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Hannibal le lecteur

Cosa fácil / Paco Ignacio Taibo II

6 Avril 2009 , Rédigé par Hannibal Publié dans #Polar sud-américain

Cosa fácil est un roman noir mexicain écrit par Paco Ignacio Taibo II en 1977.


Résumé

Hector Belascoaran Shayne est détective privé à Mexico. Alors qu’il peut parfois être un moment sans affaire, il s’en voit proposer plusieurs coup sur coup. Un homme est persuadé que Zapata n’a pas été assassiné et lui demande de partir à sa recherche. Une actrice de seconde zone craint pour la vie de sa fille et voudrait bien qu’il la protège. Un ingénieur s’est fait assassiner dans une usine où la grève bat son plein et les dirigeants souhaiteraient qu’il démasque l’assassin.
Trois affaires bien différentes, et en même temps, n’est-ce pas trop ? Apparemment pas pour Hector, qui ne semble pas vouloir s’arrêter avant d’avoir tout élucidé.


Mon avis

Ayant récemment eu la chance de rencontrer Paco Ignacio Taibo II au salon du livre de Paris, je ne pouvais plus faire l’impasse sur l’œuvre de ce grand nom du polar mexicain, dont j'avais déjà entendu grand bien.

Si vous me demandez pourquoi il est détective privé, je serais bien en peine de vous répondre. Il est évident qu’à certains moments, il préférerait ne pas l’être, comme il y a des moments où je préférerais être n’importe quoi, sauf écrivain.
Raymond Chandler, cité par l’auteur en exergue du chapitre 5

Le personnage d’Hector m’a beaucoup plu.
Un privé à moitié looser, obligé de partager son bureau avec un plombier, un spécialiste des égouts et un tapissier, pour pouvoir s’en sortir financièrement. Un détective qui suit son instinct mais se laisse aller, ne dort quasiment jamais, fume comme un pompier, boit des litres de cola…
Le suivre au quotidien est un plaisir, puisque les scènes assez cocasses ne manquent pas. Hector prend des commandes de tapisserie pour son collègue, se plaint de la sévère augmentation du Pepsi, et doit en plus de ses affaires en cours gérer des problèmes d’héritage suite à la mort de sa mère. Suivre "Les heures du Corbeau" – cette émission de radio qu’Hector écoute pour tromper l’ennui et surmonter le sommeil lors de ses interminables nuits de filatures – est également très sympa.

Il s’éloigna du mur et contempla les trois photos et les trois papiers qui les accompagnaient comme si cela avait  été un tableau de Van Gogh. Un détective de roman policier se serait écrié « Eurêka ! ». Et tout se serait mis en place.
Mais les choses n’étaient pas toujours ce dont elles avaient l’air, a plus forte raison alors qu’il ne disposait que d’informations en morceaux qui se recoupaient vaguement. […]
C’était décidément le grand avantage de la vie sur la fiction : elle était sensiblement plus compliquée.


La figure du labyrinthe est évoquée par Taibo II dans le roman, et c’est effectivement ce à quoi fait penser Cosa fácil. Hector a choisi de faire face à trois affaires assez complexes en même temps, et a grand peine à s’en sortir : tant mieux.
Le rythme est lent, puisque l’accent est mis sur le quotidien d’Hector au moins autant que sur ses enquêtes à proprement parler : peu importe.
Suivre Hector dans son travail est un réel plaisir. Il n’a pas les cellules grises ni les intuitions géniales d’un Hercule Poirot, ne maîtrise pas les arts martiaux à la perfection, n’a pas le physique d’un super-héros… Il est le détective que tout le monde pourrait être – avec un peu d’entraînement – et c’est ce qui fait son charme.

Dans cette vie, mourir est facile
Mais vivre, est bien plus difficile

Vladimir Maïakovski, cité par l’auteur en exergue du roman

Au final, j’ai passé avec Cosa fácil de très bons moments en compagnie de ce détective singulier qu’est Hector et poursuivrai avec plaisir la lecture de l’œuvre de Paco Ignacio Taibo II.



Cosa fácil, (Cosa fácil, 1977) de Paco Ignacio Taibo II, Rivages/Noir (1994). Traduit de l’espagnol (Mexique) par Mara Hernandez et René Solis (244 pages).

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A_girl_from_earth 03/05/2009 23:46

Ah oui c'est bien cette conférence-là! Je suis tombée dessus par hasard vers la fin, n'ayant pas vraiment étudié le programme du salon, et 10-15 mn m'ont suffit à le trouver génial. J'ai vraiment regretté d'avoir raté le début de la conférence! J'espère bien retrouver ce Taibo à travers ses romans!

A_girl_from_earth 03/05/2009 16:28

Tiens c'est drôle, moi aussi c'est après avoir vu Paco Ignacio Taibo II au salon du livre que j'ai été saisie d'une envie irrésistible de lire ses romans!:) Il ne laisse clairement pas indifférent. Je vais commencer bientôt avec La vie même et j'ai noté aussi Cosa facil!

Hannibal 03/05/2009 16:56


S'il s'agissait de la conférence "Une heure avec Taibo II", ça veut dire qu'on s'est croisé au salon sans le savoir. Effectivement, c'était excellent. Un grand monsieur, très intéressant, maniant
l'humour comme personne, qui ne connaît pas la langue de bois... Bref, il est dans la vie comme on pourrait l'imaginer d'après ses romans.

Je reparlerai sans aucun doute de cet auteur par ici.

Bonnes lectures "taiboesques" !


cynic63 06/04/2009 14:51

Longtemps que je n'en ai pas lu...j'avais beaucoup aimé "la vie même" et "quelques nuages". C'est sans risque..

Hannibal 06/04/2009 19:13


Cosa fácil est pour ma part mon premier roman de Taibo II mais je ne compte pas m'arrêter là.
M'attendent déjà à la maison A quatre mains - que je lirai cette année dans le cadre du Défi Littérature policière sur les 5 continents, que tu connais bien - et Ombre de l’ombre,
que j'ai ramené dédicacé du Salon du livre.
Je note les titres que tu cites en sachant qu'apparemment tout est bon chez Taibo II.

Merci pour ton commentaire Cynic. Je passe également assez souvent sur ton blog. Il faudrait que je pense à laisser des commentaires plus souvent. Promis, je vais essayer.

Bonnes lectures noires et à bientôt