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Hannibal le lecteur

L'été tous les chats s'ennuient / Philippe Georget

7 Juin 2010 , Rédigé par Hannibal Publié dans #Polar français

L'été tous les chats s'ennuient est le premier roman de Philippe Georget, édité par Jigal Polar.
Il faisait partie de la sélection printanière du Prix SNCF du polar et s'est même depuis ma lecture brillamment qualifié pour la finale.

 

Résumé

 

L'été arrive à Perpignan, et avec lui son lot de touristes, venus des quatre coins de l'Europe.

A l'occasion de sa promenade quotidienne sur la plage d'Argelès, un campeur retraité découvre le corps mutilé d'une jeune Hollandaise. Une autre Néerlandaise disparaît dans la foulée. Il n'en faut pas plus pour que les journaux commencent à évoquer la présence possible d'un serial-killer dans la région. Voilà de quoi occuper les policiers perpignanais, pour qui l'été est souvent synonyme d'ennui et de routine. L'enquête sur la disparition inexpliquée est donc confiée à Gilles Sebag et à son équipe, lesquels devront vite remonter la piste de la jeune femme pour espérer enrayer la série...

 

ete, tous les chats s'ennuientMon avis

 

« Sebag marchait dans les rues de Perpignan. Il surplombait la Basse. La petite rivière sagement canalisée dans le centre-ville coulait en contrebas de la chaussée. Ses quais engazonnés invitaient au repos mais ils étaient inaccessibles au public. Plantés sur la pelouse, des lauriers roses, blancs et rouges lançaient leurs fleurs aux couleurs vives jusqu'au trottoir.
Sebag était satisfait : il avait trouvé un portable qui faisait aussi téléphone. Il avait dû batailler ferme avec le vendeur mais avait fini par obtenir un modèle sans trop de gadgets. »

 

L'intrigue, sans être inouïe, est plutôt bonne : l'enquête progresse certes tranquillement, mais maintient un niveau de suspense plus qu'acceptable.

La grande richesse de ce premier roman est surtout à aller chercher du côté du contexte et des personnages. Philippe Georget vient tout juste d'élire domicile dans le Roussillon. C'en est presque difficile à croire tant il semble connaître la région catalane. Il y balade en tout cas le lecteur comme personne, pour son plus grand plaisir. Le soleil, la nature, le Canigou, tout y est, avec même quelques échanges en catalan en prime.

 

« Ils avaient déjà beaucoup discuté du travail de Gilles pendant leur randonnée. Sebag aimait bien faire le point avec son épouse sur les cas qui lui posaient problème. Pour qu'elle comprenne, il lui fallait tout réexpliquer, reprendre l'affaire du point de départ, n'omettre aucun détail. En relatant les faits pour Claire, il se mettait à les appréhender lui aussi avec un regard neuf. Souvent cela l'avait amené à remettre en cause des éléments considérés trop vite comme acquis par toute l'équipe. Car l'esprit critique s'émoussait vite à mesure que l'enquête progressait. Surtout lorsque l'on tenait une piste, voire un suspect. L'instruction à charge et à décharge était la plus grande fumisterie de la justice française. Thèse, antithèse, foutaise... »

 

Autre grand point fort de ce roman, les personnages, et tout particulièrement celui de Gilles Sebag. On croise souvent dans les polars des super-policiers qui travaillent pour ainsi dire 24h/24 et 7j/7, qui n'ont aucune vie personnelle et ne vivent que pour leur métier. Heureusement, il se trouve des auteurs à nous proposer des policiers simplement humains et Philippe Georget est de ceux-là. Sebag aime sa femme et ses deux enfants. Il s'ennuie souvent au boulot et pense à eux dans la journée, attendant avec hâte la soirée ou le week-end pour les retrouver. Leur couple va bien, mais ces derniers temps, il trouve Claire plus distante et commence à se poser des questions... L'homme a ses doutes, ses failles, une vie de famille... et ça fait du bien.

 

Autre chose que j'ai appréciée dans ce roman : de temps en temps, Philippe Georget s'amuse bien avec les proverbes et ça donne ça :

 

« Ses condamnations, dont celle pour violence, signifiaient qu'il n'était pas un doux agneau, mais de là à faire de lui automatiquement un meurtrier... Qui casse un oeuf ne tue pas forcément un boeuf. Encore moins une jeune femme. »

 

ou encore

 

« Comme disait le proverbe : tel est épris qui croyait prendre. »

 

Philippe Georget nous offre avec L'été tous les chats s'ennuient un bien agréable moment de lecture. Ce premier roman abouti – il a déjà été plusieurs fois récompensé – ne devrait pas avoir de mal à plaire à un large public et laisse augurer pour son auteur une belle carrière dans le polar. Les lecteurs du Prix SNCF du polar ne s'y sont pas trompés, en qualifiant ce roman pour la finale de la 11e édition.

 


 

L'été tous les chats s'ennuient de Philippe Georget, éditions Jigal Polar (2009) 340 pages

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Commenter cet article

track cell 12/01/2012 11:06

A moins qu'il ne s'agisse de Laurent Brard, avec Le fils des brûlés, auquel cas c'est chez Plon.

holden 28/04/2011 16:48


connais pas georget
j'ai bien connu une georgete qu tenanti un bar et qui .....
censuré


Hannibal 04/05/2011 12:25



Tu peux découvrir Georget aussi... C'est vraiment pas mal.



holden 28/04/2011 16:25


ok je rend les armes
et oublie pas de lire le navire en cerf....muahhhhh
et sors les poubelles

a peluche amigo


Hannibal 28/04/2011 16:47



Oaouh, ça va loin là, mais je crois que j'ai compris quand même.
Dès que j'ai fini mes livres de bibliothèque (en retard), je lui fait sa fête, avec le nouveau Georget aussi.



holden 28/04/2011 15:56


tien cheri pense à lire laurent bard au seul
c'est le meme genre enmeix
nanje pliasnte
et sors le spoubelles j'en ai marre


Hannibal 28/04/2011 16:24



Laurent Bard au seul, c'est à dire ? Un jeu de mot avec l'or en barre ou un auteur inconnu au bataillon ? A moins qu'il ne s'agisse de Laurent Brard, avec Le fils des brûlés, auquel cas c'est
chez Plon.
J'adore essayer de décrypter tes commentaires, ça m'occupe...



nina 14/09/2010 16:11


Oui,je ne lis que du tres noir (enfin,ce que je trouve à la bibli).Grangé,Chattam,Thilliez,Ferey.....Mo Hayder.

Mon style,ce serait plutôt"Le massacre des innocents"",mais il faudra attendre.Au moins 6 mois.Le temps que quelqu'un lise le cahier des suggestions.

Non,les enquètes,qui"progressent tranquillement",merci,mais je laisse ma place.

Enfin,au moins,avec vos commentaires éclairés,on ne peut pas se tromper,nous sommes prevenus.


Hannibal 24/09/2010 11:39



Effectivement, on n'est pas là dans le noir sanguinolent, ce qui ne m'a pas empêché d'apprécier ce roman, et même d'attendre le prochain texte de Philippe Georget...


Ravi de voir que mes chroniques servent à quelque chose, merci.