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Hannibal le lecteur

186 marches vers les nuages / Joseph Bialot

8 Mars 2009 , Rédigé par Hannibal Publié dans #Polar français

186 marches vers les nuages est le nouveau roman du prolifique Joseph Bialot, paru chez Métailié/Noir.


Résumé

Berlin, 1945. Bert Waldeck, retrouve sa ville natale après avoir passé onze années dans les camps nazis en tant que schutzhäftling, détenu de sécurité enfermé sans jugement.
Ayant survécu à l’enfer des camps puis au naufrage du Cap Arcona, prison flottante coulée par les Anglais, il se fait recruter par un officier américain. Celui-ci attend de Bert qu’il l’aide à retrouver Hans Steiner, un officier SS qu’il a bien connu, recherché comme criminel de guerre.


Mon avis

J’ai pour la première fois entendu parler de Joseph Bialot l’année dernière. Son roman Le jour où Albert Einstein s’est échappé, déjà chez Métailié avait eu bonne presse et m’avait tenté (je ne l’ai pas encore lu).

Joseph Bialot est à l’instar de Bert Waldeck, le personnages principal de 186 marches vers les nuages, un rescapé des camps nazis. Difficile alors de ne pas voir dans ce texte une forte influence de son vécu, faisant de ce roman une fiction et un témoignage à la fois, certaines parties étant très vraisemblablement autobiographiques.
Ce récit prend alors une grande valeur, puisqu’il nous permet de ne pas oublier cette sombre période de l’histoire de l’humanité, en ces temps où les négationnistes de tout poil sévissent encore au grand jour.

« Comportement standard de tous les enrégimentés, de tous les Petit Poucet sans cailloux, isolés du reste des hommes, sans slogans, sans cris-rythmes, lorsque, sans préavis, les chefs qui ordonnaient, fussent-ils des tueurs, disparaissaient. L’univers devient si vaste que les guignols à l’abandon ne savent plus où se diriger. Dieu, les guides, les führers, les caudillos et autres tortionnaires n’ont pas été inventés pour les chiens. »

Si l’intrigue policière en elle-même demeure un peu limitée bien qu’intéressante – Bert part à la recherche d’un capitaine SS qui fut son ami d’enfance et croise en chemin quelques morts inexpliquées – l’intérêt du roman réside essentiellement dans le traitement de ces faits historiques et dans la qualité des descriptions.
Les deux personnages principaux, Bert et sa ville de Berlin, sont magnifiquement décrits et l’analogie évidente : ils ont tous deux été détruits par la folie de cette guerre et tentent de se reconstruire. Bien difficile pour Bert après tant de traumatismes, de trouver sa place dans les ruines de Berlin, où l’identité de chaque habitant est douteuse et la suspicion permanente.

« Chaque individu que vous croisez a un passé qui peut, parfois, souvent, le mener à la potence, l’identité de chaque Berlinois est douteuse. A qui parlez-vous quand vous demandez votre chemin à un passant ? A un gardien de camp ? Un tortionnaire de la Gestapo ? Un médecin fou ? Un savant dévoyé ? Un SS membre des Einzatsgruppen liquidateurs de juifs et de partisans dans les forêts de Pologne et d’Ukraine ? »

Au final, 186 marches vers les nuages est un beau roman noir sur la seconde guerre mondiale, à lire il est vrai plus pour sa valeur littéraire et son message que pour l’intrigue policière elle-même.



186 marches vers les nuages, Joseph Bialot, Métailié/Noir (2009), 171 pages.

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jeanjean 11/03/2009 16:45

...et en parlant de la 2ème Guerre mondiale, la suite de la Trilogie berlinoise de Philip Kerr va bientôt sortir...

Sinon, d'accord avec toi pour Bialot : un beau roman.

Hannibal 13/03/2009 11:39


Je ne connais cette fameuse Trilogie Berlinoise que de nom.

Encore un titre à ajouter à la - malheureusement bien trop longue - liste de ce que je souhaiterai lire un jour, d'autant que le sujet m'intéresse fortement.

Merci du conseil en tout cas.