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Hannibal le lecteur

L’empreinte du renard / Moussa Konaté

16 Août 2008 , Rédigé par Hannibal Publié dans #Polar africain

L’empreinte du renard est le troisième roman de la série mettant en scène le commissaire Habib (et son fidèle adjoint Sosso) créée par l’auteur malien Moussa Konaté.


Résumé

Au cœur du pays dogon, une série de morts bizarres alerte les autorités maliennes. L'affaire est délicate: les Dogons, très attachés à leurs traditions, vivent en marge de la société et sont redoutés pour la puissance de leur magie. Le vieux commissaire Habib, à la sagesse et au flair légendaires, est envoyé sur place. Mais le village entier se tait obstinément, et un étrange sorcier à tête de renard veille au respect absolu de l'omerta...


Mon avis

Je n’ai pas souvenir d’avoir lu un jour un « polar africain ». L’empreinte du renard fut donc le premier, et m’a laissé un sentiment mitigé.

J’ai beaucoup aimé l’aspect dépaysant et documentaire du livre.
Dans sa version poche, le livre est sous-titré : une enquête en pays Dogon. C’est en partie pour cette raison que je l’ai choisi d’ailleurs. L’éditeur ne ment pas, puisqu’il s’agit vraiment d’une enquête de police, se déroulant dans la brousse, loin de Bamako, la capitale, et en plein pays Dogon.
On découvre donc grâce à ce roman le peuple Dogon, encore fortement marqué par des traditions séculaires, et ce dans de nombreux domaines, y compris de la vie quotidienne. On se rend compte également un peu mieux de certaines réalités locales comme la difficulté des transports. L’aspect psychologique est assez présent et les relations entre les habitants, à base de secrets et de suspicions, sont plutôt bien rendues.

J’ai moins aimé les personnages et l’enquête policière.
Je n’ai pas accroché du tout aux personnages principaux que j’ai trouvé fades, quelconques, sans aucun charisme.
Les dialogues sont moyens et parfois lassants et répétitifs : on nous dit plusieurs fois (par l’intermédiaire de différents personnages) que les Dogons ne sont pas comme les autres Maliens et que le commissaire Habib ne pourra pas résoudre son enquête avec les manières habituelles. Une fois, oui, deux fois, passe encore, mais après c’est vraiment lourd.
L’enquête en elle-même est également très moyenne, avec peu de suspects, très peu de rebondissements, et absolument rien d’insoupçonnable. Ou bien c’est couru d’avance, ou bien c’est mal amené et ne m’a fait ni chaud ni froid.

Un cadre géographique dépaysant (les Dogons, le Mali), et un aspect documentaire bien traité par Moussa Konaté, sauve ce roman - médiocre par ailleurs - d'un naufrage total.

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Pierre 25/07/2009 12:52

Je n'ai pas ressenti de côté répétitif dans ce roman. Seule la fin m'a quelque peu dérouté : il faut avoir l'esprit ouvert pour accepter la décision du commissaire Habib. Très instructif pour ma part.

Hannibal 25/07/2009 14:19


Content que ce roman vous ai plu.
J'essaierai peut-être son dernier à l'occasion, La malédiction du lamantin, toujours avec le commissaire Habib.
Bravo pour votre blog que je ne connaissais pas mais que je suivrai désormais par fil RSS interposé.
Et merci pour votre lien vers Gangeous. J'avais oublié jusqu'à l'existence de ce très bon blog.


Gangoueus 10/11/2008 19:22

Je vous comprends. Je ne suis pas vraiment un lecteur de polar, ce qui explique que la dimension ethnographique m'a très largement satisfait. Et vous aurez remarqué que j'ai souligné le fait que l'intrigue n'était pas très complexe - ce qui est une indication pour les passionnés de polars -.
J'espère que vous ne m'en voudrez pour mon commentaire.

@ bientôt,

Hannibal 10/11/2008 21:14


Je ne vous en veux absolument pas pour votre commentaire, bien au contraire.
Je considère mon blog entre autres comme un lieu d'échanges, ce qui implique parfois des désaccords.
Encore heureux que tout le monde n'ait pas les mêmes goûts.
Tant qu'un avis est argumenté un mimimum et que les propos restent corrects, ça me va très bien.
Vous serez toujours le bienvenu par ici, vous n'avez pas à vous inquiéter


Gangoueus 07/11/2008 01:02

Votre critique est très sévère. Le regard sur les Dogons compense l'intrigue policière qui se dénoue très rapidemment une fois que Keita comprend les codes de Pigui. Je suis perplexe...

Hannibal 10/11/2008 00:41


Merci pour votre commentaire tout d'abord.

Vous n'êtes pas le premier à me dire ça.
J'essaie juste de donner mon humble avis, au risque parfois d'écrire de sévères critiques. Je conviens d'ailleurs que ce livre a eu une des plus mauvaises critiques de mon blog.

"Le regard sur les Dogons compense l'intrigue policière" dites-vous.
Pour moi un polar "ethnographique" (c'est généralement le nom qu'on leur donne), tout comme un polar historique d'ailleurs, se doit avant tout d'être un bon polar, avec une bonne intrigue, de bons
personnages, etc.
Evidement j'attends que les descriptions du lieu et/ou de la période soient de bonne facture car c'est généralement l'argument de vente mis en valeur par l'éditeur, et au prix que coutent les
livres je ne leur pardonne rien, mais l'intrigue doit être également de bon niveau ce qui ne m'a pas paru être le cas dans L'empreinte du renard.

Ce livre vous a apparemment plus (j'ai lu votre article) et j'en suis ravi, mais ce n'a malheureusement pas été mon cas. J'ai vu que nos goûts ne différaient pas sur tout, puisque j'ai comme vous
trouvé De Niro's Game excellent.

Je suis preneur de titres et/ou d'auteurs de polars africains si vous en avez-lu. Je n'ai pas l'impression d'en avoir croisé sur votre blog, mais je peux me tromper car je l'ai plus survolé que
rééllement lu.

Au plaisir de vous croiser sur la blogosphère


Hannibal le lecteur


Marc Legrand 30/09/2008 19:06

Décidément, moi qui croyait avoir des lectures originales... car j'ai lu ce roman aussi, il y a peu de temps, et j'en suis venu aux même conclusions : l'intrigue est ennuyeuse, les personnages translucides et le dénouement attendu. Au final, c'est un bon et beau documentaire, dépaysant, attrayant, même, mais un mauvais roman, hélas.

Hannibal 01/10/2008 17:37


Pour dire vrai, ça faisait un moment que je voulais lire un polar africain "pour voir". Je suis tombé sur L'empreinte du renard par hasard en bibliothèque. Cela a donc été
plutôt un choix par défaut qu'autre chose.
Soulagé de voir que je ne suis pas le seul à avoir trouvé ce roman plus que moyen.