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Hannibal le lecteur

L'édition / Bertrand Legendre

30 Août 2010 , Rédigé par Hannibal Publié dans #Essai

L'édition est un titre de la collection « Idées reçues » dans lequel Bertrand Legendre, spécialiste du secteur nous éclaire sur le monde de l'édition et la chaîne du livre.


éditionSommaire

Introduction

Les auteurs
« Pas de livres sans auteurs. »
« Pour être publié, il faut être pistonné. »
« Il est plus facile d'être publié chez un petit éditeur. »
« Les éditeurs exploitent les auteurs. »

Le milieu de l'édition
« L'édition est un milieu parisien. »
« Les éditeurs ne servent à rien. »
« L'édition n'est pas rentable. »
« Le livre est un artisanat. »
« L'édition, c'est avant tout la littérature. »
« Le numérique va tuer le livre. »

Le circuit du livre
« Il y a trop de livres. »
« Les livres sont trop chers. »
« L'offre des librairies en ligne est plus large. »
« Les distributeurs sont tout-puissants. »
« Il n'y a que le « grand public » qui se vende. »
« On n'a plus besoin des bibliothèques. »

Conclusion


Mon avis

« Issues de la tradition ou de l'air du temps, mêlant souvent vrai et faux, les idées reçues sont dans toutes les têtes. Les auteurs les prennent pour point de départ et apportent ici un éclairage distancié et approfondi sur ce que l'on sait ou croit savoir. »

Comme souvent dans la collection « Idées reçues », Bertrand Legendre répond ici de manière très claire et très synthétique aux principales idées reçues concernant le domaine de l'édition.
Jamais tout à fait exactes, jamais complètement à côté de la plaque, les idées reçues sont passées au crible par l'auteur, qui les nuance et démêle le vrai du faux.

« Pour être publié, il faut être pistonné. »
Forcément – et c'est pareil pour trouver du boulot, un appartement et que sais-je encore – ça aide, c'est indéniable, mais l'auteur va un peu plus loin dans le raisonnement avec chiffres à l'appui, et c'est assez impressionnant. : « Il ne faut pas sous-estimer le fait que l'accès à la publication suppose souvent une certaine  professionnalisation de l'auteur. Dans le domaine littéraire, plus de la moitié des auteurs d'un premier roman sont issus d'une sphère professionnelle qui regroupe des métiers liés à l'enseignement, à la culture et à la communication, et sont donc plus ou moins familiers des pratiques d'écriture, des évolutions des genres et de la production contemporaine. L'auteur devenu romancier ex nihilo, en étant vraiment étranger au milieu éditorial et à la pratique de l'écriture, ne correspond que très partiellement à la réalité des situations. Il en va de même dans les autres domaines de la production éditoriale. »

Dans le cadre de sa réponse à l'idée reçue « Les livres sont trop chers. », Bertrand Legendre rappelle le principe – et la nécessité – du prix unique du livre, qui prévaut en France depuis la loi Lang de 1981. Pour ceux qui n'en connaîtraient pas la teneur, il faut savoir que la mesure principale stipule que le prix du livre est fixé par son éditeur, et que nul point de vente ne peut le vendre moins cher (seule une remise de 5% est tolérée).
Pour comprendre son intérêt, il suffit de prendre le contre-exemple du Royaume-Uni. Outre-Manche, il existait depuis 1900 un système comparable : le Net Book Agreement. Sa suppression en 1995 a été suivie d'un renforcement des grandes enseignes au détriment des librairies indépendantes. Ces grosses chaînes de librairies ont ensuite  véritablement pesé sur les choix des éditeurs, les poussant toujours plus à produire ce qui se vend vraiment, au détriment de la diversité culturelle et de la qualité des oeuvres.
Avec le prix unique du livre, on cherche donc à maintenir la diversité éditoriale (et la qualité, c'est lié à mon avis) et à donner une chance aux petites librairies de s'en sortir.
Et même si l'on trouvera toujours les livres trop chers, surtout quand on lit beaucoup, « l'heure de cinéma comme celle de concert sont plus chères que l'heure de lecture », comme le dit Bertrand Legendre. Au final, la lecture est un des loisirs culturels les moins chers, surtout si l'on fréquente une bibliothèque...

Dans sa réponse à l'affirmation « L'offre des librairies en ligne est plus large. », l'auteur ré-explique brièvement la différence entre distribution et diffusion. Pour comprendre quelque chose au circuit du livre, il est essentiel de saisir cette différence et beaucoup de personnes font l'amalgame. Laissons la parole à Bertrand Legendre.
« [La distribution] recouvre les fonctions de stockage, de traitement des commandes, d'expédition, de facturation et de recouvrement. Son activité peut aussi être décrite comme la gestion de flux physiques (les ouvrages), de flux d'informations (les données informatiques) et de flux financiers (le recouvrement des factures et la répartition des ressources vers les éditeurs). De son côté, la diffusion est une activité commerciale, assurée traditionnellement par des équipes de représentants dont le rôle est d'informer les points de vente et de prendre des commandes sur les nouveautés et sur le fonds. »

A toutes les réponses à ces idées reçues s'ajoutent des annexes intéressante comprenant un récapitulatif des sept principaux groupes d'édition en France (Hachette Livre, Editis Planeta, Groupe La Martinière, Media Participations, Groupe Flammarion, Groupe Gallimard, Groupe Albin Michel) avec leurs nombreuses maisons d'édition, ainsi que la rubrique « Pour aller plus loin », avec une bibliographie assez fournie...

Vous voulez être au clair concernant le monde de l'édition sans vous prendre la tête ? Pas besoin de lire une thèse : en moins de 130 pages et très clairement, Bertrand Legendre vous (ré)inculque le B.A.-BA du secteur. Un très bon ouvrage synthétique et vulgarisateur sur l'édition.


 

L'édition de Bertrand Legendre, Le Cavalier Bleu / Idées reçues, 126 pages.

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nina 03/09/2010 15:41


On devrait nous distribuer ce livre gratuitement.

Mais,de plus,je crois que ça ne changera pas grand chose à ce que nous pensons déjà.

Comment peut on se payer 3 livres en une semaine,voilà une bonne question.

Pour ma part,je lis ce que je trouve à la médiathèque,ou chez le bouquiniste (qui vend les Sonatine à 3 euros).Et tant pis,si je ne peux lire ce que je veux (Scalese,Marin Ledun,etc.)


Hannibal 08/09/2010 17:39



"Comment peut on se payer 3 livres en une semaine,voilà une bonne question."


En étant riche ! Non, sinon pour lire à ce rythme il faut écumer les bibliothèques et/ou avoir la chance de recevoir des SP.



bruno 30/08/2010 19:13


Mon cher Hannibal, voilà que tu viens de méchamment titiller ma curiosité!!! qui plus est sur quelque chose qui sort de l'ordinaire et qui doit être forcément intéressant à lire pour un futur
écrivain ( que je ne suis pas ) mais aussi pour tous les blogueurs( dont je suis) qui consacrent du temps à leur amour du Livre aux œuvres de leurs auteurs préférés ! Quel bon principe que de
tordre le cou à certaines idées reçues! j'espère simplement que cet ouvrage est facile à se procurer,vu qu'il s'agit d'une petite maison d'édition me semble t-il, et que je n'aurai pas cette
frustration qui fut la mienne quand j'ai voulu me procurer le roman d Eric Maneval " retour à la nuit", lui aussi paru chez un petit éditeur.En effet, je n'y suis jamais arrivé, que ce soit en
passant par mon libraire habituel ou par des grosses enseignes en ligne.j'espère que j'aurai plus de chance avec celui ci !! merci en tout cas pour cette excellente idée de lecture!


Hannibal 08/09/2010 17:38



Je n'ai pas eu de problème à commander ce titre chez ma libraire. Je pense que tu devrais pouvoir te le procurer assez facilement... Bonne et instructive lecture !


Pour Retour à la nuit, fais-moi signe si tu veux que je te le prête. Je peux te l'envoyer par la poste si ça te dis...