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Hannibal le lecteur

Le temps de la sorcière / Arni Thorarinsson

13 Février 2008 , Rédigé par Hannibal Publié dans #Polar scandinave

Le temps de la sorcière est le premier roman de l'islandais Arni Thorarinsson, journaliste de profession.

Ce livre met en scène un journaliste - tiens donc ! - parachuté, punition suprême, dans le nord de l'île, où il doit couvrir des évènements insignifiants pour son journal basé à Reykjavik, la capitale. Mais assez vite, il va se rendre compte qu'il se passe aussi des choses pas claires en province.


tempsdelasorciere.jpgRésumé

La vie est difficile quand on est alcoolique “en pause” et journaliste exilé, pour mauvais esprit, dans le nord de l’Islande. Pourtant, il se passe des choses dans ce grand nulle part bouleversé par la mondialisation et l’arrivée des émigrés. Un petit chien disparaît, une vieille dame téléphone pour dire que la mort accidentelle de sa fille arrange bien les affaires de son gendre. Des adolescents se suicident. Un reportage sur la troupe de théâtre du lycée est publié, et le jeune et talentueux acteur qui tient avec tant de conviction le rôle principal disparaît…

Pour échapper aux chiens écrasés et aux radios-trottoirs, mais surtout pour contredire l’ambitieux rédacteur en chef qui le téléguide depuis la capitale, Einar enquête sur cette microsociété gangrénée par la corruption, la drogue et la “politique des cousins”. Il étudie le théâtre classique et découvre un présent inquiétant peuplé lui aussi, si on y regarde bien, de sorcières.


Mon avis

Après le succès de son compatriote Arnaldur Indridason, c'est au tour d'Arni Thorarinsson d'être traduit en France (toujours chez Métailié noir).

Evidemment, on ne peut s'empêcher de vouloir les comparer, et à juste titre d'ailleurs, car ils ont de nombreuses caractéristiques communes.

Ces deux auteurs écrivent des romans noirs nous montrant une Islande qui contraste sérieusement avec les clichés de cartes postales. Tous les deux privilégient les descriptions à l'action. Les personnages principaux sont très similaires, entre deux âges, célibataires mal dans leur peau, et doté d'un certain sens de l'humour.

La question qui vient alors à l'esprit est la suivante : qui est le meilleur ? Personnellement, je botte en touche. Le temps de la sorcière est très bien écrit, notamment au niveau des descriptions, avec des personnages - mêmes subalternes - bien trouvés, comme la vieille dame qui s'ennuie dans sa maison de retraite. Les touches d'humour sont distillées avec talent (ah, les scènes avec la perruche !). Certains reprochent à ce livre une certaine lenteur : je ne l'ai pas ressenti. Il y a certes de nombreuses descriptions de lieux, de personnages, ... mais elles sont réussies et sont utiles au récit. On trouve quand même des rebondissements assez nombreux, et la fin est très réussie.

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olivier 18/12/2009 13:42


L'un n'empêche pas l'autre d'autant plus qu'ils sont très différents. Mais qui tiendrait la comparaison avec l'auteur de "la femme en vert" ?
J'ai tellement aimé ce récit (plus que n'importe quel autre roman noir je crois) que j'espère avoir plein d'autres polars Islandais à lire pour les mois, les années à venir.
Et vous, croyez-vous à la naissance d'un genre à part entière (le roman noir social Islandais) ?
J'ai comme l'intuition qu'il y aurait dans ce petit pays d'autres polardeux qui mériteraient d'être traduits.
D'où la nécessité de ne pas se focaliser uniquement sur le maître. Hormis la tête de gondole, il devrait y avoir de la place pour tout le monde. Enfin j'espère...


Hannibal 31/12/2009 19:17


Mea culpa. Je me rends compte seulement ce soir que je n'avais pas répondu à ce commentaire.
J'espère bien, tout comme vous, que nous serons amenés à découvrir d'autres auteurs islandais aussi talentueux que les deux dont nous avons déjà parlé. Personnellement je n'en ai pas lu d'autres
pour l'heure mais je sais qu'il y en a déjà au moins deux autres a avoir été traduits en français.
Jón Hallur Stefánsson chez Gaïa (Brouillages est le titre du roman) et Ólafur Haukur Símonarson, dont le Cadavre dans la voiture rouge est sorti récemment en poche chez
Points.


olivier 15/12/2009 11:26


Ce roman met en paralèle le dénominateur commun à tous les grands criminels (la perversion narcissique) et la sorcellerie, cette croyance ancestrale selon laquelle tout individu qui le désire peut
être son propre dieu. Si ce second ingrédient n'est en réalité qu'une fausse piste, j'ai trouvé le rapprochement intéressant.
Et surtout d'une indéniable justesse, si l'on considère le caractère "diabolique" de ces personnalités foncièrement égoïstes.

Je ne serais pas étonné que ce Thorarinsson, de par sa clairvoyance, finisse par éclipser la comparaison pas forcément utile et nécessairement défavorable avec un certain Indridason.


Hannibal 17/12/2009 23:44


Merci pour cette analyse. Etant donné qu'il n'y a pas foule d'auteurs islandais de polars publiés en France la comparaison avec Indridason est presque incontournable. Ceci dit, même si je suis un
vrai fan d'Indridason, j'aime également beaucoup Thorarinsson et je lirai le prochain avec grand plaisir. L'un n'empêche pas l'autre !