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Hannibal le lecteur

L'armée furieuse / Fred Vargas

29 Novembre 2011 , Rédigé par Hannibal Publié dans #Polar français

L'armée furieuse, paru chez Viviane Hamy en mai dernier, est (pour le moment) le dernier roman de Fred Vargas. On y retrouve le commissaire Adamsberg.

 

 

Armee-furieuse.jpgRésumé

 

Une femme paniquée arrive de Normandie au commissariat d'Adamsberg et demande à lui parler en personne. Pourquoi avoir fait le déplacement à la capitale ? Parce qu'elle ne peut pas voir le capitaine de la gendarmerie locale en peinture, et surtout, parce que l'heure est grave. Un dénommé Herbier, haï de la plupart des habitants, a subitement disparu. Mais surtout, son « départ » coïncide avec la vision de l'Armée furieuse qu'a eue la fille de Madame Vendermot, la plaignante. Selon la légende, toute personne apparaissant aux côtés de la Mesnie Hellequin (l'Armée a de nombreuses appellations) est condamnée à une mort certaine dans de brefs délais. Le pire, c'est que Lina a vu plusieurs villageois. Aussi, les décès pourraient être nombreux à Ordebec...
Au même moment, un homme d'affaires important est retrouvé carbonisé dans sa voiture de luxe. Momo-mèche-courte, qui adore brûler des véhicules à ses heures perdues, est le coupable idéal. Mode opératoire, preuves matérielles : tout le désigne. Justement, ça fait un peu trop au goût d'Adamsberg, qui ne croit pas à la culpabilité du jeune délinquant. Ajoutez à cela un meurtre à la mie de pain et un pigeon ligoté et vous comprendrez que le policier a autre chose à faire que d'aller voir les vaches normandes. Quand même intrigué par cette drôle de légende, il finit par céder à l'envie d'aller enquêter sur cette affaire mystérieuse et prend la route du Calvados.

 

 

Mon avis

 

« En soi, perdre du temps ne gênait pas Adamsberg. Insensible à la brûlure de l'impatience, il n'était pas prompt à suivre le rythme souvent convulsif de ses adjoints, pas plus que ses adjoints ne savaient accompagner son lent tangage. Adamsberg n'en faisait pas une méthode, encore moins une théorie, mais il lui semblait que, concernant le temps, c'était dans les interstices presque immobiles d'une enquête que se logeaient parfois les perles les plus rares. Comme les petits coquillages se glissent dans les fissures des rochers, loin de la houle de la haute mer. En tout cas, c'était là que lui les trouvait. »


Sur place, le célèbre commissaire fait la connaissance de toute une galerie de personnages, plus atypiques les uns que les autres, que Fred Vargas décrit comme personne avec le talent qu'on lui connaît. Il y a les Vendermot : Lina, qui a eu la fameuse vision et s'occupe de faire vivre la famille ; le fragile Antonin, qui serait en argile et nécessite donc une attention permanente ; enfin, Hippolyte, et ses doigts coupés. Et tous sont capables de communiquer, non pas en verlan, mais carrément à l'envers emmoc icec ! Il y a aussi le capitaine Émeri, le Comte d'Ordebec, et surtout Léo, une vieille dame qui a la gentillesse d'héberger Adamsberg. Assez rapidement, le corps d'Herbier est découvert et le village se met à paniquer, car la prophétie de Lina se réalise. Puis c'est Léo qui est retrouvée laissée pour morte. Celle qui fut un temps l'épouse du Comte en savait-elle trop ? Adamsberg aimerait bien l'entendre, mais lorsqu'on est dans le coma, on n'est guère loquace. Alors, il la veille, lui raconte des histoires, tout en réfléchissant à ses enquêtes en cours.

 

«  - Je vous croyais hostile à l'accusation, dit Danglard d'un ton un peu précieux.

- Mais depuis, j'ai vu ses yeux. Il l'a fait, Danglard. C'est triste, mais il l'a fait. Volontairement ou non, c'est ce qu'on ne sait pas encore.

S'il y avait une chose que Danglard réprouvait plus que tout chez Adamsberg, c'était cette façon de considérer ses sensations comme des faits avérés. Adamsberg rétorquait que les sensations étaient des faits, des éléments matériels qui avaient autant de valeur qu'une analyse de laboratoire. Que le cerveau était le plus gigantesque des labos, parfaitement capable de sérier et d'analyser les données reçues, comme par exemple un regard, et d'en extraire des résultats quasi certains. Cette fausse logique insupportait Danglard. »


Les protagonistes sont excellents, c'est un fait, mais le plus fort, c'est que le reste est à l'avenant. Les dialogues sont savoureux, l'humour très présent, les rebondissements multiples et souvent imprévisibles.

 

« Émeri n'était pas un imbécile. Il savait que ses hommages à l'aïeul compensaient une vie qu'il estimait médiocre, et un caractère qui n'avait pas la hardiesse fameuse du maréchal. Craintif, il avait fui la carrière militaire de son père et opté, en matière d'armée, pour le corps de la gendarmerie nationale, et en matière de conquêtes, pour le corps des femmes. »

C'est connu, les romans de Fred Vargas ne plaisent pas à tout le monde, en partie à cause de leur côté décalé, de la forte originalité qui s'en dégage. Aussi, il est vraisemblable que certains lecteurs n'accrocheront pas à ce nouvel opus des enquêtes d'Adamsberg. Mais pour les aficionados, quel régal ! Le rythme n'est pas forcément effréné mais le roman est pourtant quasiment impossible à lâcher. Pour ceux qui n'ont jamais lu Fred Vargas, il s'agit sans doute d'un des meilleurs titres pour découvrir cet auteur de grand talent. Pour ma part (je suis encore loin d'avoir lu toute son oeuvre), c'est pour l'instant mon préféré.

 


 

L'armée furieuse, de Fred Vargas, Viviane Hamy / Chemins Nocturnes (2011), 425 pages.

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dominque 06/12/2011 17:27

t'es trop fort
je m'inclines

Hannibal 08/12/2011 22:00







alain 05/12/2011 17:27

Et oui, moi aussi je me suis laissé embarquer..

Hannibal 06/12/2011 17:17



Et vu que tu as sûrement le pied marin... Content que ça t'ai plu.


Et sinon, tu as vu mon message concernant le polar préférés de ces quinze dernières années des auteurs présents à Lamballe ?



dominque 30/11/2011 09:20

beurkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkk

Hannibal 06/12/2011 17:13



Non tu te trompes, là, c'est Vargas. Burke j'en parlerai bientôt puisque j'ai lu La nuit la plus longue il y a peu.



dasola 29/11/2011 20:01

Bonsoir, je suis contente d'avoir découvert Fred Vargas grâce à ce roman qui m'a aussi beaucoup plu. L'intrigue est bien menée. Je pense retenter l'expérience. Voir mon billet du 22/08/11
http://dasola.canalblog.com/archives/2011/08/22/21830627.html. Bonne soirée.

Hannibal 06/12/2011 17:11



Content qu'il t'ai plu. Je suis encore loin d'avoir tout lu de Vargas mais parmi ceux que j'ai beaucoup aimé il y a Un peu plus loin sur la droite (ça devait être mon
Vargas préféré avant celui-ci), qui ne met pas en scène le commissaire Adamsberg par contre.