Cosa fácil est un roman noir mexicain écrit par
Paco Ignacio Taibo II en 1977.
Résumé
Hector Belascoaran Shayne est détective privé à Mexico. Alors qu’il peut parfois être un moment sans affaire, il s’en voit proposer plusieurs coup sur coup. Un homme est persuadé que Zapata n’a pas
été assassiné et lui demande de partir à sa recherche. Une actrice de seconde zone craint pour la vie de sa fille et voudrait bien qu’il la protège. Un ingénieur s’est fait assassiner dans une
usine où la grève bat son plein et les dirigeants souhaiteraient qu’il démasque l’assassin.
Trois affaires bien différentes, et en même temps, n’est-ce pas trop ? Apparemment pas pour Hector, qui ne semble pas vouloir s’arrêter avant d’avoir tout élucidé.
Mon avis
Ayant récemment eu la chance de rencontrer
Paco Ignacio Taibo II au salon du livre de Paris, je ne pouvais plus faire l’impasse sur l’œuvre de ce grand nom du polar mexicain, dont j'avais
déjà entendu grand bien.
Si vous me demandez pourquoi il est détective privé, je serais bien en peine de vous répondre. Il est évident qu’à certains moments, il préférerait ne pas l’être, comme il y a des moments où je
préférerais être n’importe quoi, sauf écrivain.
Raymond Chandler, cité par l’auteur en exergue du chapitre 5
Le personnage d’Hector m’a beaucoup plu.
Un privé à moitié looser, obligé de partager son bureau avec un plombier, un spécialiste des égouts et un tapissier, pour pouvoir s’en sortir financièrement. Un détective qui suit son instinct mais
se laisse aller, ne dort quasiment jamais, fume comme un pompier, boit des litres de cola…
Le suivre au quotidien est un plaisir, puisque les scènes assez cocasses ne manquent pas. Hector prend des commandes de tapisserie pour son collègue, se plaint de la sévère augmentation du Pepsi,
et doit en plus de ses affaires en cours gérer des problèmes d’héritage suite à la mort de sa mère. Suivre "Les heures du Corbeau" – cette émission de radio qu’Hector écoute pour tromper l’ennui et
surmonter le sommeil lors de ses interminables nuits de filatures – est également très sympa.
Il s’éloigna du mur et contempla les trois photos et les trois papiers qui les accompagnaient comme si cela avait été un tableau de Van Gogh. Un détective de roman policier se serait
écrié « Eurêka ! ». Et tout se serait mis en place.
Mais les choses n’étaient pas toujours ce dont elles avaient l’air, a plus forte raison alors qu’il ne disposait que d’informations en morceaux qui se recoupaient vaguement. […]
C’était décidément le grand avantage de la vie sur la fiction : elle était sensiblement plus compliquée.
La figure du labyrinthe est évoquée par
Taibo II dans le roman, et c’est effectivement ce à quoi fait penser
Cosa fácil. Hector a choisi de faire face à trois affaires assez
complexes en même temps, et a grand peine à s’en sortir : tant mieux.
Le rythme est lent, puisque l’accent est mis sur le quotidien d’Hector au moins autant que sur ses enquêtes à proprement parler : peu importe.
Suivre Hector dans son travail est un réel plaisir. Il n’a pas les cellules grises ni les intuitions géniales d’un Hercule Poirot, ne maîtrise pas les arts martiaux à la perfection, n’a pas le
physique d’un super-héros… Il est le détective que tout le monde pourrait être – avec un peu d’entraînement – et c’est ce qui fait son charme.
Dans cette vie, mourir est facile
Mais vivre, est bien plus difficile
Vladimir Maïakovski, cité par l’auteur en exergue du roman
Au final, j’ai passé avec
Cosa fácil de très bons moments en compagnie de ce détective singulier qu’est Hector et poursuivrai avec plaisir la lecture de l’œuvre de
Paco Ignacio Taibo
II.
Cosa fácil, (
Cosa fácil, 1977) de
Paco Ignacio Taibo II, Rivages/Noir (1994). Traduit de l’espagnol (Mexique) par Mara Hernandez et René Solis (244 pages).