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Hannibal le lecteur

L'inconnu du nord / Anna Jansson

17 Septembre 2010 , Rédigé par Hannibal Publié dans #Polar scandinave

L'inconnu du nord est un roman de la Suédoise Anna Jansson, initialement publié aux éditions du Toucan avant d'être repris au Livre de Poche.


inconnudunordRésumé

L'île de Gotland passe pour l'un des plus beaux paradis sauvages de Suède. Son chef-lieu, la petite ville de Visby, est une cité calme où chacun se connaît et se respecte. Forêts, plages et collines y sont autant de refuges pour les hommes et les oiseaux. L'inspecteur Maria Wern y mène l'existence d'une femme d'aujourd'hui, entre deux enfants adorés et un ex-mari souvent absent. Jusqu'au jour où l'île bascule dans la terreur. En lisière de forêt, un campeur a été retrouvé égorgé tandis qu'à quelques kilomètres au Sud, une épidémie de fièvre foudroyante se déclenche. Les malades meurent les uns après les autres, au même rythme que les assassinats qui se multiplient. Mais tout cela est-il vraiment une coïncidence ? Aidée du seul médecin qui lutte encore, Maria Wern veut tenir bon et mener son enquête. Une énigme où les inconnus sont nombreux... et très dangereux.


Mon avis

J'ai vraiment apprécié le tout début du roman, où un vieil homme du nom de Ruben se remémore ses premières amours. Ces passages de pure nostalgie typiquement nordiques, où tout remonte à la surface (odeurs, bruits, couleurs...), sont réussis et rappelle dans le style les Indridason et autres Theorin.

Malheureusement, c'est aussi la seule partie de ce roman que j'ai apprécié. Ensuite, il n'y a plus rien, ou du moins, plus rien qui ait significativement retenu mon attention.
Il y a bien un meurtre, celui d'un homme retrouvé égorgé dans sa tente, mais une fois le corps découvert, tout le monde semble s'en fiche totalement, y compris l'inspecteur et personnage principal de ce roman, une mère de famille du nom de Maria Wern (que l'on retrouve dans d'autres romans d'Anna Jansson comme Le pacte boréal).

« Tu sais, je sens que même moi je serai prêt à me battre pour qu'elle reçoive un traitement. Et je parle d'en venir aux poings pour éviter qu'il n'y ait plus de vaccins et de médicaments lors que ce sera son tour. Je sens que cette barrière psychologique qui nous empêche de devenir des fous furieux est extrêmement fragile, juste un léger vernis extérieur, en fait. Au bout du compte, je suis prêt à tuer pour qu'elle puisse vivre si nécessaire. Nous sommes incroyablement primitifs lorsque nous touchons aux choses essentielles. »
« C'est probablement le cas. Ça m'étonne de voir que les gens se montrent si calmes. C'est comme s'ils n'avaient pas vraiment conscience de la gravité de la situation. On a encore l'impression que tout se produit très loin d'ici lorsqu'on regarde la télé et qu'on écoute les comptes-rendus à la radio heure par heure. Comme si cela ne nous concernait pas et qu'il ne s'agissait que d'un reportage de plus sur une zone en guerre quelque part au bout du monde. Nous avons peut-être développé une espèce d'immunité à force de tout le temps entendre parler de la souffrance du monde dans notre salon. »

Il faut dire que Maria a d'autres chats à fouetter puisque l'île de Gotland, où elle vit et travaille, est touchée par une épidémie fulgurante du genre grippe aviaire, et qu'elle est directement concernée puisque son jeune fils, qui risque d'être contaminé, a été mis en quarantaine par mesure de précaution. S'en suit des passages explicatifs interminables sur la grippe aviaire, rébarbatifs au possible, surtout que le grand public connaît assez bien ce fameux H5N1 après le foin que les médias nous avait fait à l'époque, en France tout au moins.
En fait, cette épidémie est le principal sujet de préocupation des personnages, et c'est à son propos qu'est consacrée la plus grande partie des pages. Par moments, on a l'impression que le meurtre du début a été rajouté pour pouvoir dire qu'il s'agit d'un polar alors qu'il s'agit plus vraisemblablement d'un roman catastrophe. Au final, l'intrigue policière est plutôt bien pensée mais à mes yeux par trop ralentie par l'histoire de l'épidémie, qui prend le dessus et parasite le récit. Les deux ingrédients auraient sans doute pu se marier de bien meilleure façon mais j'ai l'impression qu'Anna Jansson s'est un peu trompée au niveau des dosages. Le roman aurait je pense été bien meilleure avec un peu plus d'enquête policière et un peu moins de psychose générale concernant le redoutable virus.

Si l'on ajoute à cela que les personnages sont vraiment quelconques et que certains passages du roman sont très prévisibles, on obtient un texte qui ne casse pas trois pattes à un canard, contaminé ou pas...
On apprend en ouvrant le roman (édition poche) que le texte a fait l'objet d'une adaptation sur grand écran. S'il faut parfois du courage pour lire ce roman, peut-être que le film ferait passer un moment plus agréable, puisqu'il y a un vrai potentiel dans cette histoire née de l'imagination d'Anna Jansson.

 


 

L'inconnu du nord (Främmande fägel, 2006) d'Anna Jansson, éditions du Toucan (2009). Traduit du suédois par Carine Bruy, 430 pages.

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Michel 19/09/2010 18:52


Ne suffit pas d'être suédois pour être bon


Hannibal 24/09/2010 11:48



Ca serait trop facile...


Ce qui n'empêche pas les éditeurs de le penser plus ou moins et de sortir du nordique à la chaîne. C'est d'ailleurs de là que vient le problème je pense. Je m'explique, en trois étapes.


1- Les premiers romans scandinaves publiés en France sont bons : ça marche bien pour les éditeurs.


2- De nombreux éditeurs se lancent alors dans la voie du polar nordique.


3- Vu que les meilleurs romans du genre ont en partie déjà été publiés, on commence à voir arriver des auteurs pas top...


 


Certes, mon raisonnement est un peu simpliste et on a encore quelques belles surprises en provenance du grand Nord (Mani, Theorin...).



alain 17/09/2010 21:56


Je passe par là. Les messages à l'adresse mel me reviennent. Bonsoir
Merci pour le message et content de découvrir Hannibal.
J'espère que vous ne serez pas déçu par le cours..
A bientôt à Lamballe au festival?
Bonne soirée
Alain


Hannibal 24/09/2010 11:42



Bizarre qu'ils reviennent. Les voies de l'Internet sont parfois impénétrables.


Oui, j'essaierai d'aller à Lamballe cette année.


A bientôt donc...



nina 17/09/2010 14:08


Merci pour votre commentaire,ça m'evitera de le chercher à la mediathèque.


Hannibal 24/09/2010 11:41



De rien...