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Hannibal le lecteur

Seul contre tous / Jeffrey Archer

26 Février 2009 , Rédigé par Hannibal Publié dans #Polar anglais

Seul contre tous, est le dernier roman de sir Jeffrey Archer, homme politique anglais reconverti dans le polar.


Résumé

Danny Cartwright invite Beth au restaurant pour lui demander sa main. La soirée promettait d’être belle. Seulement voilà, ils se trouvaient tous deux au mauvais endroit au mauvais moment et Danny est accusé du meurtre de son meilleur ami. Simple garagiste dans l’East End, qui pourrait croire à sa version des faits alors que les quatre témoins de l’accusation sont un brillant avocat, un acteur à succès, un aristocrate et un talentueux agent immobilier.
Danny va devoir se battre pour prouver que l’on n’est pas nécessairement condamné toute sa vie à rester prisonnier de sa naissance.


Mon avis

– J’ose espérer, l’interrompit le juge, que vous n’insinuez pas, maître Munro, que cela diminue l’importance des charges contre l’accusé ?
– Non, monsieur le juge. Mais j’ai découvert avec le temps qu’il y a peu de choses qui sont soit blanches soit noires. Je peux mieux le résumer, monsieur le juge, en disant que c’était un honneur d’avoir servi sir Nicholas Moncrieff et que ça a été un privilège de travailler avec M. Danny Cartwright. Tous deux sont des chênes, même s’ils ont été plantés dans des forêts différentes. Mais encore une fois, monsieur le juge, nous souffrons tous, bien que différemment, d’être prisonniers de notre naissance.


L’idée de départ – un homme accusé à tort du crime de son meilleur ami et peu aidé par son origine sociale – est fort simple. La suite est à l’avenant. Au moins, on ne pourra pas accuser Jeffrey Archer de perdre son lecteur dans une intrigue des plus complexes où trente-six histoires s’entrecroisent. Ici, une seule suffit.

Quand Danny monta à bord de l’Heathrow Express, il pensa à Beth. Il voulait désespérément la revoir.[…]
Si seulement il pouvait remonter le temps…
Si seulement ils étaient allés dans le West End la nuit suivante…
Si seulement ils n’étaient pas allés dans ce pub…
Si seulement ils étaient sortis par la porte d’entrée…
Si seulement…


Cependant l’auteur est parvenu, malgré cette sobriété scénaristique, à m’amener à suivre avec intérêt le difficile parcours de Danny.
Tout d’abord par de bonnes descriptions psychologiques des personnages, avec un beau travail sur la séparation ou encore le regret. Certains d’entre eux sont plutôt réussis (j’ai plusieurs fois souri à l’évocation des rôles de Lawrence Davenport, l’acteur à succès), bien que la caricature guette parfois.
Ensuite par la manière qu’à Jeffrey Archer de faire vivre avec passion les scènes de procès (qui occupent une bonne partie du roman), parfois si soporifiques dans certains polars. On le sent parfaitement à son aise dans cet exercice, sa grande connaissance des milieux judiciaires étant sûrement à chercher du côté de sa biographie – il a connu l’expérience des tribunaux, et pas forcément du bon côté de la barre.

Bien que la couverture nous annonce « Thriller » (raisons commerciales obligent), je n’ai pas frissonné du tout à la lecture de ce roman.
Si quelques twists sont excellents (il y en a un en particulier qui est vraiment énorme), les rebondissements se font trop souvent désirer pour apporter le suspense escompté (d’autant qu’ils sont parfois bien prévisibles).

Au final, malgré un rythme assez lent et un manque de réelles surprises, Seul contre tous demeure un assez bon polar, simple et efficace. Sans doute y a-t-il là matière à un bon film.

On regrettera aussi un titre français assez bateau, alors que j’ai trouvé le titre original – Prisoner of Birth – excellent et très à propos.

Je ne vous cache pas que certains lecteurs sont plus enthousiasmes que moi sur ce coup-là. Je vous conseille notamment la chronique de Claude Le Nocher, qui sur son blog Action-Suspense décerne un coup de cœur à Seul contre tous.



Seul contre tous (Prisoner of Birth, 2008), Jeffrey Archer, Editions First (2009). Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Marianne Thirioux (572 pages).

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track cell phone 12/01/2012 11:42

As-tu déjà lu les romans de Michel Folco ? Puisque tu as aimé le style de Jean Teulé, je te les recommande.

mArie 27/05/2011 16:29


J'aime immensément ce livre, je viens de le terminer et je suis sous le choc. J'ai détesté le récit du premier procès, trop long, trop lent, insupportable quand on a lu le récit de ce qu'il s'est
réellement passé... Et on se retrouve ainsi propulsé dans la peau du personnage et on souffre avec lui, on espère ,on patiente. Vers la fin du livre, tout s’accélère et on a là la récompense tant
attendue et l’apothéose ma fait rire et pleurer a la fois. Ce livre m'a réellement émue et touché.


Hannibal 01/06/2011 18:14



Content de voir que vous avez apprécié ce livre. Pour ma part je suis loin d'avoir adoré mais sans le trouver mauvais pour autant. Comme je le disais en fin de chronique, je pense qu'une
adaptation cinématographique pourrait donner quelque chose de pas mal.



nina 25/09/2010 14:08


Je n'aurais pas pris ce livre à la mediathèque,si j'avais lu vos commentaires avant.En plus,il est enorme,donc,poids lourd sur l'épaule.Je crois que je le ramenerai illico.


Hannibal 30/09/2010 15:17



A vous de voir...


Pour ménager votre dos, pensez à lire mes commentaires avant d'aller à la bibliothèque la prochaine fois !



Moïse Lechien 16/08/2010 18:51


A Hannibal le Lecteur. Etes-vous bien sûr que Picasso dessinait comme un enfant de deux ans ? Vous avez raison d'évoquer la question du prix littéraire curieusement décerné à Seul contre tous . Je
l'ai acheté dans une grande surface (sans l'avis éclairé d'un libraire, donc ) parce que la couverture annonçait "Prix polar international 2009." A qui se fier ?
Moïse Lechien


Hannibal 19/08/2010 11:57



A qui se fier, bonne question. Mais se méfier des prix en général. Les lauréats du prix Quai des orfèvres par exemple sont rarement de bons polars...


Pour Picasso, c'est une private joke. Guernica mis à part, je n'aime pas du tout, et avec un copain de lycée on aimait bien dire à une prof qui ne jurait que par lui qu'il ne savait pas dessiner
(c'était marrant). Ceci dit, en regardant certaines de ses oeuvres, on peut se poser des questions sur son succès. Voyez plutôt ces chefs d'oeuvre de dessin, ici ou là...


 



Moïse Lechien 02/08/2010 10:18


Seul contre tous , de Jeffrey Archer est au Comte de Monte-Cristo ce qu'un dessin d'enfant de deux ans est aux Ménines de Velasquez.


Hannibal 05/08/2010 22:15



Picasso, en dessinant comme un enfant de deux ans, s'est fait davantage connaître du grand public que Velasquez.


Blague à part, et pour revenir à nos moutons, je ne l'aurai pas formulé ainsi mais c'est vrai qu'on peut largement se passer de la lecture de Seul contre tous, qui figure d'ailleurs dans la
sélection du Prix du Livre de Poche pour ce mois d'août (et il a même gagné un prix, allez savoir comment !) !