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Hannibal le lecteur

La folie de Dieu / Juan Miguel Aguilera

9 Août 2010 , Rédigé par Hannibal Publié dans #Littérature étrangère

La folie de Dieu est (pour faire bref) un roman d'aventure espagnol se déroulant au XIVe siècle. Paru en 2001 Au Diable Vauvert, ce livre de Juan Miguel Aguilera primé également en Espagne a reçu chez nous les Prix Bob Morane et Imaginales en 2002.

 


folie de dieuRésumé

En ce début du XIve siècle, les combats incessants que se livrent les seigneurs de la guerre désœuvrés entre deux croisades accélèrent le déclin de l’empire romain d’Orient.
Un haut dignitaire catalan persuade Ramon Llull, docte religieux versé dans les sciences, de l’accompagner dans une expédition sur les traces d’Alexandre le Grand à la recherche d’une cité de légende.
Loin de Constantinople, aux confins du désert qui s’étend après la mer d’Aral, un choc culturel attend ces guerriers du Moyen Age : au milieu d’une plaine de sel se dresse une éblouissante cité de verre et d’acier, édifiée par une communauté égalitaire préservée du monde et de ses guerres pendant plus de mille six cent ans.

 

 

Mon avis

Voilà un livre qui me faisait de l'oeil à la bibliothèque depuis un bon moment. Je ne saurai trop dire pourquoi mais la couverture ainsi que le titre me donnait envie d'aller voir de plus près de quoi il en retournait. Si je ne m'attendais pas vraiment à ça (d'ailleurs je ne sais pas à quoi je m'attendais) je n'ai pas été déçu, et c'est bien là le principal.

Juan Miguel Aguilera nous propose de suivre le parcours de Ramón Llull. Religieux et scientifique de génie à la curiosité inextinguible, celui qui fut plus tard surnommé le Docteur Illuminé et accusé d'hérésie a vécu des aventures pour le moins extraordinaires. Quid du vrai et du faux, pas toujours facile de le savoir (voir ici).

 

Épaulé par une équipe de mercenaires catalans, on lui confie la mission de localiser le royaume de Prêtre Jean, sorte d'Eldorado où se trouverait selon la légende de l'or à gogo et une invention à même d'être convertie en arme de guerre redoutable : le feu grégeois, avec ses flammes qui ne s'éteignent jamais, même au contact de l'eau. Pour vaincre définitivement les musulmans et sauver l'empire byzantin, il faut mettre la main sur cette arme à tout prix.

Dès le départ du grand voyage, les difficultés vont s'accumuler et le parcours jusqu'à la cité mythique sera semé d'embûches, pour ne pas dire plus.
Musulmans, Tartares, Alains, ce ne sont pas les peuplades souhaitant la mort de nos valeureux Catalans qui manqueront au cours du périple, ce qui nous offre du même coup beaucoup d'action et de nombreuses scènes de bataille très bien rendues. Alliances, complots, trahisons... Des champs de bataille aux hautes sphères de l'Empire, il s'en trame des choses...

« - Et quelle était ta quête ?
- Arriver à comprendre la logique de Dieu.
Oui, la logique de Dieu ; si les astres et le monde réalisent des mouvements complexes selon la logique mathématique élaborée par Dieu ; si les marées se succèdent en suivant le cycle du Soleil et de la Lune, comme Dieu l'a créé au début ; si les saisons se suivent, année après année, avec une parfaite régularité, et si les objets tombent toujours vers le bas, si le feu dispense toujours de la chaleur... si toutes ces forces ont été impulsées par Dieu, le grand architecte et horloger de cette oeuvre merveilleuse, pourquoi l'homme, créé par Lui à son image, choisit-il toujours des chemins aussi absurdes et tortueux lors de son passage sur la Terre ? »

Le personnage de Ramón Llull, vraiment central dans cette histoire, vaut à lui seul le détour. Franciscain, admirateur de Roger Bacon tout comme des grands scientifiques de son temps, il « bricole » lui-même d'ingénieuses machines et n'a de cesse de vouloir faire progresser la science et comprendre le pourquoi du comment du monde qui l'entoure.
On sent que Juan Miguel Aguilera s'est vraiment bien documenté sur la période, notamment concernant l'état des avancées scientifiques, et ce aussi bien en Occident que chez les musulmans (souvent en avance sur nous au Moyen-Âge, faut-il encore le rappeler). Au fil du roman, il nous décrit certaines prouesses scientifiques de l'époque, parfois méconnues voire insoupçonnées, et nous gratifie également de très belles inventions, à la limite de la science-fiction tout en restant du domaine du possible.

Vraie réussite que ce roman pour le moins atypique mêlant des faits historiques, religieux et scientifiques avérés au côté fictif de certaines inventions scientifiques et bien sûr des aventures des personnages. Beaucoup de talent chez cet auteur espagnol qu'est Juan Miguel Aguilera. Un roman à découvrir si les sujets abordés ne vous rebutent pas...

Je poursuivrai sûrement l'oeuvre de cet auteur si l'occasion m'en est donnée...

 


 

La folie de Dieu (La locura de Dios, 1998) de Juan Miguel Aguilera, Au Diable Vauvert (2001). Traduit de l'espagnol par Agnès Naudin, 527 pages.

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Marc 11/08/2010 10:34


En effet, ce roman a l'air bien intéressant. Ton article donne d eplus vraiment envie de le lire.

Bravo


Hannibal 11/08/2010 22:24



Merci. Bonnes lectures estivales !