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Hannibal le lecteur

L'écho des morts / Johan Theorin

24 Février 2010 , Rédigé par Hannibal Publié dans #Polar scandinave

L'écho des morts est le second roman du jeune Suédois Johan Theorin dont j'avais beaucoup aimé le premier, L'heure trouble (je vous en avais d'ailleurs déjà parlé ici-même).


écho des mortsRésumé

Joakim et Katrine Westin emménagent avec leurs deux enfants à Åludden, où ils comptent retaper une vieille demeure construite, selon la légende locale, à partir des restes d'une épave.
Tilda Davidsson vient d'obtenir son premier poste de policière et s'installe elle aussi sur l'île d'Öland, à Marnäs, le village de son grand-père, qu'elle a choisi pour débuter sa carrière.
Un jour de novembre, l'institutrice des enfants appelle Tilda pour signaler la présence d'un corps sur la côte. Il s'agit de Katrine, qui s'est manifestement noyée. Une glissade sur les rochers ? Un suicide ? Autre chose ? C'est ce que va devoir déterminer la jeune policière, qui ne manque pas de travail, avec les cambriolages qui sévissent dans la région...


Mon avis

On retrouve dès les premières lignes le ton si particulier employé par Johan Theorin dans son précédent roman. Il fait d'ailleurs rapidement référence à ce dernier puisque Tilda va visiter son grand-oncle Gerlof, l'un des personnages principaux de L'heure trouble. Celui-ci occupe une fois de plus un rôle central, aidant sa petite-nièce à résoudre l'enquête depuis sa maison de retraite.
Poursuivant sur la lancée de son premier roman, le Suédois nous propose de nouveau un véritable polar d'atmosphère, où l'intrigue, efficace bien qu'assez classique, n'est pas la principale qualité.

« Il acheta aussi un kilo de fromage. A Noël, Katrine avait toujours aimé manger des tartines avec d'épaisses tranches de fromage.
Cela n'était pas raisonnable mais, la semaine précédente, Joakim était allé jusqu'à lui acheter un cadeau de Noël. Descendu à Borgholm afin de trouver des cadeaux pour les enfants, il avait vu dans une vitrine une tunique vert claire qui aurait plu à Katrine. Il avait d'abord fini ses emplettes au magasin de jouets, puis il était repassé acheter la tunique.
« Avec un paquet-cadeau s'il vous plaît... c'est pour Noël. » On lui avait donné un beau paquet rouge avec un ruban blanc. »


Joakim est plongé dans la dépression et le déni, et ne parvient pas à avouer à ses enfants la mort de leur mère, qu'ils croient partie pour un temps. Ce second décès fait suite à celui de sa soeur, héroïnomane, dont il avait déjà du mal à se remettre. Du côté de Tilda, cela ne va pas fort non plus puisque son amant – père de famille de surcroît – lui annonce la fin de leur idylle.

« De loin, Stockholm avait fière allure, majestueuse au bord de la Baltique, dispersée sur des confettis d'îles, mais Joakim ne ressentait pourtant aucune joie à retrouver la ville de son enfance. Tout ce qu'il voyait, c'était les embouteillages, les files de voitures où chacun jouait des coudes pour passer en premier. L'espace manquait pour tout : logement, places de stationnement, crèches – même dans les cimetières ! On encourageait désormais les gens à se faire incinérer, Joakim l'avait lu dans le journal, pour économiser de l'espace.
Åludden lui manquait déjà. »


A l'instar de ses personnages, Theorin plonge ses lecteurs dans un état de mélancolie qui s'accorde parfaitement à la rudesse de l'hiver suédois, le tout étant parfaitement dépeint par l'auteur.
Parallèlement, le suspense monte peu à peu en puissance, et l'intrigue – entremêlant habilement passé et présent – s'emballe totalement dans les derniers chapitres, mémorables malgré un dénouement pas entièrement convaincant.

Bien que cette intrigue soit peut-être légèrement inférieure à celle de L'heure trouble, Johan Theorin confirme qu'il est un écrivain de grand talent, surtout lorsqu'il s'agit de retranscrire la psychologie des personnages et les ambiances si particulières de l'île d'Öland. Pas étonnant alors que les Suédois s'arrachent ses romans, en tête des ventes de polar au pays des Stieg Larrson et autres Henning Mankell.



L'écho des morts
(Nattfåk ,2008) de Johan Theorin, Albin Michel (2010). Traduit du suédois par Rémi Cassaigne, 416 pages.

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michel Brunet 30/04/2011 19:07


Au milieu de la tempête, on pénètre dans la grange; on trouve le passage secret et tout en haut, on accède à la chapelle de tout ceux qui sont passés par là et on laissés leur âme vagabonde.
Michel


Hannibal 04/05/2011 12:32



Merci pour ce joli commentaire Michel.


Je suis passé voir votre site. Sympa !


Je n'ai pas encore lu Morsaline mais d'Hervé Sard, j'ai beaucoup aimé Vice Repetita, que je vous conseille volontiers.



pimprenelle 16/03/2010 13:02


En effet, tout l'intérêt du roman réside dans la construction des personnages et dans cette atmosphère absolument troublante de tempêtes et de légendes. Un gros coup de coeur pour moi!


Hannibal 17/03/2010 23:18


Un très bon roman effectivement. Peut-être pas un gros coup de coeur, mais un petit oui. J'ai quand même préféré L'heure trouble. Vous devriez adorer je pense !


Ys 08/03/2010 13:35


Je suis en pleine période polars et il va bien falloir que j'y introduise un peu de grand froid... il me reste bien des auteurs classiques scandinaves à découvrir avant cet auteur, pas encore lu
Nesbo, Mankell...


Hannibal 12/03/2010 22:17


Ni moi non plus ! J'avoue n'avoir encore jamais lu un Nesbo, un Mankell, ni même un Sjöwall/Wahlöö...
Effectivement, les bons - voire très bons - auteurs de polar nordique ne manquent pas.