis lui propose de quitter Chicago contre un emploi en Russie, terre d'origine de ses parents, il accepte tout de suite. A Moscou, il deviendra bien malgré lui le personnage principal d'une histoire qui le dépasse...

 

 

Mon avis


« Ce thriller mené tambour battant est avant tout une déclaration d'amour à une ville chargée d'émotions et d'histoire ainsi qu'une réflexion tout en finesse sur le déracinement et l'identité familiale. »

 

Je sais pertinemment qu'il faut enjoliver les choses pour vendre, mais là, faudra m'expliquer. On ne doit pas avoir la même conception du thriller (qui est sensé faire frissonner à la base) ni du tambour battant (ou alors il bat vraiment lentement). Le lecteur se fiant aux belles paroles de cette quatrième de couverture déchantera rapidement. De thriller, point du tout, et le roman n'est pas vraiment rythmé non plus. Au contraire, de la lecture – laborieuse il faut le dire – de la première moitié du roman se dégage une grande impression de lenteur, accentuée par le sentiment que quelques passages auraient pu être coupés sans problème. La seconde partie, amenant l'aspect « espionnage » du roman est il est vrai plus énergique, sans toutefois être des plus palpitantes pour autant.

 

« En Russie, chaque entreprise, chaque société se complète d'une seconde adresse, non officielle, pourvue d'un bar bien achalandé (et bon marché, de préférence), de serveurs amicaux mais pas fureteurs et de menus qui, sans faire saliver les amateurs de bonne chère, ne provoqueraient crises de foi ou gastro-entérites qu'une fois sur cinq. L'équipe de la fondation avait jeté son dévolu sur Le Pilote Chinois, établissement qui attirait une clientèle de jeunes bohèmes, vaguement étudiants et où étaient proscrits, en toute logique, les bières à dix dollars, les verres de vin à trente, les coups de feu, les bagarres entre soiffards, les propositions indécentes ou encore cette techno assourdissante, cette prétendue musique conçue pour tuer dans l'oeuf toute tentative de conversation, émoustiller les sens et déloger les plombages. Les gérants y organisaient des concerts (de qualité inégale, il fallait le reconnaître), mais les soirs où une bande d'olibrius à queues-de-cheval grisonnantes entonnaient des complaintes en torturant leur guitare, il était possible de trouver refuge dans les confins du bar. »

 

Jon Fasman, après avoir planté le décor et décrit en détail ses principaux personnages peut enfin les faire évoluer à sa guise. Jim Vilatzer renaît, très satisfait de sa nouvelle vie moscovite. Il découvre petit à petit qu'il est un pion entre deux camps jouant une partie dont il ne maîtrise ni les tenants ni les aboutissants. Dès lors, tout s'accélère vraiment dans les derniers chapitres, où l'auteur nous propose même quelques surprises bienvenues.
Finalement, le vrai personnage principal de ce roman n'est pas tant Jim que Moscou. On ne retirera pas à Jon Fasman son travail descriptif de la capitale russe, de premier ordre, mais trop souvent au détriment de l'intrigue..

Le lecteur souhaitant dévorer un thriller ou un roman d'espionnage haletant sera certainement déçu par La ville insoumise, qui peine à tenir en haleine. Néanmoins, il faut reconnaître que Jon Fasman écrit bien. Certaines tournures de phrases très habiles rendent fort agréables ces brillantes descriptions d'une Russie moderne, qui à l'instar de Jim Vilatzer se cherche encore, à la croisée de plusieurs influences.

 

Pour mon blog, j'ai quand même mis le roman dans la catégorie « polar américain », mais bon, vous aurez compris, je vous refais pas l'explication...

 

Et puis merci à Chez-les-filles de m'avoir proposé ce roman qui m'avait fait beaucoup envie. C'est vrai que la quatrième de couverture est bien...

 



La ville insoumise
(The Unpossessed City, 2008) de Jon Fasman, Seuil (2010). Traduit de l'anglais (États-Unis) par Madeleine Nasalik, 380 pages.

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chris89 09/04/2010 14:52


Méfions nous des quatrièmes de couverture !


Hannibal 10/04/2010 01:59



Ce n'est que trop vrai !



Val 09/04/2010 14:07


Il faut toujours se méfier des 4è de couv ;-)

Dommage, ce livre m'attirait mais j'ai vraiment lu trop de critiques négatives pour me donner envie


Hannibal 10/04/2010 01:58



Et oui... Je m'en méfie, mais pas toujours assez apparemment !


A toi de voir, mais je pense que tu risques d'être déçue aussi...