Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Hannibal le lecteur

C comme Freeman Wills Crofts, Le tonneau

10 Février 2014 , Rédigé par Hannibal Publié dans #Polar irlandais

C comme Freeman Wills Crofts, Le tonneau

Initialement publié en 1920, mais seulement en 1996 en France, Le tonneau (The Cask) est le premier roman policier de l'Irlandais Freeman Wills Crofts.
Dans son essai Simple comme le crime, Raymond Chandler le qualifia de « meilleur premier roman policier jamais écrit ».


Résumé

1912, Londres, docks Sainte-Katherine.
Chargé de veiller au bon déroulement du déchargement d'une péniche en provenance de Rouen, le jeune Broughton assiste à de curieux faits. Tout commence par une chute de fûts. L'un des tonneaux endommagés, différent des autres, laisse derrière lui de la sciure, mais aussi des pièces d'or, alors qu'il est supposé contenir une sculpture. Fouillant plus avant le tonneau par sa brèche, Broughton croit sentir une main humaine. Statue ou cadavre ? Il faut en être sûr, aussi, ne pouvant se permettre d'ouvrir seul le tonneau, il s'en va en référer à son patron. Lorsqu'il revient accompagné de ce dernier, stupeur, le mystérieux tonneau a tout bonnement disparu !


Mon avis

On connaît tous Edgar Allan Poe ou Sir Arthur Conan Doyle. Mais qui connaît Freeman Wills Crofts ? Bien avant Agatha Christie, les Britanniques avaient déjà en la personne de l'Irlandais un grand talent dans ce genre so british qu'est le whodunit.
Singulière histoire aussi que celle de l'édition française de ce Tonneau. Référence incontournable pour de nombreux auteurs anglo-saxons, ce roman qui a marqué l'histoire du polar mondial a dû attendre l'initiative de Claude Chabrol pour être finalement publié chez Rivages en 1996 (ce que le cinéaste passionné de polars explique dans une intéressante préface).

En 1920, Freeman Wills Crofts signait donc cette intrigue machiavélique au possible. Le nombre de rebondissements est incalculable et à chaque fois qu'un nouvel indice est découvert, il vient tout remettre en cause. Quand on croit progresser, ce sont aussi les mobiles ou les alibis qui ne collent pas et viennent contredire les hypothèses les plus plausibles. Il faudra pas moins de trois enquêteurs (un policier anglais, son homologue français et un détective privé) et un grand nombre d'allers-retours de chaque côté de la Manche pour découvrir l'identité de l'assassin et fin mot de l'histoire. Au final tout se tient et paraît plutôt logique. Pour autant, la multitude d'astuces imaginées par l'auteur font qu'il est impossible pour le lecteur d'entrevoir seul la solution. C'est donc dans les toutes dernières pages qu'il découvrira les ultimes révélations, scié par l'ingéniosité redoutable de l'auteur.

Au sortir de la Première Guerre mondiale, alors qu'il était ingénieur pour la compagnie des chemins de fer irlandais, un homme tomba malade. C'est alité qu'il commença à écrire, pour tromper l'ennui, son premier roman que le grand Raymond Chandler alla jusqu'à qualifier de « meilleur premier roman policier jamais écrit ». Après ce coup de maître initial qui lança sa carrière d'auteur à succès sur de bons rails, Freeman Wills Crofts a publié de nombreuses nouvelles et une trentaine de romans policiers, mettant pour la plupart en scène l'inspecteur French. Une bonne part d'entre eux ont pour cadre des ports ou des gares. On ne se refait pas.


Le tonneau (The Cask, 1920), de Freeman Wills Crofts, Rivages/Mystère (1996), traduit de l'anglais par Dominique Mainard, 342 pages.
Lu en Rivages/Noir n°787 (2010), 501 pages, avec une préface de Claude Chabrol.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article